
Le Sénat américain adopte un projet de loi de financement provisoire par 90 voix contre 6 pour éviter une fermeture, bloquant les priorités de Trump en matière de subventions et de frontières
Le Sénat américain a voté samedi par 90 voix contre 6 pour financer le gouvernement jusqu'au 11 décembre, bloquant plusieurs priorités de l'administration Trump et préparant une confrontation en décembre avec la Chambre au sujet des subventions fédérales.
Le Sénat adopte un projet de loi de financement provisoire par 90 voix contre 6
Le Sénat américain a voté samedi par 90 voix contre 6 en faveur d'un projet de loi de dépenses à court terme finançant les agences fédérales jusqu'au 11 décembre, évitant une fermeture du gouvernement avant la date limite de l'année fiscale du 30 septembre et les élections de mi‑mandat du 3 novembre. Un sénateur a voté présent. Les six opposants étaient Bill Cassidy (R‑Louisiane), Tim Kaine (D‑Virginie), Ed Markey (D‑Massachusetts), Rand Paul (R‑Kentucky), Bernie Sanders (I‑Vermont) et Elizabeth Warren (D‑Massachusetts). La Chambre contrôlée par les Républicains a adopté sa propre version le mois dernier, finançant le gouvernement jusqu'au 4 décembre, et les deux chambres doivent concilier leurs différences avant que le président Donald Trump ne puisse signer une mesure finale.
L'adoption, plus d'un mois avant la date limite du 30 septembre, marquait une rupture avec les votes de financement de dernière minute devenus la norme. La pression politique des élections de mi‑mandat et l'expérience de trois interruptions de financement au cours du cycle de l'année fiscale 2026 ont poussé les sénateurs à agir rapidement. La sénatrice Susan Collins (R‑Maine), présidente de la commission des crédits, a déclaré :
Après trois interruptions inutiles du financement au cours du cycle de l'année fiscale 2026, écarter la possibilité d'une autre fermeture préjudiciable devrait être une priorité pour chacun d'entre nous.
Le Sénat a travaillé toute la nuit, confirmant également Todd Blanche au poste de procureur général et tenant un vote de procédure infructueux sur un projet de loi d'identification des électeurs. La chambre a ajourné à 4 h 36 samedi pour une pause de cinq semaines en août.
- La Chambre adopte son propre projet de loi de financement provisoire (jusqu'au 4 décembre)
- Le Sénat adopte le projet de loi provisoire par 90-6, finançant le gouvernement jusqu'au 11 décembre
- Le Sénat ajourne à 4 h 36 pour une pause de cinq semaines en août
- Le financement fédéral actuel expire
- Élections de mi‑mandat de novembre
Dispositions et contrôles de la Maison‑Blanche
Le projet de loi maintient les niveaux de financement actuels avec plusieurs exceptions négociées. Il empêche l'administration Trump de transférer de l'argent d'autres programmes à la patrouille frontalière, une mesure sur laquelle les Démocrates ont insisté. Il rejette une demande de la Maison‑Blanche d'un milliard de dollars pour commencer les travaux sur une nouvelle classe de cuirassés, et inclut des fonds pour les programmes de logement et de nutrition tout en prolongeant l'autorisation expirante des programmes de soins de santé pour les anciens combattants. Le projet de loi contourne également les appels de Trump à des fonds d'urgence liés à la guerre en Iran.
Le projet de loi bloque temporairement le Bureau de la gestion et du budget dans la mise en œuvre d'une règle proposée en mai qui donnerait aux responsables politiques plus de contrôle sur les subventions fédérales discrétionnaires, exigeant qu'ils examinent les subventions avant leur attribution pour s'assurer qu'elles servent les priorités du président. Collins a déclaré que la règle a le "potentiel de politiser les subventions et de nuire aux petites communautés rurales, aux familles et à la recherche biomédicale."
- Oui
- 90 votes
- Non
- 6 votes
- Présent
- 1 votes
Retard de l'interdiction du chanvre et échec de l'identification des électeurs
À la demande du président Trump, le projet de loi retarde d'un mois une interdiction des produits de chanvre enivrants prévue pour novembre. La disposition, que le Congrès a approuvée et que Trump a promulguée l'année dernière, a brièvement menacé de faire dérailler l'ensemble du projet de loi et a suscité une révolte parmi les sénateurs républicains. Le Sénat a rejeté un amendement du sénateur Ted Budd (R‑Caroline du Nord) qui aurait supprimé le retard. Le retard profiterait au gendre de Susie Wiles, la chef de cabinet de Trump.
Le Sénat n'a pas non plus réussi à faire avancer un projet de loi d'identification des électeurs que Trump réclamait depuis des mois. Le sénateur Mike Lee (R‑Utah), l'un des plus fervents partisans, a concédé vendredi soir :
Nous ne sommes pas en mesure, pour l'instant, d'avoir les moyens de l'adopter.
Le chef de la majorité John Thune (R‑Dakota du Sud) soutenait depuis des mois que les voix n'étaient pas là, faisant allusion à la "mathématique" et à la "réalité" que le président, selon lui, ne comprenait pas.
Différences avec la Chambre et confrontation en décembre
Le projet de loi de la Chambre diffère de la version du Sénat, notamment sur la disposition relative aux subventions. Le projet de loi du Sénat inclut également un langage demandé par les Démocrates pour garantir que l'Immigration and Customs Enforcement et la patrouille frontalière ne reçoivent pas de nouveaux financements dans le cadre de ce dispositif, après les 70 milliards de dollars que les Républicains ont alloués à ces agences plus tôt cette année lors d'un vote de parti. Le représentant John Rutherford (R‑Floride) a qualifié la disposition de "possiblement rédhibitoire" et a déclaré qu'il n'était "pas fan" de la version du Sénat. Le représentant Jeff Van Drew (R‑New Jersey) a déclaré qu'il serait indécis si la direction républicaine forçait son vote.
Les législateurs des deux côtés s'attendent à une confrontation en décembre sur la question des subventions. Le sénateur John Kennedy (R‑Louisiane) a déclaré qu'il se "battrait comme un diable" en décembre pour que le Congrès n'entrave pas davantage la réforme des subventions. La sénatrice Patty Murray de Washington, principale démocrate à la commission des crédits du Sénat, a déclaré qu'elle "accueillerait favorablement le combat."


