Le Parti socialiste belge renforce les règles éthiques et impose la parité hommes-femmes dans une refonte complète de ses statuts
Lors d'un congrès à Namur, le Parti socialiste a adopté de nouveaux statuts qui imposent un contrôle éthique renforcé, la parité obligatoire dans tous les organes du parti et un panel citoyen pour orienter les politiques.
Refonte éthique
Les nouveaux statuts introduisent un cadastre renforcé des mandats et des revenus, avec des sanctions automatiques en cas de non-respect. Chaque nouveau titulaire de mandat doit suivre une formation obligatoire sur l'éthique et la gouvernance, encadré par un mentor expérimenté. Le parti plafonne également les mandats publics rémunérés à trois et, dans les communes de plus de 50 000 habitants, confirme une interdiction stricte de cumuler un siège parlementaire avec un poste de bourgmestre ou d'échevin.
Si vous êtes socialiste, vous avez le devoir d'être absolument exemplaire.
Magnette a souligné que les scandales à droite choquent à peine le public, mais quand ils touchent la gauche, « ça fait mal comme l'enfer ». Les statuts précisent que quiconque accepte un mandat politique pour le PS doit adhérer à des normes éthiques plus strictes que le droit commun pour protéger la réputation et la crédibilité du parti.
Parité à tous les niveaux
La parité est désormais inscrite dans toutes les strates du parti. Les chefs de liste doivent alterner les genres : si une province présente une femme comme tête de liste, le premier suppléant doit être un homme, et vice versa. Lorsque plusieurs élections ont lieu le même jour, une province ne peut pas avoir deux têtes de liste du même sexe. La règle s'étend aux chefs de cabinet, aux responsables régionaux et aux sélections ministérielles.
Est-ce excessif d'écrire cela dans les statuts ? Je ne pense pas. Si c'est écrit dans la constitution de notre parti, personne ne pourra utiliser d'excuses pour nommer à nouveau un homme.
Morreale, ancienne ministre et cheffe de groupe au Parlement wallon, a fait valoir que l'inscription de cette règle empêche tout retour en arrière.
Tolérance zéro face aux violences sexuelles
Le parti crée une cellule d'écoute dédiée, un référent national et des sanctions spécifiques pour les violences sexistes et sexuelles. Jusqu'à présent, seul un comité de vigilance existait. La réforme vise à garantir que les victimes au sein du PS disposent d'une voie de signalement claire et que l'impunité ne soit pas tolérée.
Ouverture aux citoyens
Pour combler le fossé avec la société civile, le PS organisera un panel citoyen national annuel, dont la moitié des membres seront non affiliés. L'objectif est d'impliquer en continu les citoyens et les associations dans l'élaboration des priorités politiques. Un nouveau quatrième département, l'École du militantisme et de l'engagement (EMILE), proposera des formations et des cours aux membres du parti comme au public.
Un travail en cours
Le congrès a adopté tous les statuts à l'exception des deux premiers, qui définissent le nom du parti et sa référence à la lutte des classes. Ceux-ci seront réécrits d'ici début 2027. Certains initiés ont qualifié l'exercice de cosmétique. « Le congrès de dimanche, il faut l'avouer, est un peu cosmétique », a confié un cadre au Soir. Un bourgmestre-adjoint a ajouté qu'il aurait été plus cohérent de tout faire en une fois. Le processus de refondation, lancé il y a un an après la défaite électorale de juin 2024, se poursuit avec l'élaboration d'un projet politique et d'une « reconquête des citoyens ».
- Processus de refondation lancé sur une « page blanche » après la défaite électorale de juin 2024
- Congrès à Namur adopte les nouveaux statuts, à l'exception des articles 1 et 2
- Achèvement prévu des articles 1 et 2 définissant le nom du parti et la référence à la lutte des classes


