
Le gouvernement portugais approuve la « Prestation sociale unique », fusionnant 13 aides sociales et les liant à un travail d'intérêt général obligatoire
Le gouvernement portugais a approuvé une réforme majeure qui consolide 13 prestations sociales non contributives en un versement unique, en introduisant une « activité de solidarité sociale » obligatoire pouvant aller jusqu'à 15 heures par semaine pour les bénéficiaires en âge de travailler.
Le gouvernement portugais, dirigé par le Premier ministre Luís Montenegro, a approuvé une réforme radicale du système de prestations sociales non contributives lors d'une réunion du Conseil des ministres vendredi. La pièce maîtresse est la création de la Prestação Social Única (PSU), ou Prestation sociale unique, qui fusionne 13 aides sociales distinctes en un mécanisme unique simplifié. Le gouvernement justifie cette réforme par la nécessité de simplifier un système fragmenté et obsolète, de lutter contre la fraude et les abus, et d'inciter au retour à l'emploi.
Les 13 prestations fusionnées
La PSU regroupe un large éventail d'aides existantes, notamment la pension sociale de vieillesse, la pension sociale spéciale d'invalidité, la pension de veuvage, la pension d'orphelin, le supplément extraordinaire de solidarité, l'allocation sociale de chômage, le Rendimento Social de Inserção (RSI), ainsi que plusieurs subsides sociaux liés au risque clinique durant la grossesse, à l'interruption de grossesse, à l'adoption, au congé parental initial et aux risques spécifiques. La réforme a été accélérée en partie pour ne pas perdre 500 millions d'euros du Plan de relance et de résilience (PRR).
Le Gouvernement a décidé aujourd'hui d'agréger 13 prestations de solidarité sociale en une Prestation sociale unique, simplifiant la relation des citoyens avec l'État, moralisant l'attribution des soutiens solidaires à ceux qui en ont effectivement besoin.
L'obligation de travail d'intérêt général
Une innovation clé et controversée est l'introduction d'une « activité de solidarité sociale » obligatoire pour les bénéficiaires en âge de travailler qui ne sont pas employés. Les allocataires peuvent être tenus d'effectuer jusqu'à 15 heures de travail d'intérêt général par semaine pour des entités publiques, des organisations de l'économie sociale ou des structures de protection civile. Le non-respect de cette obligation entraînera la perte de la prestation. La ministre du Travail, de la Solidarité et de la Sécurité sociale, Maria do Rosário Palma Ramalho, a suggéré que les tâches pourraient aller de l'aide à un événement ou une fête organisé par une mairie à la participation à des actions de nettoyage ou à d'autres initiatives d'intérêt communautaire. Cette obligation ne s'applique pas aux retraités, aux personnes handicapées qui ne peuvent pas travailler, aux étudiants ou aux aidants informels.
Cela pourrait être un soutien lors d'une activité d'une mairie, à une fête, dans une action de nettoyage ou dans d'autres initiatives d'intérêt communautaire.
Réactions politiques et lutte contre la fraude
Le Premier ministre Montenegro, s'exprimant lors du 850e anniversaire du mutualisme à Vila Nova de Gaia, a présenté la réforme comme une moralisation du système, ciblant explicitement la fraude et les abus pour garantir que les ressources parviennent aux personnes vraiment nécessiteuses. Il a été accueilli par une trentaine de manifestants contestant le programme social plus large du gouvernement. Le parti d'opposition Chega, par la voix de son leader André Ventura, a salué l'obligation de travail, y voyant une proposition de longue date de Chega, mais a exhorté le gouvernement à aller plus loin en mettant en place un « contrat-programme » formel similaire aux modèles suédois et allemand, où les bénéficiaires reversent une partie de l'aide à l'État.
Je les salue d'avoir repris une initiative qui est celle de Chega, une proposition qui est celle de Chega et que nous avons toujours assumée, depuis la fondation du parti, comme nôtre : que ceux qui reçoivent des subsides minimums doivent travailler.
Inquiétudes d'experts sur le niveau de la prestation
Malgré les assurances du gouvernement qu'aucun bénéficiaire actuel ne sera perdant, des experts ont exprimé des inquiétudes quant au niveau de la nouvelle prestation. Carlos Farinha Rodrigues, professeur à l'ISEG, a noté que le RSI – qui sert de valeur de référence pour la nouvelle PSU – a systématiquement perdu de sa valeur par rapport au seuil de pauvreté ces dernières années. Il a averti que les familles les plus défavorisées pourraient finir par recevoir moins dans le cadre du système consolidé si la nouvelle prestation ne corrige pas cette érosion. La pension sociale de vieillesse actuelle, par exemple, se situe entre 285 et 308 euros par mois.
Si l'on considère la relation entre la valeur du RSI et la valeur du seuil de pauvreté, il est clair que cette valeur a diminué ces dernières années et on s'attendrait à ce qu'une Prestation sociale unique soit d'une générosité accrue.
Prochaines étapes
La proposition d'autorisation législative a été approuvée et sera désormais envoyée au Parlement, le gouvernement visant un débat lors de la session législative en cours. La mesure cible les personnes âgées de 18 ans ou plus en situation de grave nécessité économique résidant au Portugal, avec une condition de résidence minimale d'un an pour les citoyens non-UE. Le gouvernement insiste sur le fait que la réforme garantit que personne reprenant un travail ne gagnera moins que ce qu'il percevait uniquement des aides de l'État, visant ainsi à démanteler le « piège de la pauvreté ».

