
Le Venezuela annonce à l'ONU son retrait de la CPI, accusant la cour de « parti pris géographique » contre l'Afrique et l'Amérique latine
Le ministre des Affaires étrangères Félix Plasencia a notifié vendredi à l'ONU une décision « irrévocable » de dénoncer le Statut de Rome, agissant sur ordre de la présidente par intérim Delcy Rodríguez, dont le gouvernement s'est rapproché de Washington après que les États-Unis ont capturé Nicolás Maduro en janvier.
L'annonce du retrait
Le gouvernement vénézuélien a officiellement notifié vendredi aux Nations unies sa décision « irrévocable » de dénoncer le Statut de Rome et d'entamer son retrait définitif de la Cour pénale internationale. Le ministre des Affaires étrangères Félix Plasencia a relayé la décision sur les réseaux sociaux, agissant sur instruction de la présidente par intérim Delcy Rodríguez. La notification a été adressée au secrétaire général de l'ONU, António Guterres.
Le Venezuela considère que les actions de la Cour reflètent un parti pris géographique avéré, qui a concentré son travail de manière disproportionnée sur les pays africains et latino-américains, au détriment du Sud global.
La voie vers le retrait
La CPI a ouvert une enquête en 2021 sur d'éventuels crimes contre l'humanité liés à la violente répression des manifestations antigouvernementales de 2017 sous l'ancien président Nicolás Maduro. Les relations se sont encore détériorées lorsque la cour a fermé son bureau à Caracas fin 2025 en raison du manque de coopération, et l'Assemblée nationale a voté en décembre 2025 l'annulation de ses engagements au titre du Statut de Rome.
- La CPI ouvre une enquête sur d'éventuels crimes contre l'humanité liés à la répression des manifestations de 2017.
- La CPI ferme son bureau de Caracas en raison du manque de coopération.
- L'Assemblée nationale vote l'annulation des obligations découlant du Statut de Rome.
- L'armée américaine capture l'ancien président Nicolás Maduro ; Delcy Rodríguez devient présidente par intérim.
- Le secrétaire d'État américain Marco Rubio annonce une campagne pour « désactiver systématiquement » la CPI.
- Le Venezuela notifie à l'ONU son retrait définitif et irrévocable de la CPI.
Le gouvernement vénézuélien a ajouté que ce schéma révèle un système de justice internationale « instrumentalisé pour approfondir les inégalités entre les peuples et mépriser leur droit à l'autodétermination et à la souveraineté ». Le président de l'Assemblée nationale, Jorge Rodríguez, avait auparavant qualifié la cour d'instrument de l'« impérialisme américain ».
Un nouveau gouvernement aligné sur les États-Unis
Delcy Rodríguez a pris ses fonctions après la capture de Maduro par les forces américaines le 3 janvier 2026, et son administration s'est rapprochée de Washington. Le retrait de la CPI a été annoncé une semaine après que le secrétaire d'État américain Marco Rubio a déclaré une campagne pour « désactiver systématiquement » la cour.
Elle mène une guerre contre notre pays, non pas avec des balles ou des missiles, mais avec des statuts, des traités et la force du droit dit international.
Les États-Unis ont sanctionné les procureurs de la CPI impliqués dans des enquêtes sur les forces américaines et israéliennes, et l'administration Trump a longtemps cherché à saper la cour.
La suite
La CPI n'a pas confirmé la réception de la communication officielle. Selon le Statut de Rome, un retrait prend effet un an après que l'ONU a reçu la notification, ce qui signifie que le Venezuela resterait soumis à la compétence de la cour jusqu'à la mi-2027. Cette décision ajoute une nouvelle couche aux frictions persistantes entre le Sud global et une institution que les critiques accusent de justice sélective.


