
Le Premier ministre moldave Alexandru Munteanu démissionne brusquement, provoquant l'effondrement du gouvernement
Alexandru Munteanu a annoncé sa démission vendredi, déclarant ne plus pouvoir gouverner conformément à ses principes. Cette décision entraîne la chute de l'ensemble du gouvernement et pose un défi à l'administration pro-européenne de la présidente Maia Sandu.
Annonce de la démission
Alexandru Munteanu, Premier ministre de Moldavie depuis novembre 2025, a annoncé sa démission vendredi matin dans un geste surprise qui entraîne également la chute de son cabinet. L'indépendant de 62 ans a publié la déclaration sur les réseaux sociaux, sans donner de raison précise pour sa décision.
Aujourd'hui, mon mandat de Premier ministre prend fin. Au moment où j'ai réalisé que je ne pouvais plus exercer mon mandat conformément à mes principes et convictions, j'ai choisi de démissionner.
Munteanu, ancien banquier d'investissement ayant travaillé à la Banque mondiale et au Crédit Lyonnais, avait été nommé par la présidente Maia Sandu après que son Parti d'action et de solidarité (PAS) pro-européen a remporté une majorité absolue aux élections législatives de septembre 2025.
Réponse de la présidente Sandu
La présidente Sandu a accepté la démission et a déclaré que Munteanu resterait en fonction par intérim jusqu'à la nomination d'un successeur. Elle a démenti les spéculations selon lesquelles le Premier ministre aurait été empêché de lutter contre les abus.
Les spéculations selon lesquelles il voulait lutter contre les abus mais n'y était pas autorisé sont fausses. Le Premier ministre avait les coudées franches pour diriger le gouvernement comme il l'entendait.
Sandu a ajouté qu'elle attendait de Munteanu une plus grande implication sur des décisions complexes, notamment la communication autour d'une récente réforme fiscale et l'adoption d'une loi sur les salaires. Elle a également noté que sa seule objection concernait la personne du ministre de l'Éducation Dan Perciun.
Contexte politique et spéculations
Cette démission intervient à un moment délicat pour la Moldavie, pays candidat à l'UE enclavé entre l'Ukraine et la Roumanie. Le gouvernement PAS détient une majorité parlementaire et poursuit une ligne pro-européenne, mais le pays reste politiquement divisé entre les forces pro-occidentales et pro-russes.
Les médias locaux spéculent sur un lien avec des scandales récents, notamment de faux diplômes détenus par le chef de l'autorité de sécurité aérienne Moldatsa, des pots-de-vin parmi les fonctionnaires et des postes hautement rémunérés attribués à un cousin de la présidente Sandu. Sandu a rejeté toute suggestion d'influence, insistant sur le fait que Munteanu avait une liberté totale pour diriger.
- Le parti pro-européen PAS remporte les élections législatives avec une majorité absolue
- Alexandru Munteanu nommé Premier ministre par la présidente Maia Sandu
- Munteanu annonce sa démission, provoquant l'effondrement du gouvernement
- La présidente Sandu entame des consultations avec les factions parlementaires pour un nouveau Premier ministre
Quelle est la suite
Sandu prévoit d'entamer des consultations avec les factions parlementaires la semaine prochaine et espère nommer rapidement un nouveau Premier ministre. Cette nomination rapide a pour but de maintenir le processus d'adhésion de la Moldavie à l'UE sur les rails. Le départ de Munteanu, après seulement huit mois de mandat, met à l'épreuve la stabilité de la coalition pro-européenne à un moment où le gouvernement fait face à des difficultés économiques et à des pressions sécuritaires régionales.


