
La cour d'appel de Paris doit statuer sur l'éligibilité de Marine Le Pen à l'élection présidentielle de 2027
La cour d'appel de Paris rendra son verdict mardi dans le procès des fonds européens qui pourrait exclure Marine Le Pen de la course présidentielle de 2027.
Les accusations
Marine Le Pen et dix autres figures du Rassemblement National (anciennement Front national) sont accusées d'avoir mis en place un système entre 2004 et 2016 pour rémunérer des assistants parlementaires financés par l'UE qui travaillaient en réalité pour le parti. Le procès en appel s'est tenu du 13 janvier au 11 février 2026 devant la première chambre de la cour d'appel de Paris, présidée par Michèle Agi. En première instance, le 31 mars 2025, Le Pen a été reconnue coupable de détournement de fonds publics et condamnée à quatre ans de prison (dont deux avec sursis), une amende de 100 000 €, et cinq ans d'inéligibilité avec exécution provisoire. Elle a fait appel immédiatement.
Les réquisitions du parquet
Le 3 février 2026, le parquet général a demandé à la cour de prononcer quatre ans de prison (dont un an ferme avec bracelet électronique, et trois avec sursis), une amende de 100 000 €, et à nouveau cinq ans d'inéligibilité, cette fois sans exécution provisoire. La défense a plaidé l'acquittement ou, à défaut, une peine avec sursis. Les spécialistes du droit cités par la presse française considèrent un acquittement comme très peu probable et s'attendent à ce que les juges suivent le parquet sur la culpabilité, même si la peine finale reste incertaine.
Ce que le verdict signifie pour 2027
Trois grands scénarios se dégagent. Un acquittement ou une période d'inéligibilité inférieure à deux ans permettrait à Le Pen de se présenter, car le délai d'inéligibilité a commencé le 31 mars 2025 et expirerait avant l'élection d'avril 2027. Une peine conforme aux réquisitions du parquet (cinq ans d'inéligibilité) bloquerait sa candidature à moins qu'elle ne fasse appel devant la Cour de cassation et n'obtienne une suspension de la peine, un processus dont le calendrier est imprévisible. Le Pen a également déclaré qu'elle ne se présenterait pas si elle devait porter un bracelet électronique pendant la campagne.
Si les réquisitions sont suivies, je serai empêchée de me présenter.
Le plan de réserve politique
Jordan Bardella, 30 ans, président du parti depuis 2022, est le remplacement évident si Le Pen est exclue. Plusieurs rapports notent que Bardella fait déjà campagne depuis des semaines et que l'appareil du parti se prépare à une transition. Le Pen, 57 ans, a été candidate du Rassemblement National à la présidentielle trois fois (2012, 2017, 2022) et mène actuellement tous les sondages pour les premier et deuxième tours de l'élection de 2027.
L'ambiance au tribunal
Le verdict sera lu à 13h30 le 7 juillet dans la salle historique de la première chambre, où Philippe Pétain a été jugé en 1945 et où Nicolas Sarkozy a comparu plus tôt cette année. Quelque 574 journalistes de 100 médias ont été accrédités. Le Pen a déclaré qu'elle n'a "pas peur" de la décision, mais les enjeux sont énormes : pour la première fois en près de trente ans, il pourrait n'y avoir aucun Le Pen sur la ligne de départ présidentielle.
- Condamnation en première instance : 4 ans de prison (2 avec sursis), 100 000 € d'amende, 5 ans d'inéligibilité avec exécution provisoire.
- Procès en appel tenu devant la cour d'appel de Paris.
- Le parquet requiert 4 ans de prison (1 an ferme avec bracelet électronique), 100 000 € d'amende, 5 ans d'inéligibilité sans exécution provisoire.
- Verdict d'appel attendu. La cour décidera de l'éligibilité de Le Pen pour l'élection présidentielle de 2027.
- Premier tour de l'élection présidentielle française (si Le Pen est éligible).
- Deuxième tour de l'élection présidentielle française (si Le Pen est éligible).


