
Tsipras accuse le PASOK d'épargner Mitsotakis, le PASOK répond que l'ELAS veut diviser la gauche
Le chef de l'ELAS, Alexis Tsipras, a déclaré sur la radio Parapolitika que le PASOK est pris entre lui et Nouvelle Démocratie, et le PASOK a répondu par quatre questions sur les retraites, les impôts et les universités.
Tsipras dit que le PASOK doit choisir son camp
Alexis Tsipras, chef de la Gauche grecque (ELAS), a accordé le jeudi 8 octobre au matin un entretien à Sotiris Xenakis et Vasilis Skouris dans l'émission « Face aux micros » de la radio Parapolitika. Il a déclaré que le problème existentiel du PASOK est qu'il confine à la fois à l'ELAS et à Nouvelle Démocratie, et a ajouté :
Il est entre les deux, et il doit décider avec qui il ira et qui il laissera derrière lui.
Ces propos font suite à une attaque du PASOK plus tôt dans la semaine, lorsque le chef du parti Nikos Androulakis a qualifié l'ELAS de parti « one man show ». Le PASOK a répondu le jour même par un communiqué de son siège de la rue Charilaou Trikoupi, accusant Tsipras d'épargner Kyriakos Mitsotakis :
Une fois de plus, M. Tsipras a laissé M. Mitsotakis intouchable et a lancé une attaque à front unique contre le PASOK.
Dispute sur la stratégie et le ton
Tsipras est allé plus loin dans l'entretien, affirmant que certains responsables du PASOK défendent une stratégie qu'il juge sans issue :
Il y a au sein du PASOK des responsables qui défendent aujourd'hui une stratégie, à mon avis sans issue, d'attaque presque à front unique contre l'ELAS, une stratégie qui ne fait qu'aider M. Mitsotakis.
Il a aussi déclaré que lorsque des représentants du PASOK apparaissent dans les médias, sept mots sur dix qu'ils prononcent sont « Tsipras », tandis que « Mitsotakis » n'est entendu que lorsqu'ils veulent dire qu'il est aussi mauvais que Tsipras. Selon lui, cela n'aide pas l'ensemble du camp progressiste.
Le communiqué du PASOK a répondu que tant que Tsipras s'occupe d'éviter la troisième place, le parti travaillera à la défaite de Nouvelle Démocratie et au changement politique :
Tant qu'il s'inquiète de savoir comment il évitera la troisième place, nous travaillerons à la défaite de Nouvelle Démocratie et au changement politique.
Le communiqué ajoute que le chef de l'ELAS cherche à diviser l'électorat démocrate et progressiste afin de maintenir au pouvoir le système Mitsotakis et Nouvelle Démocratie, et conclut :
Nous ne le suivrons pas sur cette pente.
Quatre questions à Tsipras
Le PASOK a formulé quatre questions à l'intention de l'ancien premier ministre. Il lui demande pourquoi il est d'accord avec Mitsotakis pour que le 13e mois de salaire et la 13e pension ne soient pas rétablis. Il lui demande pourquoi il soutient la spéculation des fonds tout en rejetant la proposition du PASOK de rétablir la protection de la première résidence. Il lui demande pourquoi il soutient la création d'universités purement privées et pourquoi il s'oppose à la taxation des profits exceptionnels des oligopoles. Le communiqué lui demande de dire ouvertement au peuple grec pourquoi il légitime la politique à sens unique de Mitsotakis et de Nouvelle Démocratie, et se termine par cette appréciation :
La Grèce n'a pas besoin de directions qui ont été jugées et qui ne s'intéressent qu'à leur propre justification personnelle. Le pays a besoin d'un premier ministre qui garantisse la stabilité. M. Mitsotakis et M. Tsipras sont des facteurs d'instabilité.
Le câble de Kasos, la visite de Rubio et le coût de la vie
Dans le même entretien, Tsipras a attaqué le gouvernement sur sa gestion de la liaison électrique de Kasos entre la Grèce et Chypre. Il a déclaré que des navires de guerre turcs empêchent l'entreprise chargée du projet de poser le câble en dehors des eaux territoriales grecques, et a demandé :
Ils ont eux-mêmes dit « nous avons reculé à Kasos ». Pourquoi la Grèce a-t-elle reculé ?
Il a soutenu que le câble relève d'une catégorie différente de celle d'un gazoduc au regard de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer :
Un câble, je le répète, pas un pipeline, n'a besoin ni d'autorisation ni de notification.
Il a également mis en doute la substance de la visite du secrétaire d'État américain Marco Rubio, opposant le « beau décor » du discours de Rubio à la Pnyx à ce qu'il a appelé l'absence de soutien américain substantiel sur des questions grecques clés. Tsipras a aussi exclu d'admettre des députés en exercice au sein de l'ELAS.
Sur le coût de la vie, Tsipras a comparé la hausse des prix de l'essence, du fioul de chauffage, des loyers et de l'électricité à la progression des salaires moyens. Il a cité un prix de l'essence à 1,5 euro pendant son propre mandat de premier ministre. Il a estimé le salaire moyen en Grèce à 18 000 euros par an et en Europe à 40 000, présentant la comparaison comme une question de pouvoir d'achat.


