
La France commémore les dix ans du meurtre du père Hamel à l’autel en appelant à la paix et à la fraternité
Le Premier ministre Sébastien Lecornu dirige une messe commémorative et des discours à Saint-Étienne-du-Rouvray, rejoint par François Hollande et d’autres responsables, tandis que la ville réaffirme un message de paix.
Une décennie après le meurtre à l’autel
Le 26 juillet 2016, deux djihadistes de 19 ans, Adel Kermiche et Abdel-Malik Petitjean, ont fait irruption dans l’église de Saint-Étienne-du-Rouvray pendant la messe du matin. Ils ont poignardé le père Jacques Hamel, 85 ans, à plusieurs reprises à l’autel, le tuant, et grièvement blessé le paroissien Guy Coponet, 86 ans. Trois religieuses et un autre paroissien ont été pris en otage. Les policiers de la BRI ont pris d’assaut l’église vers 11 heures et ont abattu les deux assaillants. Le groupe État islamique a revendiqué l’attaque dans l’après-midi.
- Deux djihadistes entrent dans l’église pendant la messe du matin, tuent le père Jacques Hamel et blessent Guy Coponet
- La police de la BRI prend d’assaut l’église, abat les deux assaillants
- L’État islamique revendique l’attaque
- Messe commémorative dans la même église, discours du Premier ministre et d’officiels ; la ville réaffirme son message de paix
Commémorations et messe
Dix ans jour pour jour, la ville a organisé plusieurs moments de recueillement. Une messe à 11 heures dans la même église a été présidée par le cardinal Jean-Marc Aveline, président de la Conférence des évêques de France. Le Premier ministre Sébastien Lecornu s’est ensuite adressé à l’assemblée. La municipalité a saisi l’occasion pour renouveler ce qu’elle a appelé « un message de paix et de fraternité ».
Rassemblement des personnalités politiques et religieuses
François Hollande, qui était président au moment de l’attaque, a assisté aux côtés de l’actuel ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez et de Bernard Cazeneuve, qui occupait ce poste en 2016. L’ancien Premier ministre Édouard Philippe, également maire du Havre, a été invité avec tous les maires de Seine-Maritime et une centaine d’autres élus locaux.
Résilience et devise de paix
Depuis l’attaque, Saint-Étienne-du-Rouvray a changé sa devise officielle pour « mieux vivre ensemble » et a développé un projet mémoriel. Un livre intitulé « Revivre ensemble » rassemble les témoignages de 13 témoins, dont Roseline Hamel, la sœur du prêtre, et Mohamed Karabila. Le maire Joachim Moyse a déclaré :
La résilience est un long chemin. Nous ne pouvons pas rester figés.
Anne Coponet, dont les parents faisaient partie des otages, se souvient : « Quelque chose a rapproché les gens. Ils ne se sont pas rebellés. On aurait pu craindre un flot de haine car il y a ici une importante communauté musulmane. Les deux communautés, chrétienne et musulmane, ont essayé de travailler ensemble. » Hubert Wulfranc, maire en 2016, a ajouté : « La cohésion qui aurait pu se défaire s’est renforcée. »
L’année dernière, le père Hamel a reçu à titre posthume la Médaille nationale de reconnaissance aux victimes du terrorisme.


