
La France présentera le projet de loi sur la transparence des salaires de l'UE au Conseil des ministres le 9 septembre
Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a annoncé que la France présentera son projet de loi sur la transparence des salaires au Conseil des ministres le 9 septembre, après des retards au-delà de l'échéance de l'Union européenne.
Calendrier du Conseil des ministres et retards de transposition
La France présentera son projet de loi transposant la directive européenne sur la transparence des salaires au Conseil des ministres le 9 septembre. Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a annoncé le calendrier le 25 août lors de la rentrée de la Confédération française démocratique du travail (CFDT) à Paris. Les États membres ont approuvé la directive européenne sous-jacente en 2023, fixant une date limite de transposition initiale au 7 juin. La France, comme plusieurs autres pays européens, n'a pas respecté cette date butoir après avoir rencontré des désaccords marqués entre syndicats et organisations patronales, aggravés par un agenda parlementaire chargé.
- Les États membres de l'Union européenne approuvent la directive sur la transparence des salaires.
- La date limite initiale de transposition de l'Union européenne expire sans adoption par la France.
- Le gouvernement français annonce son objectif d'adopter la législation avant l'élection présidentielle.
- Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, annonce la date de présentation au Conseil des ministres lors d'un événement de la CFDT.
- Le projet de loi sur la transparence des salaires est prévu pour présentation au Conseil des ministres.
Obligations de transparence pour les employeurs
Le projet de loi introduit des obligations d'information spécifiques pour les employeurs, tant dans le secteur privé que dans la fonction publique. Selon les règles prévues, les entreprises doivent indiquer une fourchette de salaire explicite dans toutes les offres d'emploi publiées. Les salariés actuels auront le droit légal de demander des informations sur les niveaux de rémunération moyens des collègues effectuant le même travail ou un travail de valeur égale, avec des données ventilées par sexe. Toute différence de rémunération identifiée doit être justifiée par des facteurs objectifs et neutres du point de vue du genre, notamment l'expérience professionnelle, les compétences individuelles, les conditions de travail spécifiques, les responsabilités attribuées ou les indicateurs de performance. En outre, le paquet législatif prévoit des sanctions financières contre les organisations qui maintiennent des écarts de rémunération entre les sexes importants et injustifiés.
Préoccupations du secteur public et réaction syndicale
Des responsables et membres de la CFDT ont applaudi l'annonce ministérielle tout en soulignant la nécessité d'une mise en œuvre rigoureuse. Les dirigeants syndicaux ont maintenu que les écarts de rémunération restent répandus dans l'économie française, y compris au sein de l'administration publique. Catherine Nave-Bekhti, secrétaire nationale de la CFDT, a exposé la position législative du syndicat lors de la réunion.
Nous sommes prêts à discuter avec les parlementaires et à poursuivre le travail de persuasion afin d'obtenir une transposition de haut niveau de cette directive, car notre pays est encore très loin du compte en matière d'égalité salariale entre les femmes et les hommes.
Les agents du secteur public présents à l'événement syndical ont partagé des observations pratiques sur les dynamiques salariales actuelles. Eve, représentant la branche hospitalière de la CFDT, a noté que l'administration publique n'est pas exempte d'inégalités salariales et que les hypothèses dominantes d'égalité automatique doivent être traitées. Laetitia, professeure de lettres modernes, a expliqué que les tâches supplémentaires, les heures d'enseignement supplémentaires et les missions spécifiques profitent de manière disproportionnée aux collègues masculins, tandis que les femmes continuent d'assumer davantage de tâches domestiques en dehors du lieu de travail. Hubert, un autre agent public, a exprimé la crainte que l'inertie administrative ne ralentisse la mise en œuvre dans le secteur public par rapport au marché privé.
Calendrier législatif avant les élections
Après la présentation au Conseil des ministres le 9 septembre, le projet de loi doit passer par le processus parlementaire. Le gouvernement a indiqué fin juin qu'il vise à obtenir un vote final sur le texte avant la prochaine élection présidentielle. La dirigeante de la CFDT, Marylise Léon, s'est engagée à ce que l'organisation syndicale veille activement à ce que la mesure soit formellement promulguée malgré le calendrier législatif chargé. Les responsables syndicaux ont décrit la prochaine soumission au Conseil des ministres comme une étape rassurante qui réduit le risque que la réforme ne s'enlise avant la fin du cycle électoral.


