L'économie britannique se contracte de 0,1 % en avril sous l'effet du choc énergétique de la guerre en Iran
L'économie britannique s'est contractée de 0,1 % en avril après une expansion de 0,3 % en mars, alors que la hausse des prix de l'énergie due à la guerre en Iran et à la fermeture du détroit d'Ormuz a pesé sur les finances des ménages et la production de services.
Chiffres clés
L'économie britannique s'est contractée de 0,1 % en avril, selon des données publiées aujourd'hui par l'Office for National Statistics. Cette contraction fait suite à une expansion de 0,3 % en mars, que les économistes attribuent aux ménages et aux entreprises qui se sont précipités pour dépenser avant que la guerre en Iran ne perturbe les chaînes d'approvisionnement et les marchés de l'énergie. Sur les trois mois jusqu'à avril, le PIB a augmenté de 0,7 %, mais le variation mensuelle a souligné l'impact soudain de la guerre. Le secteur des services, qui représente environ les quatre cinquièmes de la production britannique, a été le principal frein, bien que la production de construction ait augmenté pour compenser partiellement le déclin.
- Le PIB augmente de 0,3 % alors que les consommateurs anticipent leurs dépenses dans un contexte d'inquiétudes liées à la guerre
- Le PIB se contracte de 0,1 % en raison du choc des prix de l'énergie dû à la guerre en Iran ; croissance sur trois mois de 0,7 %
Choc énergétique lié à la guerre
Ce ralentissement est directement lié à la guerre en Iran et à la fermeture du détroit d'Ormuz, un goulet d'étranglement énergétique crucial. La hausse des prix du pétrole et du gaz s'est répercutée sur les factures des ménages et les coûts des entreprises, comprimant le revenu disponible et freinant l'activité du secteur des services. The Guardian a noté que la forte croissance du premier trimestre devait largement s'inverser. The Telegraph a qualifié le chiffre d'avril de « brusque renversement » de la dynamique du mois précédent, le choc énergétique de la guerre frappant durement l'économie nationale.
Réponse politique
La chancelière de l'Échiquier, Rachel Reeves, a rejeté les suggestions selon lesquelles la politique intérieure serait en cause. Elle a soutenu que le Royaume-Uni était entré dans la crise avec des fondamentaux solides et a redirigé les critiques vers les instigateurs du conflit. Selon The Guardian, Reeves a critiqué le rôle de Donald Trump, qualifiant de « folie » d'avoir déclenché une guerre qui se répercute désormais sur les ménages britanniques. Ses commentaires reflètent un récit politique croissant selon lequel la Grande-Bretagne est victime d'erreurs géopolitiques, plutôt que l'auteur de ses propres difficultés économiques.
Risques à venir
Ces données renforcent la crainte que le Royaume-Uni ne puisse basculer dans une contraction au deuxième trimestre si les prix élevés de l'énergie persistent. Le gouvernement n'a pas encore annoncé de nouvelles mesures de soutien, malgré les appels des partis d'opposition et des groupes d'entreprises. Les chiffres de mai et juin seront examinés pour détecter les signes d'un ralentissement plus long, mais pour l'instant, la trajectoire est dictée par des événements échappant au contrôle de Westminster.


