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Santé & Éducation·15 juil.

La France adopte la loi sur l'aide à mourir après des années de débat, devenant le sixième pays à légaliser l'euthanasie

L'Assemblée nationale a donné son approbation finale le 15 juillet avec 291 voix pour et 241 contre, après un combat législatif qui a connu trois rejets par le Sénat.

Le vote

Le 15 juillet 2026, l'Assemblée nationale a définitivement adopté le projet de loi créant un droit à l'aide à mourir, avec 291 voix pour, 241 contre et 29 abstentions. Ce vote était la quatrième et dernière lecture à l'Assemblée, après trois rejets par le Sénat. Aucun parti n'a imposé de discipline de vote, laissant chaque député décider selon sa conscience. La tribune publique était bondée, et la présidente de l'Assemblée, Yaël Braun-Pivet, était visiblement émue.

C'est un grand texte pour notre République, longtemps attendu par nos compatriotes.

— Yaël Braun-Pivet

Ce que permet la loi

La loi autorise les adultes atteints de maladies incurables mettant leur vie en danger à un stade avancé à demander un médicament létal sous stricte surveillance médicale. Cinq conditions cumulatives doivent être remplies : être majeur, de nationalité française ou résident stable, souffrir d'une affection grave et incurable avec un pronostic vital à court terme, ressentir des douleurs soit réfractaires aux traitements soit jugées insupportables par le patient, et être capable d'exprimer une volonté libre et éclairée. La souffrance psychologique seule n'est pas suffisante. Le patient doit s'administrer lui-même la substance, mais un médecin ou une infirmière peut l'assister si le patient est physiquement incapable.

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Une procédure strictement encadrée

La loi établit un processus en plusieurs étapes. Le patient doit faire la demande en personne à un médecin ; la téléconsultation est exclue. Le médecin vérifie les conditions, informe le patient sur les options de soins palliatifs et le droit de retirer sa demande à tout moment, puis le patient confirme la demande par écrit. Un collège de professionnels de santé examine le dossier, et le médecin doit rendre une décision sous 15 jours. Le patient choisit le lieu d'administration. Une loi distincte renforçant les soins palliatifs a été adoptée quelques semaines plus tôt, et les deux textes seront maintenant examinés par le Conseil constitutionnel, qui dispose d'un mois pour statuer. Si elle est approuvée, la loi devrait entrer en vigueur en 2027.

Parcours législatif du projet de loi sur l'aide à mourir
  1. 9 juin 2024Le processus législatif commence avant la dissolution de l'Assemblée nationale
  2. 2025-01Le processus reprend après un an et demi, avec plusieurs rejets du Sénat
  3. 15 juil. 2026L'Assemblée nationale adopte le projet de loi lors de son quatrième et dernier vote, 291 contre 241
  4. 2026-08Décision du Conseil constitutionnel attendue dans un mois
  5. 2027Loi devrait entrer en vigueur

Lignes de fracture politique

Le vote a traversé les lignes de parti traditionnelles. La France Insoumise (gauche) a voté massivement pour (61 pour, 2 contre, 3 abstentions), Sophia Chikirou étant parmi les deux opposants. Le Rassemblement National (extrême droite) s'est majoritairement opposé (106 contre, 12 pour), bien que le vice-président Sébastien Chenu ait voté pour, déclarant vouloir « établir le principe d'accès à cette liberté de mettre fin à ses jours dans la dignité ». Marine Le Pen a voté contre. L'Union des Droites pour la République (centre droit), fondée par Éric Ciotti, a été unanimement opposée. Le député Renaissance Michel Lauzzana, médecin, a qualifié cela de « aboutissement d'un long effort collectif ». La députée LR Émeline Rey-Rinchet, ostéopathe, a rejeté le projet de loi comme « trop permissif » et « trop prématuré ».

En tant que thérapeute, je considère la médecine comme un soin, non comme la mort.

— Émeline Rey-Rinchet

Écho international

Les médias étrangers ont décrit la réforme comme un profond changement social. La France devient le sixième pays à légaliser l'euthanasie, après les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg, l'Espagne et le Portugal. La Suisse autorise cette pratique depuis 1942, et une douzaine d'États américains permettent l'aide médicale à mourir. Le Temps a vu l'adoption comme « la preuve que la démocratie française peut encore fonctionner malgré la guerre culturelle », notant que la nature intime et émotionnelle du sujet a été respectée grâce au vote libre.

La liberté de vote est restée totale dans tous les groupes politiques. Chacun a pu voter selon sa conscience.

— Le Temps

La suite

Le projet de loi se dirige maintenant vers le Conseil constitutionnel pour un examen obligatoire. S'il est validé, il sera promulgué et entrera en vigueur en 2027. Le gouvernement a fait preuve de discrétion tout au long des dernières étapes, tandis que le président Emmanuel Macron, qui a fait de cette réforme une promesse phare de son second mandat, la considère comme un accomplissement patrimonial alors qu'il entre dans la dernière ligne droite de sa présidence.

Vote final à l'Assemblée nationale, 15 juillet 2026 · voix
Pour
291 voix
Contre
241 voix
Abstentions
29 voix
Paris
Yaël Braun-PivetMichel LauzzanaHélène LaporteÉmeline Rey-RinchetMarine Le PenSébastien ChenuSophia ChikirouEmmanuel MacronOlivier FalorniÉric Ciotti
Emmanuel MacronParisBarcelonaLuxembourgNetherlandsPortugalSébastien Lecornu

8 sources

  • Le texte sur le droit à l'aide à mourir est adopté en France mais son périple n'est pas fini
    Courrier international·16 juil.
  • " Je vois la médecine comme un soin, pas comme la mort " : les députés lot-et-garonnais majoritairement contre la loi créant un droit à l'aide active à mourir
    SudOuest.fr·16 juil.
  • Assisted dying: French MPs moved by approval of 'historic' bill while government exercises discretion
    Le Monde.fr·16 juil.
  • France adopts bill legalising assisted dying for adults
    France 24·16 juil.
  • Quel est le parcours des malades qui voudront bénéficier de l'aide à mourir ?
    20minutes·16 juil.
  • Loi sur la fin de vie : vu de l'étranger, "la preuve que la démocratie française peut encore fonctionner"
    LExpress.fr·16 juil.
  • Aide à mourir : décryptage de la nouvelle loi en 5 questions
    SudOuest.fr·16 juil.
  • Marine Le Pen, Sophia Chikirou, Gabriel Attal... Qu'ont voté les députés sur le texte créant un droit à l'aide à mourir?
    BFMTV·16 juil.

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