
La tour Eiffel ferme alors que le personnel fait grève après l'exclusion des employées lors d'une visite d'une délégation hindoue
La tour Eiffel est restée fermée lundi après que les employés ont débrayé pour protester contre les instructions données aux employées de s'écarter lors d'une visite privée d'une délégation hindoue samedi.
Grève et fermeture de la tour Eiffel
Le personnel de la tour Eiffel a débrayé lundi 7 septembre 2026, contraignant le monument à fermer ses portes aux visiteurs pour la journée. Alors que la signalisation publique à la base et sur le site officiel attribuait la perturbation à des raisons opérationnelles, les employés se sont réunis en assemblée générale le matin pour protester contre le traitement réservé aux employées lors d'une visite privée deux jours plus tôt. Des représentants syndicaux, dont des délégués de la CGT, ont rapporté que les employées avaient reçu pour instruction de quitter leur poste de travail ou de se retirer dans les locaux de service afin que leurs collègues masculins puissent prendre leur place. Diane Davoine, représentante syndicale, a expliqué comment le personnel a pris la décision d'arrêter le travail après des discussions internes.
Lors du passage de la délégation, les femmes ont été invitées à quitter leur poste de travail pour que les hommes puissent prendre leur place.
Délégation de BAPS le week-end
La controverse est née d'une visite privée samedi 5 septembre 2026, impliquant environ 100 membres de l'organisation religieuse hindoue Bochasanwasi Akshar Purushottam Swaminarayan Sanstha (BAPS). La visite concluait 13 jours de festivités culturelles dans la région parisienne, qui comprenaient un défilé de 14 chars dans les rues de la ville jusqu'au pied de la tour. Dimanche, l'organisation a inauguré un nouveau temple à Bussy-Saint-Georges, en Seine-et-Marne, qui constitue le plus grand temple hindou d'Europe continentale. Lors de la visite de samedi, les dirigeants de la délégation ont demandé que l'accès au troisième étage soit organisé exclusivement avec du personnel masculin, condition à laquelle la direction sur place a accepté de répondre.
- Une délégation BAPS de 100 personnes visite le troisième étage tandis que les employées sont invitées à s'écarter
- BAPS inaugure un temple hindou à Bussy-Saint-Georges après 13 jours de festivités
- Une grève du personnel ferme la tour Eiffel tandis que la SETE présente ses excuses et que les autorités parisiennes ouvrent une enquête
Excuses de l'exploitant et enquête municipale
La société d'exploitation, la Société d'Exploitation de la Tour Eiffel (SETE), a publié lundi un communiqué reconnaissant une erreur de gestion et présentant des excuses au personnel. La SETE a déclaré que les représentants de la délégation avaient demandé de limiter les interactions avec les femmes lors de la visite du guide spirituel, mais a admis que les gestionnaires auraient dû refuser la demande, car aucun prétexte protocolaire, culturel ou religieux ne justifie de s'écarter de l'égalité des genres. Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a soutenu la protestation des employés comme légitime et a annoncé que les autorités municipales ouvriraient une enquête formelle dès que possible.
Il n'est pas acceptable que de telles conditions soient tolérées. Ce ne sont ni mes valeurs ni celles que la tour Eiffel doit défendre, où chacun doit pouvoir se déplacer et agir librement, sans distinction entre les femmes et les hommes.
Réactions politiques
L'incident a suscité des réactions de plusieurs personnalités politiques françaises. Yaël Braun-Pivet, la présidente de l'Assemblée nationale, a insisté sur le fait que les institutions publiques du pays ne doivent pas compromettre leurs principes pour des invités extérieurs. Valérie Pécresse, la présidente du conseil régional d'Île-de-France, a déclaré que la visite avait été coordonnée avec l'agence de développement touristique Atout France et a affirmé avoir informé les représentants de BAPS que de telles demandes violent les lois républicaines françaises. L'ancien Premier ministre Michel Barnier a qualifié l'exclusion d'inacceptable, ajoutant que les agents publics ne doivent pas être cachés ou effacés.
Je refuse d'accepter que l'on dise aux femmes de s'écarter pour répondre aux exigences de visiteurs étrangers. Accueillir les autres ne signifie jamais renoncer à nos valeurs. En France, les femmes sont pleinement présentes dans la vie publique. Personne ne leur dit de devenir invisibles.


