
Le Fidesz rassemble des milliers de personnes à Budapest contre le projet de Péter Magyar de destituer le président et de réformer la justice
Le Fidesz, le parti de l'ancien Premier ministre Viktor Orbán, a mobilisé des milliers de personnes à Budapest jeudi pour protester contre une refonte constitutionnelle menée par le nouveau gouvernement dirigé par le Tisza.
La manifestation au château de Buda
Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées jeudi devant la présidence hongroise au château de Buda pour s'opposer au gouvernement du Premier ministre conservateur Péter Magyar. La manifestation était organisée par le Fidesz, le parti de l'ancien Premier ministre ultranationaliste Viktor Orbán, qui a gouverné la Hongrie pendant 16 années consécutives avant de perdre les élections législatives d'avril 2026. Le slogan du rassemblement était « Stop à la tyrannie », et les estimations de la fréquentation du portail d'information Hvg.hu situaient la foule à plusieurs milliers de personnes.
Le gouvernement actuel démolit l'État de droit et institutionnalise la tyrannie.
Orbán lui-même n'a pas assisté à la protestation, bien qu'il l'ait largement promue sur les réseaux sociaux dans les jours précédents. L'ancien président hongrois János Áder, cofondateur du Fidesz, s'est adressé directement à la foule.
Les amendements constitutionnels annoncés par le gouvernement signifient l'effondrement de l'État de droit et visent à destituer Sulyok illégalement.
Le paquet de réformes constitutionnelles
L'objet de la protestation est un ensemble de réformes constitutionnelles présenté au Parlement par le gouvernement du parti Tisza. Le projet de loi étend l'autonomie de l'Office national de la justice et de la Cour suprême. Il fixe également une limite d'âge de 70 ans pour qu'un magistrat puisse être nommé juge à la Cour constitutionnelle. En outre, les mesures visent à permettre la destitution du président actuel, Tamás Sulyok, un homme politique décrit par le camp Fidesz comme loyal à Orbán. La législation créerait également une entité publique chargée de récupérer les fonds présumés détournés par des oligarques proches de l'ancien régime.
Le recul démocratique de la Hongrie sous Orbán
Au cours de ses quatre mandats consécutifs de 2010 à 2026, Orbán a centralisé le pouvoir, limité l'autonomie judiciaire, exercé un contrôle sur la presse et modifié la loi électorale. Ces mesures ont conduit l'Union européenne à geler une partie des fonds alloués à la Hongrie. Le parti Tisza, dirigé par Magyar, a remporté les élections législatives de cette année avec une majorité absolue après avoir fait campagne sur la promesse de destituer les hauts fonctionnaires nommés par le précédent gouvernement, de restaurer les institutions et de répondre aux exigences de Bruxelles pour débloquer les fonds européens gelés.
- Viktor Orbán et le Fidesz entament le premier de quatre mandats consécutifs, centralisant le contrôle sur la justice, les médias et la loi électorale.
- L'Union européenne gèle une partie des fonds alloués à la Hongrie, citant le recul de l'État de droit sous Orbán.
- Péter Magyar et le parti Tisza remportent les élections législatives avec une majorité absolue, mettant fin à 16 ans de pouvoir du Fidesz.
- Le Fidesz organise une manifestation à Budapest sous le slogan « Stop à la tyrannie » contre le paquet de réformes constitutionnelles du gouvernement Magyar.
La réponse du gouvernement
L'exécutif de Péter Magyar défend le paquet de réformes comme un effort pour restaurer la démocratie constitutionnelle, arguant que le pays s'est écarté des normes démocratiques de base sous la précédente administration Fidesz. Le gouvernement qualifie les responsables de l'ère Orbán destitués de « marionnettes d'Orbán » et présente la nouvelle entité publique proposée comme un mécanisme pour récupérer l'argent perdu à cause de la corruption. En Hongrie, le chef de l'État est élu par le Parlement et non au suffrage populaire, un détail qui place la lutte autour de la présidence de Sulyok directement dans l'arène législative où le Tisza dispose d'une majorité des deux tiers.


