
Marine Le Pen propose un référendum pour pénaliser le voile islamique dans les espaces publics
Les dirigeants du Rassemblement national ont annoncé leur intention de pénaliser le port du voile islamique dans les espaces publics et de soumettre une législation anti-islamiste à un référendum national s'ils sont élus en 2027.
Proposition de référendum et d'amende
Le 30 août 2026, le député Rassemblement national Jean-Philippe Tanguy a déclaré sur BFMTV que le parti prévoit d'infliger une amende aux femmes qui portent le voile islamique dans les espaces publics s'il remporte l'élection présidentielle de 2027. Tanguy a comparé les amendes proposées aux sanctions pour conduite sans ceinture de sécurité, affirmant que la mesure vise à combattre l'idéologie islamiste. Le 31 août 2026, la candidate du parti à la présidentielle, Marine Le Pen, a confirmé sur X qu'elle entend soumettre la proposition directement à un vote national.
Je soumettrai aux Français par référendum une large loi contre les idéologies islamistes avec de nombreuses mesures fortes, notamment la pénalisation du voile islamiste dans l'espace public.
Le président du parti, Jordan Bardella, a déclaré que le parti envisage deux référendums au cours d'un mandat présidentiel : un premier vote sur l'immigration, suivi d'un second vote sur l'idéologie islamiste et les symboles religieux dans l'espace public. Bardella a expliqué que le second référendum engloberait plusieurs mesures au-delà de la tenue vestimentaire, ouvrant un débat plus large sur l'islamisme dans la société française.
Évolution de la plateforme du parti
La proposition de restreindre les tenues religieuses dans l'espace public a évolué au fil des campagnes présidentielles successives. Lors de sa candidature de 2012, Le Pen a déclaré au Monde qu'elle cherchait à interdire à la fois le voile et la kippa dans les rues, les transports et les magasins. En 2017, elle a plaidé pour l'interdiction de tous les signes religieux ostentatoires dans les espaces publics, reprenant les règles en vigueur dans les écoles publiques françaises. En juillet 2021, lors du congrès du parti à Perpignan, Le Pen a resserré la proposition exclusivement sur le voile islamique.
- Marine Le Pen prône l'interdiction du voile et de la kippa dans les espaces publics dans Le Monde.
- Le Pen élargit sa plateforme pour interdire tous les signes religieux ostentatoires dans les espaces publics.
- Le Pen resserre la plateforme du parti lors du congrès de Perpignan pour cibler uniquement le voile islamique.
- Jean-Philippe Tanguy déclare à la télévision que le port du voile sera pénalisé par des amendes.
- Marine Le Pen et Jordan Bardella proposent un référendum sur la législation anti-islamiste.
Positionnement interne au parti
L'initiative a révélé des approches contrastées au sein de la direction du parti. Alors que Tanguy et Le Pen présentaient l'amende comme un objectif acquis, Bardella a fait preuve de prudence le 31 août 2026, déclarant que le parti n'a pas l'intention de créer une police du vêtement ni d'imposer une interdiction immédiate au lendemain de l'élection.
Il y aura un débat sociétal et nous proposerons, à la suite de ce débat sociétal, un référendum dans lequel les Français décideront de cette mesure.
Bardella avait déjà noté en 2025 que l'application d'une telle mesure est compliquée. Des responsables gouvernementaux ont également remis en question la faisabilité juridique du plan, notant qu'une législation ordinaire serait probablement censurée par le Conseil constitutionnel sans modifications constitutionnelles préalables. Le Pen avait également concédé lors de débats antérieurs que la question est complexe et nécessite une mise en œuvre progressive.
Réactions politiques des opposants
La proposition a suscité des critiques immédiates de la part de figures de gauche et du centre. Jean-Luc Mélenchon, candidat de La France Insoumise, a condamné l'annonce sur X, la décrivant comme une expression d'obsessions sexistes et anti-musulmanes. Le leader du Parti socialiste, Olivier Faure, a également rejeté l'initiative. Le candidat d'Horizons et ancien Premier ministre, Édouard Philippe, a fait valoir que les lois existantes sur les tenues religieuses restent suffisantes.
Il y a une loi qui interdit le voile intégral, et il y a une loi qui interdit le voile à l'école. Pour ma part, je considère que ce qui importe est de respecter la loi telle qu'elle existe aujourd'hui. Et je ne crois pas qu'il soit nécessaire d'aller plus loin à ce stade.
Philippe a souligné que les lois françaises interdisent déjà les voiles intégraux dans l'espace public et les signes religieux à l'école. Ce débat coïncide avec d'autres propositions de campagne de Le Pen, notamment la retraite à 60 ans pour les travailleurs ayant une longue carrière.


