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Le Premier ministre libanais accuse Israël de « politique de la terre brûlée » alors que la trêve s'effondre et que les frappes s'intensifient dans le sud

Le Premier ministre Nawaf Salam a mis en garde contre une escalade israélienne « dangereuse et sans précédent », accusant Israël de détruire des villes et de forcer des déplacements massifs, alors même que les discussions parrainées par les États-Unis se poursuivent.

Une trêve brisée et une « escalade dangereuse »

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a prononcé un discours télévisé samedi 30 mai, dénonçant ce qu'il a appelé une « escalade israélienne dangereuse et sans précédent » dans le sud du pays. Ses déclarations sont intervenues un jour après que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé que les forces israéliennes avaient avancé plus profondément au Liban. Salam a averti que le pays traversait un moment critique et a appelé à « un cessez-le-feu rapide et réel ».

Au vu de l'escalade israélienne dangereuse et sans précédent de ces derniers jours, il est nécessaire d'intensifier les efforts politiques et diplomatiques pour parvenir à un cessez-le-feu rapide et réel.

Une trêve entre Israël et le Hezbollah soutenu par l'Iran est officiellement entrée en vigueur le 17 avril, mais elle n'a jamais été respectée. Les deux camps s'accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu, justifiant leurs attaques continues par les prétendues violations de l'autre.

« Politique de la terre brûlée et punition collective »

Dans son discours, Salam a directement accusé Israël de mener une « politique de la terre brûlée et de punition collective » en « détruisant des villes et des villages et en forçant leurs habitants à l'exil ». Il a affirmé que de telles actions n'apporteraient « ni sécurité ni stabilité » à Israël. Le président libanais Joseph Aoun et Salam ont conjointement condamné ce qu'ils ont qualifié de « pratiques condamnables » d'Israël, l'expansion de ses attaques et la « poursuite des bombardements et du bulldozer des maisons et des sites historiques ».

Israël mène une politique de la terre brûlée et de punition collective en détruisant des villes et des villages et en forçant leurs habitants à l'exil.

Salam a en outre soutenu que, sous prétexte de combattre le Hezbollah, Israël tentait de « déraciner la mémoire du Liban et d'effacer l'histoire de son peuple ».

Nouvelles frappes et ordres d'évacuation

Samedi, l'armée israélienne a émis de nouveaux avertissements d'évacuation pour les habitants de plus d'une douzaine de villages du sud du Liban, y compris des zones près de Nabatieh et d'autres à l'est. L'agence de presse nationale libanaise a signalé plusieurs attaques israéliennes dans le sud. L'armée libanaise a annoncé que deux de ses soldats ont été « grièvement blessés » par une frappe de drone israélienne ciblée sur leur véhicule près de Nabatieh. Des tirs d'artillerie ont également visé les environs de la forteresse médiévale de Beaufort, un jour après que le ministre libanais de la Culture a exprimé son inquiétude face au « grave danger » que représentent les attaques israéliennes pour le patrimoine du pays.

Principaux événements de l'escalade Israël-Liban
  1. Le cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah entre officiellement en vigueur mais n'est jamais respecté.
  2. Netanyahu déclare que les forces israéliennes ont avancé plus profondément au Liban.
  3. Des délégations militaires tiennent des pourparlers de sécurité à Washington ; Salam prononce un discours télévisé accusant Israël de politique de la terre brûlée.
  4. Israël émet des avertissements d'évacuation pour plus d'une douzaine de villages ; deux soldats libanais blessés par une frappe de drone près de Nabatieh.
  5. Le Hezbollah lance plusieurs attaques sur le nord d'Israël ; plus de 25 projectiles tirés du Liban.
  6. Quatrième cycle de négociations politiques parrainées par les États-Unis prévu à Washington.

Réponse du Hezbollah et tirs transfrontaliers

Le Hezbollah a déclaré avoir lancé plusieurs attaques ciblant le nord d'Israël samedi et avoir affronté des soldats israéliens dans le sud du Liban. Le groupe a affirmé faire face aux forces israéliennes autour des périphéries de Zawtar al-Sharqiyah, Yohmor al-Shaqif et Dibbine, ajoutant que les troupes « n'avaient pas encore réussi à prendre le contrôle des villes ». Un porte-parole militaire israélien a déclaré à l'AFP que « plus de 25 » projectiles, y compris des roquettes et des drones, ont été lancés du Liban vers Israël pendant la journée, déclenchant des sirènes d'alerte aérienne dans le nord.

Diplomatie à Washington

Malgré la violence, Salam a défendu les négociations directes de son gouvernement avec Israël, que le Hezbollah s'oppose farouchement. Des délégations militaires des deux pays ont tenu des pourparlers de sécurité à Washington vendredi 30 mai, avec un quatrième cycle de négociations politiques parrainées par les États-Unis prévu les 2 et 3 juin. Salam a reconnu que le résultat n'était « pas garanti » mais a décrit les discussions comme « la voie la moins coûteuse pour notre pays et notre peuple ». Une déclaration américaine publiée après la réunion de vendredi n'a pas mentionné la trêve, notant seulement que les « discussions militaires productives » éclaireraient la prochaine réunion politique.

Beyrouth · Nabatieh · Washington

8 sources

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