
Le Bundestag supprime l'obligation de 65 % d'énergie renouvelable pour le chauffage, autorise à nouveau les chaudières à gaz et au fioul à partir de 2029 avec un quota croissant de biocarburants
Le Bundestag a voté vendredi par 322 voix contre 272 l'adoption de la nouvelle loi sur la modernisation des bâtiments, supprimant l'obligation pour les nouveaux systèmes de chauffage d'utiliser 65 % d'énergie renouvelable et autorisant à nouveau l'installation de chaudières au gaz et au fioul pures.
Le Bundestag allemand a approuvé vendredi une refonte complète de la loi sur le chauffage du pays, dernier jour de séance avant la pause parlementaire estivale. La nouvelle loi sur la modernisation des bâtiments (GModB) a été adoptée par un vote nominal avec 322 voix pour et 272 contre, soutenue par la coalition gouvernementale CDU/CSU-SPD et opposée par l'AfD, les Verts et la gauche.
Fin de la règle des 65 %
Le pilier central de la loi précédente, le paragraphe 71 avec son exigence que chaque nouveau système de chauffage installé utilise au moins 65 % d'énergie renouvelable, a été supprimé. Cette règle s'appliquait aux nouveaux bâtiments dans les nouvelles zones de développement depuis son entrée en vigueur en 2024, avec des périodes de transition prolongées pour les bâtiments existants. La ministre de l'Économie Katherina Reiche (CDU) avait qualifié l'ancienne réglementation de mandat « pompe à chaleur obligatoire ». La nouvelle loi rétablit ce que le gouvernement appelle une ouverture technologique : outre les pompes à chaleur, le chauffage urbain, les modèles hybrides et les chaudières à biomasse, les propriétaires peuvent à nouveau installer des systèmes de chauffage au gaz et au fioul neufs.
Le propriétaire a de nouveau la liberté de décider quelle option de chauffage il souhaite choisir.
L'échelle bio et le quota de gaz vert
Les chaudières à gaz et au fioul nouvellement installées seront soumises à une obligation croissante d'incorporer des carburants climatiquement neutres, un mécanisme que la loi appelle « échelle bio ». À partir du 1er janvier 2029, au moins 10 % du carburant devra être respectueux du climat, passant à 15 % à partir de janvier 2030, 30 % à partir de janvier 2035 et 60 % à partir de janvier 2040. Pour les systèmes de chauffage existants, un quota distinct de gaz vert débutera en 2028 avec un maximum de 1 %, bien que les détails restent flous. L'interdiction précédente d'exploiter des chaudières à combustibles fossiles au-delà de 2045 a été levée ; en lieu et place, le gouvernement fédéral doit présenter un nouveau projet de loi avant début décembre pour garantir que les combustibles de chauffage soient totalement neutres en carbone à partir de 2045.
- Au moins 10 % de carburants climatiquement neutres requis pour les nouvelles chaudières à gaz et au fioul.
- La part minimale passe à 15 %.
- La part minimale passe à 30 %.
- La part minimale passe à 60 %.
Partage des coûts et refonte des subventions
Pour répondre aux craintes que les propriétaires n'installent des chaudières à gaz bon marché et ne répercutent les coûts croissants sur les locataires, la coalition a convenu de répartir également les risques de coûts des frais de réseau, de la tarification du CO₂ et du biogaz entre propriétaires et locataires. Mercredi, la commission budgétaire du Bundestag a approuvé un nouveau cadre de subventions pour la transition vers un chauffage respectueux du climat, applicable immédiatement. Il permet des économies globales mais oriente davantage le soutien vers les propriétaires occupants dont les revenus du ménage atteignent 30 000 euros. Malgré les réductions, environ 44 milliards d'euros sont réservés aux subventions pour l'efficacité énergétique des bâtiments jusqu'en 2030.
Opposition et obstacles juridiques
Le parti de gauche n'a pas réussi à bloquer le vote devant la Cour constitutionnelle fédérale, arguant que les députés n'avaient pas reçu suffisamment d'informations sur l'impact climatique des changements. La cour a rejeté cette contestation jeudi. Les partis d'opposition ont critiqué le projet de loi comme étant pratiquement inapplicable et ont cherché à retarder le vote jusqu'après la pause estivale. Des organisations environnementales ont mis en garde contre un recul de la protection climatique et un piège financier pour les locataires. Le Bundesrat avait déjà exprimé ses critiques en juin et pousse pour une clause de retrait permettant aux États individuels d'imposer des règles plus strictes, plusieurs Länder visant la neutralité climatique avant 2045. De nouvelles contestations judiciaires contre les amendements sont attendues.
L'ingérence bureaucratique dans la chaufferie doit cesser.
Ce qui change pour les ménages
Les propriétaires d'une chaudière à gaz ou au fioul en état de marche peuvent désormais la conserver plus longtemps que ce qui était autorisé auparavant. Ils doivent toutefois s'attendre à une hausse des coûts énergétiques à mesure que le prix du CO₂ augmentera dans les années à venir et que les frais de réseau de gaz augmenteront lorsque moins de clients utiliseront le réseau. Les conflits internationaux pourraient également faire grimper fortement les prix du pétrole et du gaz. Le gouvernement insiste sur le fait que la pompe à chaleur restera une technologie dominante, mais reconnaît que les investissements ont été timides sous l'ancienne réglementation.


