
Mohammed VI rejette la pression espagnole et affirme que le modèle de coopération migratoire de Ceuta a atteint ses limites
Dans ses premières déclarations publiques sur l'Espagne depuis la crise de Ceuta, Mohammed VI a déclaré devant le Parlement à Rabat que le partenariat ne peut être soumis à des menaces ni à un chantage, et que le Maroc présentera une nouvelle vision stratégique à ses partenaires de l'UE.
Le discours du roi
Mohammed VI s'est adressé vendredi aux deux chambres du Parlement à l'ouverture de la nouvelle législature, qui fait suite aux élections du 23 septembre. Il s'agissait de son premier commentaire public sur l'Espagne depuis la crise de Ceuta, bien qu'il n'ait pas nommé la ville, selon Europa Press et El Confidencial. Il a qualifié le partenariat de choix souverain et a déclaré qu'il ne peut être conditionné par des pressions extérieures, tout en critiquant les déclarations « irresponsables » de certains milieux politiques et médiatiques et leur « instrumentalisation » de la situation. El Mundo a rapporté qu'il apparaissait physiquement affaibli, marchant avec une canne et s'exprimant d'une voix faible.
Nous affirmons que le partenariat est un choix souverain et un engagement volontaire, qui ne peut être soumis à aucune pression ni menace, ni à aucun chantage.
Le roi a également reconnu des « avancées importantes » dans la coopération bilatérale, notamment dans la lutte contre l'immigration irrégulière. Il a averti de « défis importants » liés à des dispositions légales obsolètes et à des décisions de justice qu'il a jugées éloignées de la réalité. Selon les propos cités, celles-ci compliquent le rapatriement des mineurs et des personnes revendiquant à tort le statut de réfugié, et alimentent l'appétit des réseaux criminels.
Ceuta et le modèle migratoire
Entre le 30 et le 31 juillet, des migrants sont entrés à Ceuta depuis le Maroc à la nage ou à pied. Les chiffres varient selon les sources : la RTBF a avancé un nombre supérieur à 70 000, tandis qu'ABC et Europa Press ont cité plus de 80 000. La RTBF rapporte que plus d'une centaine d'entre eux sont morts, principalement en mer, selon les autorités de Madrid et de Rabat. La plupart sont depuis retournés au Maroc, mais plusieurs milliers restent à Ceuta, où la RTBF décrit des violences et des manifestations quasi quotidiennes d'habitants.
- Entrée massive de migrants à Ceuta depuis le Maroc
- Élections législatives au Maroc
- Discours du roi Mohammed VI devant le Parlement à l'ouverture de la nouvelle session
- Visite prévue des souverains espagnols à Ceuta et Melilla
Sur la migration, le roi a déclaré que le modèle de coopération actuel a atteint ses limites. El Confidencial l'a cité directement.
Le modèle de coopération actuel en la matière a atteint ses limites, comme le démontrent clairement les crises récurrentes.
Il a annoncé que le Maroc présenterait à ses partenaires de l'Union européenne un document exposant une vision stratégique claire et pratique, avec une nouvelle orientation sur la migration et le co-développement. La RTBF rapporte qu'il n'a pas donné plus de détails sur le contenu du document.
La réponse de l'Espagne et la visite royale
Le ministère marocain des Affaires étrangères a publié un communiqué officiel, et son chef, Naser Burita, avait mis en cause le PP sur sa position concernant la crise de Ceuta et le rôle du Maroc, selon ABC et Europa Press. Le roi n'a pas nommé le parti dans son discours, qu'El Confidencial a décrit comme une attaque contre le PP sans le nommer. Le roi d'Espagne Felipe VI doit se rendre à Ceuta et Melilla les 13 et 14 octobre, un déplacement que le roi du Maroc n'a pas mentionné, selon El Confidencial et El País. El Confidencial y voit le signe que le mécontentement marocain pourrait être plus modéré qu'en novembre 2007, lorsque Mohammed VI avait rappelé son ambassadeur en Espagne, Omar Azziman, pour consultations après la première visite du roi Juan Carlos et de la reine Sofía dans les deux villes.
Politique intérieure
Fátima Ezzahra Mansouri, la Première ministre désignée par le roi, semble s'orienter vers un gouvernement de coalition de centre gauche, selon des analystes de la presse marocaine cités par El País. Son Parti authenticité et modernité (PAM), une force centriste et libérale, a remporté le plus grand nombre de sièges aux élections avec 97 sur 395. Mercredi soir, elle a rencontré le secrétaire général de l'Istiqlal, Nizar Baraka, dont le parti contrôle un groupe de 65 députés, pour clore un second cycle de discussions avec les partis parlementaires.
- PAM (sièges remportés sur 395)
- 97 sièges
- Istiqlal (députés du groupe)
- 65 sièges


