
Macron, dans son dernier discours du 14 Juillet, déclare que l'Europe défendra la liberté « au prix du sang si nécessaire »
S'exprimant à l'Hôtel de Brienne avant son dernier défilé du 14 Juillet en tant que président, Emmanuel Macron a doublé le budget de la défense depuis 2017 et a réuni 37 dirigeants alliés à Paris pour renforcer le soutien à l'Ukraine.
Une décennie de réarmement
Emmanuel Macron a prononcé son dixième et dernier discours aux forces armées françaises lundi 13 juillet 2026, utilisant l'occasion pour dresser le bilan de sa présidence en matière de défense. Le discours, prononcé depuis l'Hôtel de Brienne à Paris, a commencé avec plus de 45 minutes de retard. Macron a déclaré aux chefs militaires que le budget de la défense avait doublé depuis son arrivée au pouvoir en 2017, passant de 32 milliards d'euros à un montant prévu de 64 milliards d'euros d'ici 2027. La France consacre désormais 2,05 % de son PIB à la défense selon les critères de l'OTAN, dépassant l'objectif de 2 % qu'il avait fixé pour 2025.
Je vous ai annoncé que le budget de la défense serait augmenté, que les engagements seraient tenus et que la France et ses armées seraient dignes de leurs devoirs et responsabilités. L'engagement a été tenu, les faits sont là et l'histoire jugera.
Le président a rappelé que sa relation avec l'armée avait commencé dans la tension. En juillet 2017, le chef d'état-major des armées de l'époque, le général Pierre de Villiers, s'était publiquement opposé aux réductions budgétaires prévues, déclarant devant la commission de la défense de l'Assemblée nationale : « Je ne me laisserai pas baiser comme ça. » Macron avait répondu qu'il ne recevait « de leçons » de personne. De Villiers a démissionné cinq jours plus tard.
La loi de programmation militaire actualisée
Le Parlement a récemment adopté une actualisation de la loi de programmation militaire, allouant 436 milliards d'euros aux forces armées pour la période 2024-2030. Le plan initial prévoyait 400 milliards d'euros ; la révision ajoute 36 milliards d'euros. Macron a défini trois priorités : accroître les stocks de munitions et la préparation opérationnelle, des ressources supplémentaires pour garantir la souveraineté, et renforcer la dissuasion nucléaire française.
Avant que le Sahel ne sombre dans le chaos, avant que le Proche et le Moyen-Orient ne s'embrasent, avant que la guerre n'arrive sur le sol européen, nous avions déjà entamé notre réarmement.
Malgré les augmentations de dépenses, Macron a averti que la production industrielle reste insuffisante. Il a déclaré que la France ne produit pas de drones, d'intercepteurs, de munitions ou de missiles « assez vite ni assez fort », et a exhorté les industriels de la défense à prendre davantage de risques sans sécuriser chaque commande à l'avance. Il a noté que dire aux clients qu'ils recevront des munitions dans cinq, six ou sept ans ne vendra pas de solutions.
Le sommet de la coalition des volontaires
Plus tard dans la journée de lundi, Macron a réuni 37 dirigeants de la coalition des volontaires à Paris, dont le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Ce groupe dirigé par la France et le Royaume-Uni vise à fournir des garanties de sécurité à long terme pour l'Ukraine une fois qu'un cessez-le-feu sera en vigueur. Il s'agit de la 15e réunion de ce type organisée pour coordonner le soutien militaire à Kiev, y compris le déploiement potentiel d'une force multinationale, un point sensible compte tenu du risque que les troupes européennes deviennent des cibles pour les attaques russes.
Le sommet poursuit trois objectifs : renforcer les capacités de défense aérienne de l'Ukraine contre les frappes russes, accroître la pression sur Moscou par un nouveau paquet de sanctions de l'UE, et projeter l'unité politique et militaire des alliés de Kiev.
Le défilé du 14 Juillet
Le défilé du 14 Juillet de mardi sur les Champs-Élysées présentera, pour la première fois, près de 500 soldats internationaux défilant aux côtés des forces françaises. L'Élysée a qualifié l'édition d'« historique », avec pour thème « le réarmement stratégique de la France et le réveil stratégique de l'Europe ». Le défilé est conçu pour projeter la cohésion européenne et la force militaire à un moment de forte tension géopolitique.
Oui, la paix est notre objectif. Oui, nous chérissons la liberté et le droit. Et oui, nous sommes prêts à nous battre pour les défendre toujours, au prix du sang si nécessaire. Ce prix du sang payé par nos soldats français, morts pour la France, blessés dans leur chair ou dans leur âme.
Macron a également signalé l'intention de la France d'aider à garantir la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz, et a salué « France libre », le nom choisi pour le prochain porte-avions du pays, attendu vers 2038.
Le moment stratégique de l'Europe
Macron a soutenu que l'Europe devient une puissance à part entière et doit se consolider en tant qu'acteur stratégique. Il a positionné la France comme un partenaire fiable tenant une ligne claire : non-belligérance dans les conflits qu'elle n'a pas choisis, respect du droit international et défense de la liberté. Le discours intervient alors que le président cherche à projeter le leadership français au sein d'une alliance occidentale où les États-Unis sont perçus comme de plus en plus désengagés du continent européen.
- 2017
- 32 Mds €
- 2027 (prévision)
- 64 Mds €
- Le général Pierre de Villiers dénonce les réductions budgétaires devant la commission de la défense de l'Assemblée nationale
- De Villiers démissionne de son poste de chef d'état-major des armées après un affrontement public avec Macron
- La France atteint 2,05 % du PIB pour les dépenses de défense, dépassant l'objectif de l'OTAN
- Macron prononce son dernier discours aux forces armées ; réunit un sommet de la coalition de 37 nations
- Dernier défilé du 14 Juillet de la présidence de Macron, avec 500 soldats internationaux


