
Le PKK affirme que tous ses combattants ont quitté la Turquie et accuse Ankara d'inaction
Le Parti des travailleurs du Kurdistan affirme que le retrait concerne aussi quatre tunnels et positions de guerre à Metina, dans le nord de l'Irak. Le groupe affirme que le gouvernement turc n'a pris aucune nouvelle mesure depuis l'adoption d'une loi par le Parlement en août.
Annonce du retrait
Le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) a déclaré jeudi 8 octobre avoir retiré toutes ses forces armées de Turquie et d'autres positions du nord de l'Irak. Le groupe affirme que ses forces présentes en Turquie se sont retirées « il y a quelques jours » et présente ce geste comme un moyen de priver Ankara de tout prétexte pour ralentir le processus de paix. Dans un communiqué diffusé par l'agence de presse ANF, affiliée au PKK, le groupe affirme avoir retiré toutes les forces pouvant être considérées comme proches de la frontière. L'annonce intervient deux mois après l'adoption par le Parlement turc d'une loi ouvrant la voie à la réintégration des combattants du PKK. Le groupe résume sa position ainsi :
Nous avons retiré toutes nos forces armées, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de la Turquie, qui pouvaient être considérées comme proches de la frontière.
Positions de Metina
Le PKK affirme également avoir évacué quatre tunnels et positions de guerre à Metina, à l'ouest de Zap en Irak, à peu près au même moment, afin que l'État turc ne les considère pas comme une menace. L'armée turque avait frappé cette zone à plusieurs reprises, notamment lors d'une vaste opération en avril 2022. Le groupe affirme que sa stratégie est parvenue au point où ses conditions étaient réunies :
Les exigences de notre stratégie visant à mettre fin à la lutte armée contre la Turquie et à engager une lutte politique démocratique ont été pleinement satisfaites.
Critiques envers le gouvernement
Le PKK accuse le gouvernement du président Recep Tayyip Erdogan de ne pas mener le processus de paix avec assez de sincérité ni de rapidité. Selon lui, le gouvernement de l'AKP n'a pris aucune nouvelle mesure depuis l'adoption de la loi par le Parlement en août. Le groupe a réitéré son appel à la libération de son dirigeant emprisonné, Abdullah Ocalan, affirmant qu'il n'existe « plus d'obstacles ni de raisons » de retarder sa libération ou d'adopter des lois sur les libertés. Il avertit qu'à défaut de telles mesures, l'État turc poursuivrait sa « politique de déni et d'anéantissement vieille d'un siècle ».
La loi et les sous-commissions
Le Parlement a adopté la loi début août 2026 à une large majorité. Cette loi pourrait conduire à la libération de nombreux membres du PKK, à condition que les autorités de sécurité turques confirment la dissolution et le désarmement du PKK et des groupes affiliés. N-tv la décrit comme une amnistie limitée assortie de conditions et note qu'elle ne dit rien de ce qu'il adviendra d'Ocalan. Ankara a depuis mis en place quatre sous-commissions chargées de superviser la dissolution du PKK. L'une d'elles, consacrée à la remise des armes, inclura Ocalan, sans qu'il soit autorisé à quitter sa prison. Ocalan est détenu depuis 1999 sur l'île d'Imrali, où Notícias ao Minuto rapporte qu'il purge une peine de prison à vie.
Contexte du processus de paix
Le processus de paix a débuté en 2024 et le PKK a annoncé sa dissolution et la fin de sa lutte armée en mai 2025 lors de son 12e congrès. Spiegel rapporte que la décision a suivi un appel d'Ocalan, tandis que n-tv date cet appel de février 2025. Ankara chiffre à environ 50 000 morts le bilan du conflit, qui a duré plus de quatre décennies. La chronologie ci-dessous recense les principales étapes citées dans les articles.
- Début du processus de paix entre Ankara et le PKK
- Le PKK annonce sa dissolution et la fin de la lutte armée lors de son 12e congrès
- Le Parlement turc adopte une loi ouvrant la voie à la réintégration des combattants du PKK
- Le PKK affirme avoir retiré tous ses combattants de Turquie

