
Au Pérou, Fujimori annonce des exclusions scolaires et l'interdiction du maquillage et de la teinture pour cheveux
Keiko Fujimori a dévoilé le plan lundi 12 octobre à Chaclacayo, à l'est de Lima. Les mesures, encore en consultation, rétabliraient les exclusions et les notes de conduite et fixeraient des règles sur l'apparence des élèves et l'usage du téléphone.
Le plan
La présidente du Pérou, Keiko Fujimori, a présenté lundi 12 octobre un plan visant à durcir la discipline dans les écoles publiques. Elle s'exprimait lors d'un événement à Chaclacayo, à environ 30 km à l'est de la capitale Lima, en compagnie du ministre de l'Éducation José Antonio Chang, et les deux ont présenté les lignes directrices lors d'une visite à l'école Felipe Santiago Estenos. Les règles doivent porter sur le comportement, l'apparence, la tenue vestimentaire et l'usage des appareils électroniques des élèves, et le gouvernement affirme vouloir lutter contre la violence et le harcèlement dans les salles de classe. Fujimori a pris ses fonctions en juillet 2026 et a fait du rétablissement de l'ordre sa principale cause politique, son programme de campagne s'intitulant « Perú con Orden ». Elle est la fille de l'ancien président Alberto Fujimori, qui a gouverné de 1990 à 2000 et est mort en 2024, après avoir passé une grande partie de ses dernières années en prison à la suite de sa condamnation pour les massacres de civils et d'autres crimes contre l'humanité.
L'ordre n'est pas seulement dans les rues. Il doit aussi revenir dans nos écoles, dans nos salles de classe.
Exclusions et notes de conduite
Le plan rétablit des sanctions plus lourdes en cas d'infraction au règlement scolaire, notamment l'exclusion pour les fautes les plus graves. Les notes de conduite reviendraient, et les infractions seraient réparties en catégories légères, graves et très graves. Les sanctions les plus strictes viseraient la violence, le harcèlement persistant d'autres élèves, les agressions sexuelles et d'autres atteintes graves à la sécurité. Fujimori a appelé les enfants et les jeunes à signaler à leurs enseignants le harcèlement de camarades et a déclaré que « nous ne permettrons ni le harcèlement, ni la violence, ni les agressions sexuelles ». Elle a soutenu que les exclusions protégeraient la grande majorité des élèves venus apprendre, les plus indisciplinés ne siégeant plus dans les salles de classe.
Apparence et téléphones
Chang a indiqué que les règles interdiraient le maquillage, le vernis à ongles, les cheveux excessivement longs et la teinture pour cheveux dans les écoles publiques. Les garçons devraient arriver avec les cheveux courts, et le gouvernement fixerait la longueur autorisée des jupes pour les filles ainsi que des règles sur la longueur des cheveux. L'usage des téléphones portables et d'autres appareils électroniques serait limité, et ceux-ci ne pourraient être utilisés en classe qu'avec l'accord d'un enseignant. Le ministre a précisé que les règles s'appliqueraient à toutes les écoles publiques, les établissements privés restant libres d'écrire leur propre règlement.
Consultation et critiques
Les lignes directrices en sont encore au stade de la consultation. Une fois définitivement approuvées, les écoles publiques auraient 30 jours pour adapter leur propre règlement. L'ancienne vice-ministre de la gestion pédagogique Ana Andrade Pacora a déclaré à EL PAÍS que ces mesures équivalent à une renonciation déclarée des écoles à éduquer les jeunes de manière intégrale. Elle juge sexistes les restrictions sur la tenue des filles, et son verdict sur le plan est sans détour :
Je pense que ce sont des mesures absolument erronées et qu'elles nous feront reculer en tant que société de plus de trois décennies.
Le plan s'inscrit dans un pays frappé par l'extorsion et les meurtres liés à la criminalité organisée, un problème que Fujimori a placé au centre de son agenda.
- Fujimori et Chang présentent les lignes directrices à Chaclacayo
- Les écoles publiques disposent de 30 jours pour adapter leur règlement


