
Pour le porte-parole du gouvernement, Braun doit être pris au sérieux comme une menace, pas comme un politique
Le porte-parole du gouvernement, Adam Szłapka, a déclaré mardi 13 octobre que Grzegorz Braun devait être considéré comme une menace sérieuse pour les intérêts polonais, en réponse à l'entretien accordé par le président Karol Nawrocki à Rzeczpospolita sur un pacte sénatorial de droite.
Braun et le pacte sénatorial
Le président Karol Nawrocki a déclaré à Rzeczpospolita que le parti Konfederacja Korony Polskiej dirigé par Grzegorz Braun dispose d'une représentation au Parlement et bénéficie, selon les sondages, du soutien d'une partie de l'opinion polonaise, et qu'il doit donc être considéré comme présent dans la vie politique polonaise. Interrogé sur les accusations de liens prorusses, il a répondu qu'« il existe de telles accusations » et a renvoyé à l'accolade du Premier ministre Donald Tusk avec Vladimir Poutine.
Cet entretien intervient alors que les partis de droite discutent d'un pacte sénatorial que le président Nawrocki parrainerait. Rzeczpospolita rapporte que la question de savoir si Konfederacja Korony Polskiej y serait incluse reste ouverte. Plus tôt ce week-end, PrzeKanał a publié des enregistrements dans lesquels Braun s'en prend aux proches du président, qualifiant la Chancellerie de « szmaciarzy » et de « Judenrat » après le rejet de la plupart des candidats de son parti pour les conseils consultatifs présidentiels.
Grzegorza Brauna należy traktować poważnie - jako poważne zagrożenie dla polskich interesów.
Nominations d'ambassadeurs et Tribunal constitutionnel
Szłapka a déclaré lors de la conférence de presse d'après-conseil des ministres, mardi, que les nominations d'ambassadeurs sont régies par la Constitution et les lois, ce qui ne laisse aucune place à des négociations ou à un chantage du Palais présidentiel. Il a indiqué que le président peut refuser des candidats individuels mais n'a aucune justification pour bloquer l'ensemble des nominations d'ambassadeurs. Onet rapporte que Nawrocki a déclaré qu'il ne reprendrait les discussions sur les ambassadeurs qu'avec Donald Tusk, et non avec le ministre des Affaires étrangères Radosław Sikorski.
Sur le Tribunal constitutionnel, Szłapka a déclaré que la Diète seule choisit ses juges et en assume la responsabilité, citant l'avis de la Commission de Venise.
Kwestie ambasadorskie są uregulowane w Konstytucji i ustawach, więc nie ma tu miejsca na negocjacje czy szantaże ze strony Pałacu Prezydenckiego.
Polémique sur les menaces sécuritaires
Tusk a écrit sur les réseaux sociaux « Dzięki za szczerość », citant les propos de Nawrocki sur la Russie et critiquant sa position sur Braun. Le porte-parole de la présidence, Rafał Leśkiewicz, a répliqué que cette publication déforme les propos du président, soulignant que Nawrocki n'a pas remis en cause la menace russe mais a affirmé qu'elle ne s'était pas fortement accrue ces derniers mois. Leśkiewicz a cité l'activité hybride, les opérations dans l'espace informationnel, les actes de sabotage et la situation en mer Baltique parmi les menaces, et a accusé Tusk d'utiliser la sécurité à des fins de combat politique.
Maciej Miłosz, de Rzeczpospolita, a déclaré à TOK FM qu'une attaque conventionnelle contre la Pologne est actuellement peu probable, tandis que les menaces hybrides connaissent une « cumulation », notamment un incendie criminel contre une usine d'armement à Skarżysko-Kamienna et un missile armé près de Tarnawa. Miłosz a qualifié le Conseil de sécurité nationale de « spectacle médiatique » plutôt que de véritable outil de sécurité.
Réactions de la coalition
Paweł Kowal, de KO, président de la commission des affaires étrangères de la Diète, a déclaré que le président a besoin de « plus de sérieux » sur les questions de sécurité, lors du Forum de sécurité de Varsovie en cours. Szymon Hołownia a qualifié de « totalement anhistorique » la comparaison entre Tusk et Braun et a estimé que les penchants prorusses de Braun se manifestent par la reprise de récits russes plutôt que par l'éloge de Poutine.


