Marine Le Pen et Jordan Bardella mettent en garde la Russie contre toute ingérence dans la politique française
Les dirigeants politiques français Marine Le Pen et Jordan Bardella ont publié une déclaration commune condamnant les tactiques d'intimidation de Moscou après la saisie d'actifs du distributeur français Auchan.
Rejet de l'ingérence politique russe
Marine Le Pen et le président du Rassemblement National, Jordan Bardella, ont publié une déclaration commune durcissant leur position vis-à-vis du gouvernement russe. La femme politique française de 58 ans a souligné que les décisions de politique étrangère de la France seront prises strictement à Paris et non à Moscou. Le Pen a averti que les acteurs extérieurs ne seront pas autorisés à dicter les affaires intérieures par la coercition ou des opérations clandestines.
Nous ne tolérerons jamais qu'une puissance étrangère, en l'occurrence la Russie, puisse espérer dicter la politique de notre pays directement ou indirectement par l'intimidation, la menace, la déstabilisation ou la pression psychologique.
La lettre commune indique que toute tentative d'un État étranger de diriger les choix gouvernementaux français viole la souveraineté nationale. Les deux figures politiques ont affirmé que si les orientations stratégiques et diplomatiques restent ouvertes au débat démocratique entre citoyens français, la pression exercée depuis l'étranger est fondamentalement illégitime.
Représailles contre les saisies d'actifs et actions clandestines
La déclaration fait suite aux actions des autorités de Moscou plaçant les activités russes de plusieurs entreprises européennes sous administration forcée. Parmi les entités concernées figure la chaîne de distribution et de supermarchés française Auchan, qui maintenait des réseaux commerciaux en Russie. La direction du parti a présenté la saisie de ces activités commerciales comme une tentative inacceptable d'intimidation économique.
Aucune provocation, opération clandestine ou action de déstabilisation ne peut amener la France à faciliter la réalisation des objectifs de guerre de la Russie en Ukraine.
En plus de l'administration forcée des entreprises étrangères, Le Pen et Bardella ont cité une escalade au cours des dernières semaines d'actes hostiles commis sur le territoire européen. Le document commun indique que les opérations clandestines menées par des agents pour le compte de la Russie se sont multipliées, créant des risques directs pour la sécurité des nations européennes.
Positionnement électoral avant le scrutin présidentiel de printemps
Le durcissement de la position du parti en matière de politique étrangère coïncide avec les préparatifs de l'élection présidentielle française prévue au printemps prochain. Marine Le Pen fait campagne pour devenir chef de l'État français et occupe actuellement une nette avance sur ses concurrents dans les sondages d'opinion publiés. Ces chiffres la positionnent comme candidate favorite pour se qualifier pour le second tour décisif.
- Marine Le Pen obtient un prêt d'une banque tchéco-russe pour financer les opérations du parti
- Les autorités russes augmentent les actes hostiles en Europe et saisissent les actifs d'entreprises européennes, dont Auchan
- Le Pen et Jordan Bardella publient une lettre commune rejetant les tentatives russes d'influencer la politique française
- La France organise son élection présidentielle, Le Pen étant en tête des sondages actuels
La communication commune aborde directement le débat politique sur la politique de défense française et l'aide internationale pendant la guerre en Ukraine. Le Pen et Bardella ont écrit que les législateurs et les électeurs français ont un droit tout à fait légitime d'évaluer le volume exact de l'aide fournie à Kiev, ainsi que les conditions spécifiques attachées à ce soutien. Cependant, ils ont maintenu que les décisions de l'État français ne peuvent être dictées par une pression extérieure ou des actions de renseignement provenant de Moscou.
Évolution après l'examen du financement antérieur du parti
La critique directe de Moscou répond à des années d'examen national et européen concernant la relation historique de Le Pen avec les institutions russes. Lors des précédentes campagnes présidentielles et législatives, les opposants politiques ont reproché à plusieurs reprises à la dirigeante du Rassemblement National de ne pas avoir établi une distance publique suffisante avec le Kremlin. Un point central de cette critique portait sur un prêt de campagne que Le Pen avait obtenu d'une banque tchéco-russe en 2014 pour financer les opérations du parti.
En publiant une dénonciation explicite des saisies d'actifs russes et des opérations clandestines de renseignement, Le Pen et Bardella établissent une distance claire avec Moscou. La déclaration commune formalise la posture de politique étrangère de la direction du parti alors que les candidats entrent dans la campagne pour le scrutin du printemps prochain.


