
Le Parlement du Kosovo approuve le gouvernement Kurti par 62 voix alors que l'impasse présidentielle persiste
Les députés de Pristina ont voté par 62 voix contre 8 pour installer le nouveau cabinet de 20 ministres du Premier ministre Albin Kurti après trois mois de paralysie politique, tandis que les partis d'opposition boycottaient la séance.
Vote sur le gouvernement et boycott de l'Assemblée
Les députés kosovars ont voté le 13 septembre 2026 pour approuver un nouveau gouvernement dirigé par le Premier ministre Albin Kurti, 51 ans, qui exerce le pouvoir exécutif depuis 2021. Cette approbation a mis fin à trois mois de paralysie du cabinet après les élections législatives anticipées du 7 juin 2026. La présidente de l'Assemblée, Albulena Haxhiu, a annoncé que le cabinet de 20 ministres avait reçu le soutien de 62 députés sur les 120 sièges de l'Assemblée, tandis que huit membres ont voté contre. La majorité gagnante reposait sur le mouvement de gauche Vetevendosje de Kurti, ainsi que sur des députés représentant les communautés ethniques minoritaires. Alors que plusieurs rapports internationaux ont noté que les représentants de la minorité serbe n'ont pas soutenu le cabinet, d'autres sources ont fait état d'une participation de la liste des minorités. Les principaux partis d'opposition, notamment la Ligue démocratique du Kosovo (LDK), le Parti démocratique du Kosovo (PDK) et l'Alliance pour l'avenir du Kosovo, ont boycotté la séance. Les députés de l'opposition ont objecté que le vote avait eu lieu avant que les députés ne puissent élire les vice-présidents de l'Assemblée, annonçant qu'ils contesteraient la procédure législative devant la Cour constitutionnelle.
- Les élections ordinaires laissent Vetevendosje sans majorité parlementaire absolue
- Les élections anticipées permettent à Kurti de former un gouvernement mais ne résolvent pas la présidence
- Le mandat présidentiel de Vjosa Osmani expire sans successeur parlementaire
- Les élections anticipées donnent 53 sièges à Vetevendosje
- L'accord proposé pour soutenir Bekim Sejdiu échoue après que six députés de la LDK aient fait défection
- Le Parlement approuve le cabinet Kurti avec 62 voix lors d'un boycott de l'opposition
L'impasse constitutionnelle autour de la présidence
Ce vote laisse le Kosovo enfermé dans une impasse politique de 18 mois centrée sur l'élection d'un chef d'État. Selon la constitution du Kosovo, l'élection d'un président nécessite un quorum d'au moins 80 députés dans la chambre de 120 sièges. La crise a débuté après les élections législatives ordinaires de février 2025, lorsque Vetevendosje a perdu sa majorité absolue. Une élection anticipée en décembre 2025 a permis à Kurti de former un gouvernement, mais les députés n'ont pas réussi à s'entendre sur un candidat à la présidence. Le mandat de la présidente Vjosa Osmani a expiré le 4 avril 2026, et l'incapacité à respecter le délai constitutionnel a forcé l'élection anticipée du 7 juin 2026. Lors de ce scrutin, Vetevendosje a obtenu 47,13 % des suffrages et 53 sièges, terminant comme le plus grand parti mais sans atteindre seul le seuil des deux tiers. Fin août 2026, Kurti a conclu un accord avec la LDK, qui détient 18 sièges, pour soutenir le professeur de droit Bekim Sejdiu à la présidence. L'accord s'est effondré le lendemain lorsque six députés de la LDK ont refusé de soutenir la nomination. Sans consensus de 80 sièges, le Kosovo risque de devoir organiser une quatrième élection législative en deux ans.
- Sièges de Vetevendosje
- 53
- Votes en faveur du cabinet Kurti
- 62
- Quorum requis pour la présidence
- 80
- Total des sièges à l'Assemblée
- 120
Priorités intérieures et tensions diplomatiques
Avant le vote, Kurti s'est adressé à l'Assemblée, déclarant que l'expansion des programmes de protection sociale et l'obtention du statut de candidat à l'adhésion à l'Union européenne constituent les priorités essentielles de son nouveau cabinet. L'instabilité institutionnelle persistante a perturbé les réformes législatives nécessaires à l'adhésion à l'UE, mettant en risque des millions d'euros d'aide financière de préadhésion de l'UE. L'impasse parlementaire actuelle est liée à de profondes divisions politiques sur la gestion par Kurti des relations avec la Serbie, en particulier les mesures unilatérales dans les municipalités du nord à majorité serbe. Les partis d'opposition soutiennent que ces politiques ont nui aux relations avec les partenaires occidentaux traditionnels, notamment les États-Unis et l'Union européenne, qui avaient auparavant appelé à une désescalade après des affrontements armés entre la police kosovare et des unités paramilitaires serbes. Le Kosovo a déclaré son indépendance de la Serbie en 2008 après la guerre de 1998-1999 et l'intervention de l'OTAN. Bien que reconnue par les États-Unis et la plupart des États membres de l'UE, l'indépendance de Pristina est rejetée par la Serbie, la Russie et la Chine, l'UE exigeant des relations normalisées entre Belgrade et Pristina pour que l'un ou l'autre pays progresse vers l'adhésion.


