L'ancien Premier ministre français Édouard Balladur meurt à Paris à 97 ans
Édouard Balladur, qui a été Premier ministre français de 1993 à 1995 pendant une période de cohabitation sous la présidence de François Mitterrand, est mort à Paris le 31 août 2026.
Cinq décennies dans la politique française
Édouard Balladur est mort le 31 août 2026 à Paris à l'âge de 97 ans, ont annoncé sa famille et le Premier ministre Sébastien Lecornu. Né à Izmir le 2 mai 1929 dans une famille de banquiers français, Balladur a déménagé avec ses parents à Marseille en 1934. Après avoir été diplômé de l'École nationale d'administration, il est entré dans la fonction publique et a rejoint le cabinet du Premier ministre Georges Pompidou en 1964. Il a participé à la négociation des accords de Grenelle en 1968 aux côtés de Jacques Chirac, puis a été secrétaire général adjoint puis secrétaire général de la présidence sous Pompidou entre 1969 et 1974. Le 1er septembre 2026, la mairie du 15e arrondissement de Paris, où Balladur a exercé cinq mandats de député entre 1988 et 2007, a ouvert un registre de condoléances avant une messe familiale privée.
Premier ministre et réformes économiques
Après la victoire de la coalition de droite aux élections législatives de 1993, Balladur a été nommé Premier ministre par le président socialiste François Mitterrand lors de la deuxième période de cohabitation en France. Pendant ses deux années à Matignon, de mars 1993 à mai 1995, Balladur a mis en œuvre un vaste programme de privatisation couvrant des entreprises publiques, notamment les banques Société Générale et Paribas, ainsi que la chaîne de télévision TF1. Son gouvernement a également adopté des modifications au système de retraite national en 1993. Membre du Rassemblement pour la République, il s'est forgé une réputation d'administrateur axé sur la discipline budgétaire, travaillant en étroite collaboration avec des personnalités telles que le ministre du Budget Nicolas Sarkozy et le directeur de campagne Nicolas Bazire.
- Né à Izmir
- La famille quitte Izmir pour s'installer à Marseille
- Entre au service du gouvernement comme conseiller de Georges Pompidou
- Participe à la négociation des accords de Grenelle
- Nommé Premier ministre sous le président François Mitterrand
- Lance sa campagne officielle pour la présidence française
- Éliminé au premier tour de l'élection présidentielle
- Blanchi par les tribunaux français des accusations de financement de campagne
- Meurt à Paris à l'âge de 97 ans
La rivalité présidentielle de 1995
Bien qu'ayant initialement indiqué qu'il ne se présenterait pas à l'élection présidentielle de 1995, Balladur a déclaré sa candidature en janvier 1995, se présentant contre son allié politique de longue date Jacques Chirac.
J'ai décidé de présenter ma candidature à la présidence de la République.
La rivalité a divisé le mouvement conservateur français et mis fin à leur partenariat de trente ans. Bien que Balladur ait conservé une large avance dans les sondages tout au long de la fin de l'année 1994, son soutien a diminué pendant la campagne officielle. Il a terminé troisième au premier tour le 23 avril 1995, derrière le candidat socialiste Lionel Jospin et Chirac, qui a remporté la présidence au second tour. La campagne a ensuite fait l'objet d'un examen judiciaire concernant le financement du parti, conduisant à des procédures judiciaires qui se sont conclues en 2021 lorsque la Cour de justice de la République a blanchi Balladur de toutes les charges.
Hommages de tout l'échiquier politique
Des personnalités politiques de toute la France ont rendu hommage après l'annonce de la mort de Balladur. Le président Emmanuel Macron a salué son dévouement à l'administration publique, tandis que l'ancien président Nicolas Sarkozy a décrit Balladur comme un mentor et un modèle tout au long de sa carrière.
Édouard Balladur était un homme d'État à l'esprit réformateur et restera un modèle pour de nombreux hommes et femmes de sa famille politique.
Bruno Retailleau, président des Républicains, a noté que Balladur privilégiait la persuasion politique plutôt que le spectacle électoral.
Cherchant à convaincre et jamais à séduire, il était de ces hommes politiques qui ont une haute opinion des électeurs parce qu'ils ont une noble idée de la France.
L'ancien ministre Michel Barnier a fait remarquer que le renversement des sondages de 1995 reste une référence standard dans la politique française, avertissant que les avances dans les sondages précoces se déplacent souvent avant le jour de l'élection.


