L'Angleterre et le Pays de Galles commencent à libérer 700 détenus par anticipation pour désengorger les prisons
Environ 700 détenus ont quitté les prisons d'Angleterre et du Pays de Galles jeudi, dans le cadre d'un dispositif progressif visant à éviter la saturation des places disponibles avant Noël.
Déploiement du dispositif Earned Progression
Les prisons d'Angleterre et du Pays de Galles ont commencé jeudi matin à libérer environ 700 détenus dans le cadre d'un programme permanent de libération anticipée baptisé Earned Progression. La loi s'applique à environ 70 000 détenus et permet aux personnes éligibles de sortir après avoir purgé un tiers de leur peine à durée déterminée, au lieu des 40 % ou 50 % habituels. La première cohorte comprend des condamnés purgeant des peines allant jusqu'à 19 mois, l'éligibilité devant s'étendre à des peines plus longues lors des phases suivantes. Le gouvernement a prévu environ 4 500 libérations anticipées au total sur l'année à venir, un chiffre revu à la baisse depuis 6 000 après une intervention du Premier ministre Andy Burnham. Environ 18 000 détenus restent totalement exclus du dispositif, notamment ceux condamnés pour meurtre, homicide involontaire, viol, infractions sexuelles sur mineurs, grooming et accidents de la route ayant entraîné la mort.
- Première vague d'environ 700 détenus purgeant des peines allant jusqu'à 19 mois, libérés après avoir accompli un tiers de leur peine.
- Début de la deuxième vague de libérations, qui met à l'épreuve la capacité d'hébergement.
- L'éligibilité s'étend aux détenus purgeant des peines à durée déterminée allant jusqu'à trois ans et deux mois.
- Les détenus condamnés à des peines à durée déterminée supérieures à 12 ans deviennent éligibles après avoir purgé la moitié de leur peine.
Pression de la surpopulation et capacité du système
Le ministère de la Justice a mis en place ce dispositif pour éviter une rupture immédiate de la capacité d'accueil dans 120 établissements. Vendredi, les chiffres de la population carcérale faisaient état de 87 499 détenus pour une marge opérationnelle d'environ 1 500 places disponibles, soit un taux d'occupation de 98 %. Les établissements pour hommes adultes ne disposaient que de 1 134 places vacantes, la disponibilité la plus faible enregistrée cette année selon les responsables. Sans intervention structurelle, le système devait manquer de toutes ses cellules disponibles avant Noël. Cet afflux s'inscrit dans une tendance de trente ans, où les condamnations prononcées par les tribunaux ont dépassé les libérations, tandis que la construction de nouveaux établissements a pris du retard. Un mois ordinaire compte environ 4 500 sorties de détention, ce qui signifie que l'initiative représente une hausse de 8 % du volume annuel de libérations.
- 1er octobre 2026
- 700 détenus
- Fin 2026
- 2550 détenus
- Été 2027
- 4500 détenus
Inquiétudes sur les violences conjugales et colère des victimes
L'inclusion d'auteurs de violences conjugales dans le contingent libéré a suscité des objections directes de la part des victimes et des organisations de défense. Si les condamnations pour infractions sexuelles et homicide involontaire empêchent une libération anticipée, les auteurs de contrôle coercitif, de harcèlement et de violences conjugales restent éligibles. La commissaire aux violences conjugales, Dame Nicole Jacobs, a estimé que le gouvernement n'avait pas intégré d'évaluations des risques ni de consultations des victimes suffisantes dans le dispositif.
Partout dans le pays, les survivantes regarderont par-dessus leur épaule et vivront dans la peur, parce que le gouvernement et notre système de justice pénale ont échoué à les protéger.
Des victimes ont indiqué avoir reçu des notifications officielles de libérations imminentes, exprimant leurs craintes pour leur sécurité et l'efficacité des conditions de suivi. En réponse, le ministère de la Justice a maintenu que les détenus restent soumis à des zones de couvre-feu strictes et à un placement sous bracelet électronique élargi.
Pénurie de probation et déficit de logements
Les agents de probation et les associations de justice ont averti que les mécanismes de suivi en milieu ouvert manquent d'infrastructures pour absorber ce volume de libérations en toute sécurité. Napo, le syndicat représentant le personnel de probation, a indiqué que les hébergements d'urgence de plusieurs villes sont déjà saturés, ce qui laisse craindre que des anciens détenus soient libérés directement à la rue. Une deuxième vague de libérations prévue le 13 octobre devrait aggraver le déficit de logements. L'inspecteur indépendant Martin Jones a exprimé des réserves sur la préparation du système, tandis que des constats récents montraient que près de la moitié des bracelets électroniques n'avaient pas été posés dans les délais. Ben Cockburn, président national de Napo, a critiqué les hypothèses opérationnelles de l'administration pénitentiaire.
Nous manquons massivement de personnel, les charges de travail sont insoutenables et dangereusement élevées, et le contrôle électronique ne fonctionne pas.
Le gouvernement a indiqué que le service de probation avait recruté 1 300 agents supplémentaires et mis en place des outils d'intelligence artificielle, aux côtés d'un financement de soutien d'un milliard de livres, pour accompagner le suivi.

