
Le Medef réunit sept candidats à la présidentielle de 2027 pour un débat économique à Roland-Garros
La principale organisation patronale française a ouvert mercredi son congrès annuel, invitant sept candidats déclarés à la présidentielle de 2027 à débattre de la dette, de la fiscalité et de la politique industrielle.
Les candidats à la présidentielle face aux chefs d'entreprise à Roland-Garros
Le Medef (Mouvement des entreprises de France) ouvre son congrès d'été annuel, la Rencontre des entrepreneurs de France (REF), au stade Roland-Garros à Paris le 26 août 2026. Placée sous les thèmes du courage et de l'action jusqu'au 28 août, la conférence propose un débat économique jeudi entre sept candidats déclarés à l'élection présidentielle de 2027. Gabriel Attal, Raphaël Glucksmann, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Édouard Philippe, Bruno Retailleau et Marine Tondelier se rendront sur le court central pour la première rencontre économique de la campagne. Cinq dirigeants de PME interrogeront les responsables politiques sur leurs programmes, en s'appuyant sur une large consultation des chefs d'entreprise.
- Le Medef publie la consultation de 66 000 chefs d'entreprise
- Ouverture de la Rencontre des entrepreneurs de France à Roland-Garros
- Débat économique entre sept candidats à la présidentielle sur le court central
- Clôture du congrès de trois jours
Un sondage révèle un large pessimisme des dirigeants avant 2027
Le débat s'appuie sur une consultation de trois mois menée auprès de 66 000 chefs d'entreprise par le Medef et OpinionWay, publiée mardi. Le sondage montre que 82 % des dirigeants se disent pessimistes quant à l'impact économique du prochain quinquennat, dont 29 % très pessimistes. Seuls 17 % se déclarent optimistes, dont 2 % très optimistes. Parmi les priorités pour le prochain mandat, 83 % des répondants ont choisi la baisse des impôts, 81 % la réindustrialisation du pays, et 75 % à la fois la simplification réglementaire et la réduction de la dette et des dépenses publiques. Le Medef a indiqué que la campagne doit aborder la manière dont les candidats entendent reconstruire l'économie plutôt que de proposer de nouvelles hausses d'impôts.
- Baisse des impôts
- 83 %
- Réindustrialisation
- 81 %
- Simplification des normes
- 75 %
- Réduction de la dette et des dépenses
- 75 %
Patrick Martin met en garde contre la stagnation économique
Le président du Medef, Patrick Martin, a présenté le bilan de l'organisation lors d'entretiens avec France Inter et Le Parisien mercredi. Martin a prévenu que la France risque de graves difficultés économiques et financières en raison d'une croissance atone, d'un faible investissement, de déficits commerciaux persistants et de six trimestres consécutifs de hausse du chômage dans le secteur privé. Il a constaté que peu de candidats ont présenté des programmes économiques détaillés et a appelé à des dirigeants prêts à s'attaquer directement aux problèmes structurels. Martin a affirmé que le Medef coopérera de manière pragmatique avec le vainqueur de la présidentielle de 2027.
Nous sommes républicains et nous travaillerons avec celui que les Français éliront, que cela nous plaise ou non : nous n'avons pas d'autre choix que d'être pragmatiques et de nous adapter aux circonstances.
Le Medef conteste les programmes des candidats et les surtaxes
Martin a critiqué plusieurs propositions spécifiques, avertissant que le refus de Marine Le Pen de modifier son plan sur les retraites (qui abaisse l'âge de départ entre 60 et 62 ans) aggraverait les tensions économiques. Il a rejeté la proposition de taxe sur l'héritage de Raphaël Glucksmann, la jugeant répulsive pour les capitaux, et a vivement critiqué un plan soutenu par La France Insoumise et le banquier Matthieu Pigasse visant à annuler la dette détenue par la Banque de France. En vue des prochains débats budgétaires, Martin s'est fermement opposé à la prolongation de la surtaxe exceptionnelle sur les bénéfices des entreprises pour une troisième année, rappelant que les entreprises membres du Medef emploient 12 millions de salariés du secteur privé dont les salaires et l'embauche dépendent de la stabilité des investissements.
Les entreprises françaises sont déjà les plus taxées au monde. Nous avons atteint notre seuil de tolérance.


