
Le Venezuela confirme son retrait irréversible de la Cour pénale internationale, dénonçant un parti pris contre les pays du Sud
Le ministre des Affaires étrangères Félix Plasencia a annoncé vendredi la décision « irrévocable », accusant la cour de partialité géographique envers les pays du Sud. Ce retrait fait suite à des années d'examen par la CPI pour des présumés crimes contre l'humanité et intervient alors que Caracas renforce ses liens avec Washington.
Notification formelle à l'ONU
Le vendredi 24 juillet 2026, le ministre vénézuélien des Affaires étrangères Félix Plasencia a annoncé sur X que le gouvernement avait officiellement notifié aux Nations unies sa décision « ferme et irrévocable » de se retirer de la Cour pénale internationale. La notification a été envoyée au secrétaire général de l'ONU, António Guterres, sur instruction de la présidente par intérim Delcy Rodríguez. Cette mesure dénonce le Statut de Rome, le traité de 1998 qui a établi la cour, et marque l'aboutissement d'un processus entamé par un vote de l'Assemblée nationale en décembre 2025 pour annuler les engagements du Venezuela envers le statut.
Accusations de partialité géographique
Le gouvernement a justifié le retrait en accusant la CPI de partialité systématique envers les pays du Sud. Plasencia a déclaré que les actions de la cour reflètent une « partialité géographique démontrée » qui a concentré de manière disproportionnée ses travaux sur les pays africains et latino-américains.
Le Venezuela considère que les actions de la Cour reflètent une partialité géographique démontrée, qui a concentré de manière disproportionnée ses travaux sur les pays africains et latino-américains, au détriment des pays du Sud. Ce schéma révèle un système de justice internationale qui, loin d'être appliqué équitablement, a été instrumentalisé pour approfondir les inégalités entre les peuples et méconnaître leur droit à l'autodétermination et à la souveraineté.
Dans une déclaration séparée reprise par l'agence de presse italienne ANSA, le gouvernement a ajouté que la partialité n'était « pas une simple coïncidence procédurale » mais le reflet d'une institution servant des intérêts étrangers à la justice. Il a rejeté ce qu'il a appelé une « guerre juridique » qui perpétue la persécution du peuple vénézuélien et aggrave les inégalités mondiales. Le président de l'Assemblée nationale, Jorge Rodriguez, avait auparavant qualifié la CPI d'instrument de « l'impérialisme américain ».
Contexte de l'enquête de la CPI
La CPI a ouvert une enquête en 2021 sur d'éventuels crimes contre l'humanité commis lors de la répression des manifestations antigouvernementales au Venezuela en 2017. L'enquête a été une source persistante de friction dans les relations de Caracas avec la cour. En décembre 2025, l'Assemblée nationale a voté l'annulation des engagements du pays envers le Statut de Rome, posant les bases juridiques du retrait désormais exécuté par Delcy Rodríguez. Elle a assumé la présidence par intérim après que les États-Unis ont enlevé l'ancien président Nicolas Maduro lors d'une opération militaire en janvier 2026. Le rapprochement ultérieur avec Washington s'est déroulé sous la menace de nouvelles actions militaires américaines.
Alignement avec les États-Unis et menace de Rubio
L'annonce du retrait intervient à un moment d'alignement croissant entre le Venezuela et les États-Unis. Delcy Rodríguez a rapproché le gouvernement de Washington, alors même que les États-Unis sont l'un des critiques les plus virulents de la CPI. Une semaine avant la décision du Venezuela, le secrétaire d'État américain Marco Rubio a déclaré que les États-Unis mèneraient une campagne pour « désactiver systématiquement » la capacité de la cour à fonctionner.
La CPI mène une guerre contre notre pays, non pas avec des balles ou des missiles, mais avec des statuts, des pactes et la force du soi-disant droit international.
L'administration Trump avait déjà imposé des sanctions aux procureurs de la CPI impliqués dans des enquêtes sur les forces américaines et israéliennes. La déclaration de Rubio la semaine dernière indique une escalade supplémentaire de cette pression.
Quelle est la suite ?
Avec la notification formelle délivrée, le retrait du Venezuela de la CPI est désormais en cours. Le gouvernement a qualifié cette étape d'« irrévocable » et la présente comme faisant partie d'un rejet plus large de ce qu'il appelle l'instrumentalisation de la justice internationale. Cette décision devrait intensifier le débat sur la légitimité de la cour et son prétendu ciblage des pays du Sud, tout en alignant davantage le Venezuela sur la position américaine vis-à-vis de la CPI.
- Répression des manifestations antigouvernementales, plus tard objet de l'enquête de la CPI
- La CPI ouvre une enquête sur d'éventuels crimes contre l'humanité
- L'Assemblée nationale vote l'annulation des engagements envers le Statut de Rome
- Les États-Unis enlèvent Maduro ; Delcy Rodríguez devient présidente par intérim
- Rubio menace de « désactiver systématiquement » la CPI
- Le Venezuela notifie formellement l'ONU de son retrait de la CPI


