
Le PKK évacue quatre camps du nord de l'Irak, le processus de paix turc progresse
Selon des sources de sécurité turques citées par Anadolu, le PKK a évacué quatre camps du nord de l'Irak le 8 octobre. Ce retrait fait suite à l'adoption par le Parlement turc, en août, d'une loi de grâce conditionnelle qui n'entrera en vigueur qu'une fois le désarmement confirmé.
Les camps et le retrait rapporté
Des sources de sécurité turques, citées par l'agence publique Anadolu, ont indiqué que le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) avait évacué quatre camps dans la zone de Baze, dans la région de Metina, au nord de l'Irak, près de la frontière turque, le 8 octobre. Les camps ont été identifiés comme Hebat, Yajk, Sabri et Sason. Les médias turcs ont rapporté l'information lundi 12 octobre, citant des sources de sécurité, terme qui désigne généralement l'Organisation nationale du renseignement turc (MIT). La direction du PKK est basée dans le nord de l'Irak, et le groupe avait auparavant utilisé des positions dans la région pour attaquer des cibles turques. Au moment des premières informations, le groupe armé n'avait fait aucun commentaire immédiat.
- Le PKK annonce sa décision de déposer les armes et de se dissoudre après un appel d'Ocalan
- Le Parlement turc approuve un texte accordant une grâce conditionnelle aux militants
- La Turquie annonce qu'elle retirera progressivement ses forces d'une base militaire du nord de l'Irak
- Le PKK évacue quatre camps dans la zone de Baze, à Metina, dans le nord de l'Irak
- Les médias turcs rapportent l'évacuation des camps, citant des sources de sécurité
La version du PKK et son historique de désarmement
Par l'intermédiaire de l'agence de presse kurde Firat, le PKK a déclaré avoir récemment retiré tous ses combattants du territoire turc et de ses positions dans le nord de l'Irak afin que l'État turc ne les considère pas comme une menace. Un représentant du PKK avait déclaré plus tôt, le jeudi 8 octobre, que le groupe avait quitté des « tunnels » dans la région du nord de l'Irak. Le groupe a accusé le gouvernement du président Recep Tayyip Erdogan de ne pas poursuivre le processus de paix avec sincérité et assez rapidement, et a affirmé avoir fait sa part du travail, deux mois après l'adoption de la loi en août. En 2025, le PKK, désigné organisation terroriste par la Turquie et ses alliés, a annoncé sa décision de déposer les armes et de se dissoudre afin de mettre fin à plus de quatre décennies de conflit. L'annonce a suivi un appel de son leader emprisonné, Abdullah Ocalan, et le groupe a ensuite organisé une cérémonie symbolique de désarmement dans le nord de l'Irak. En septembre 2026, la Turquie a annoncé qu'elle retirerait progressivement ses forces d'une base militaire stratégique du nord de l'Irak et en confierait le contrôle au gouvernement irakien, après une rencontre entre Erdogan et le Premier ministre irakien Ali al-Zaidi en marge de l'Assemblée générale de l'ONU à New York.
La loi de grâce et Ocalan
Le texte approuvé par le Parlement turc en août accorderait une grâce conditionnelle à des milliers de militants, mais il n'entrera en vigueur qu'après que le Conseil de sécurité nationale turc aura confirmé la dissolution et le désarmement complets du groupe, cette décision devant être publiée au Journal officiel. La loi suspendrait certaines peines de prison pour les membres condamnés du PKK et reporterait les enquêtes et procès en cours de cinq ou dix ans, selon la gravité du crime, et les poursuites seraient abandonnées contre ceux qui ne récidivent pas durant cette période. Ocalan, 77 ans, est détenu à l'isolement sur l'île d'Imrali, au sud d'Istanbul, depuis 1999 et purge une peine de prison à vie. Une information indique qu'Ocalan et d'autres dirigeants du PKK seraient exclus de la grâce, tandis qu'une autre note que la loi adoptée ne précise pas ce qu'il adviendrait de lui, et des médias suggèrent qu'il pourrait néanmoins bénéficier de droits élargis de visite et de communication dans sa prison insulaire. La Turquie a également créé récemment quatre sous-commissions pour superviser la dissolution du PKK, et Ocalan doit participer à l'une d'elles, consacrée à la remise des armes du groupe.
Contexte de l'insurrection
L'insurrection armée du PKK, lancée en 1984, a fait des dizaines de milliers de morts et s'est étendue à l'Irak et à la Syrie. Le groupe a d'abord cherché un État kurde indépendant, puis a recentré ses revendications sur l'autonomie et l'élargissement des droits en Turquie. L'armée turque a frappé à plusieurs reprises la zone frontalière du nord de l'Irak pendant la guerre, et le PKK y avait initialement son quartier général avant de se déplacer plus à l'est, vers les monts Qandil, où il a maintenu une forte présence. Les camps en cours d'évacuation se trouvent dans la même région frontalière où le PKK a déjà utilisé des positions pour attaquer des cibles turques.
