
Un juge suppléant doit statuer sur le voyage de Begoña Gómez à l'OTAN après que Peinado soit parti en vacances sans décider
Un juge suppléant décidera si Begoña Gómez, épouse du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, peut se rendre au sommet de l'OTAN à Ankara et à la remise de diplôme de sa fille à Londres, après que le juge d'instruction soit parti en vacances sans se prononcer sur sa demande.
Contexte
Begoña Gómez, épouse du Premier ministre Pedro Sánchez, fait l'objet d'une enquête judiciaire pour trafic d'influence présumé, corruption commerciale, détournement de fonds publics et prévarication. L'affaire porte sur des contrats informatiques liés à une chaire universitaire qu'elle dirigeait à l'Université Complutense de Madrid. Le 20 juin 2026, le juge Juan Carlos Peinado du tribunal d'instruction n° 41 de Madrid a ordonné son renvoi en procès devant un jury populaire et a imposé des mesures conservatoires : confiscation de son passeport, interdiction de quitter l'Espagne sans autorisation et obligation de pointage quinzomadaire. Le juge a invoqué un risque de fuite. Gómez a remis son passeport le 24 juin.
La demande de voyage
Quelques jours après avoir remis le document, la défense de Gómez a demandé au tribunal l'autorisation de voyager à l'étranger entre le 7 et le 10 juillet. Elle prévoit d'accompagner Sánchez au 36e sommet de l'OTAN à Ankara, où elle a été officiellement invitée par Emine Erdoğan, épouse du président turc. Le voyage s'effectuerait à bord de l'avion officiel de la délégation espagnole. Après le sommet, elle se rendrait à Londres pour assister à la remise de diplôme de sa fille, et reviendrait à Madrid par un vol commercial le 10 juillet. Son avocat, Antonio Camacho, a fait valoir que les services de sécurité présidentielle l'accompagneraient tout au long du voyage, garantissant ainsi sa localisation, et que le passeport serait restitué au tribunal le premier jour ouvré suivant.
De toute façon, l'ensemble du voyage sera effectué avec l'équipe de sécurité qui accompagne le président du gouvernement lors de tous ses déplacements, ce qui garantit par lui-même la sécurité absolue de tous les mouvements de ma cliente.
Incertitude judiciaire
Le juge Peinado avait déjà programmé cette semaine comme congés et est parti sans avoir tranché la demande. L'affaire revient désormais à un tribunal suppléant, qui devrait rendre une décision le 6 juillet compte tenu de l'urgence. L'accusation populaire, menée par Hazte Oír, a exprimé son « opposition définitive et totale » à toute restitution temporaire du passeport, insistant sur le fait que le risque de fuite persiste. Le parquet de Madrid a déclaré ne pas s'opposer au voyage. Par ailleurs, la défense de Gómez a déposé un recours en appel auprès de la cour provinciale de Madrid pour demander l'annulation de l'ensemble des trois mesures conservatoires, qu'elle qualifie de « disproportionnées et attentatoires ».
- Le juge Peinado ordonne la confiscation du passeport, l'interdiction de voyage et les pointages quinzomadaires.
- Gómez remet son passeport au tribunal.
- Peinado en vacances ; le juge suppléant doit statuer sur la demande de voyage.
- Début du sommet de l'OTAN à Ankara ; date de départ prévue pour Gómez.
Réaction politique
Le chef du Parti populaire d'opposition, Alberto Núñez Feijóo, est intervenu le matin du 6 juillet. Il a refusé de dire si la confiscation du passeport était proportionnée, affirmant qu'il distingue la sphère politique de la sphère judiciaire. Il a cependant jugé inappropriée la présence potentielle de Gómez lors d'événements internationaux.
Ce qui me paraît absolument déplacé, c'est que l'épouse du Premier ministre, inculpée à plusieurs reprises, se pavane dans des forums internationaux.
Feijóo a ajouté que cette situation devait être évitée « à tout prix », suggérant que d'autres dirigeants feraient remarquer que l'épouse du Premier ministre espagnol est mise en examen pour de multiples infractions.


