
Le Maroc bloque des centaines de migrants se dirigeant vers Ceuta tandis que l'Espagne déploie des milliers de forces
Les forces de sécurité marocaines ont dispersé des centaines de migrants rassemblés près de Fnideq le 15 août, empêchant une répétition de la crise de fin juillet où jusqu'à 80 000 personnes avaient traversé vers l'enclave espagnole.
Les forces marocaines bloquent une tentative de passage massif
Les forces de sécurité marocaines ont bloqué une tentative de centaines de migrants, principalement originaires d'Afrique subsaharienne, d'atteindre l'enclave espagnole de Ceuta le 15 août. Le groupe s'était rassemblé dans une zone montagneuse et boisée près de la ville de Fnideq (Castillejos en espagnol), au sud-ouest de l'enclave, après que des appels sur les réseaux sociaux eurent appelé à un nouveau passage massif le jour férié du Ferragosto. L'opération a été lancée à l'aube pour neutraliser un appel à un assaut diffusé sur les réseaux sociaux les jours précédents. Les agents marocains ont dispersé les groupes cachés dans la zone boisée, et les migrants sont restés dans la zone sous stricte surveillance, selon des sources sécuritaires de Rabat citées par l'agence Efe. Après les tensions des premières heures de la matinée, la ville de Fnideq est revenue au calme, bien qu'elle soit restée lourdement gardée.
La mobilisation du 15 août a attiré nettement moins de participants que le passage de fin juillet, et en milieu de matinée, la situation des deux côtés de la frontière était tendue mais relativement calme. Seule une poignée de migrants a réussi à s'approcher de la barrière frontalière. Parmi eux, une jeune fille de 17 ans a déclaré à Efe qu'elle était arrivée à Castillejos dans la nuit en bus depuis Tétouan, passant trois points de contrôle le long du trajet de 35 kilomètres.
Déploiement sécuritaire des deux côtés
L'Espagne a déployé une présence sécuritaire considérablement renforcée par rapport à fin juillet. Selon des chiffres détaillés, 880 policiers nationaux (270 de plus qu'à la fin juillet), 714 gardes civils (près de 200 de plus), une unité anti-émeute de 45 agents et 20 spécialistes de la Brigade centrale de l'immigration et des frontières étaient stationnés dans l'enclave. Les spécialistes étaient chargés d'examiner les éventuelles demandes de protection internationale que pourraient soumettre les migrants restant dans l'enclave. Environ 2 000 militaires restaient mobilisés. Côté marocain, les médias locaux ont fait état d'un déploiement d'environ 5 000 agents de sécurité. La Marine royale marocaine a scellé la frontière par terre et par mer, utilisant des patrouilleurs et des drones, et des points de contrôle ont été maintenus sur toutes les routes d'accès principales, notamment celles de Tétouan et de Tanger.
- Entre 72 000 et 80 000 migrants traversent vers Ceuta ; 82 morts côté espagnol selon l'institut médico-légal
- Les forces marocaines dispersent des centaines de migrants rassemblés près de Fnideq
- Situation frontalière tendue mais relativement calme des deux côtés
- Police nationale
- 880 personnel
- Garde civile
- 714 personnel
- Armée
- 2000 personnel
- Unité anti-émeute
- 45 personnel
- Spécialistes des frontières
- 20 personnel
- Forces marocaines
- 5000 personnel
La sécurité a également été renforcée à Melilla, la deuxième enclave espagnole en Afrique du Nord, après que les forces de sécurité espagnoles ont détecté des mouvements de migrants vers Beni Enzar, le principal passage terrestre entre Melilla et le Maroc.
La crise de juillet et son bilan
Les mesures ont été renforcées après la crise des 30 et 31 juillet, lorsque entre 72 000 et 80 000 migrants ont traversé la frontière vers Ceuta, selon des estimations variables. Presque tous ont été rapatriés en quelques heures, mais les images diffusées en ligne ont suffi à susciter des discussions sur une nouvelle urgence et à provoquer des réactions de diverses forces politiques européennes. La traversée a fait 82 morts du côté espagnol de la frontière, selon les données publiées par l'Institut de médecine légale de Ceuta, qui a effectué des autopsies sur les corps. Les organisations humanitaires, dont Caminando Fronteras, ont estimé au moins 141 victimes des deux côtés de la frontière.
Réactions politiques
Pedro Rollán, président du Sénat espagnol, a exhorté le gouvernement à approuver un cadre réglementaire permettant le rapatriement « rapide et immédiat » de ceux qui étaient entrés « illégalement et irrégulièrement » des semaines plus tôt. Il a qualifié le passage de fin juillet d'« invasion ».
Le ministre italien Piantedosi a déclaré dans un message vidéo publié sur les réseaux sociaux :
Assez d'ambiguïté. Ceuta est un signal que l'Europe ne peut sous-estimer ; la lutte contre les trafiquants d'êtres humains doit être une priorité.


