
Le Congrès américain se mobilise pour bloquer le retour de la Turquie dans le programme F-35 en raison du système S-400 russe
Un groupe bipartisan de parlementaires américains, mené par la représentante Dina Titus, fait pression sur les dirigeants de la Chambre pour qu'ils soient prêts à bloquer toute tentative de l'administration Trump de réintégrer la Turquie dans le programme F-35, avant un sommet de l'OTAN à Ankara.
Trump évoque un cadeau de défense avant le sommet de l'OTAN
Le président Donald Trump a laissé entendre un possible accord de défense avec la Turquie lors d'une réunion à la Maison-Blanche avec le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte. Interrogé sur son intention de se rendre en Turquie avec un « grand sac de cadeaux » (une référence aux demandes d'Ankara concernant les moteurs General Electric et les avions de chasse F-35), Trump a répondu par l'affirmative. Cet échange a eu lieu quelques jours avant le sommet de l'OTAN prévu à Ankara les 7 et 8 juillet 2026. Le vice-président JD Vance a ensuite confirmé qu'un processus d'examen officiel était déjà en cours pour déterminer comment une telle vente pourrait être réalisée légalement.
Le Congrès lance une contre-offensive sur deux fronts
En réponse, la représentante Dina Titus, une démocrate du Nevada, mène deux initiatives distinctes. La première est une résolution conjointe de désapprobation visant à bloquer la vente de moteurs F-110 à la Turquie, qui a été officiellement notifiée au Congrès le 24 juin, déclenchant un délai de 15 jours pour une action législative en vertu de la loi sur le contrôle des exportations d'armes (Arms Export Control Act). La seconde est une lettre adressée au chef de la majorité à la Chambre, Steve Scalise, et au chef de la minorité, Hakeem Jeffries, recueillant des signatures et les exhortant à utiliser l'article 216(c)(3) de la loi CAATSA pour déposer une autre résolution conjointe si l'administration tente de réintégrer la Turquie dans le programme F-35 sans base juridique crédible. Une lettre bipartisane distincte, déjà envoyée au secrétaire d'État Marco Rubio et au secrétaire à la Défense Pete Hegseth, avertit que le système S-400 « constitue une menace immédiate pour les avions militaires américains, y compris les F-16 et F-35, permettant aux services de renseignement russes d'acquérir des informations sur les technologies américaines sensibles si ces systèmes opèrent côte à côte ».
Le système S-400 et l'obstacle des sanctions
La Turquie a été exclue du programme F-35 en 2019 après avoir acheté le système de défense aérienne russe S-400, et en décembre 2020, la première administration Trump a imposé des sanctions CAATSA à la Présidence des industries de défense turque. Ces sanctions restent en vigueur, et les parlementaires soulignent qu'aucune preuve publique ne suggère que la Turquie a retiré le S-400 ou a remédié aux raisons des pénalités.
Réintégrer la Turquie dans le programme F-35 mettrait l'administration en conflit direct avec ses propres obligations légales.
- La Turquie est exclue du programme F-35 après avoir acheté le système de défense aérienne russe S-400.
- La première administration Trump impose des sanctions CAATSA à la Présidence des industries de défense turque.
- Les États-Unis notifient officiellement au Congrès la vente proposée de moteurs F-110 à la Turquie, ouvrant une fenêtre d'examen de 15 jours en vertu de la loi sur le contrôle des exportations d'armes.
- Le sommet de l'OTAN commence à Ankara ; le président Trump devrait discuter d'un accord de défense incluant un éventuel retour du F-35.
Alliés régionaux et préoccupations plus larges
La lettre adressée à Rubio et Hegseth met également en garde contre le fait qu'approuver la vente enverrait un signal préjudiciable aux partenaires clés des États-Unis en Méditerranée orientale.
Les parlementaires citent également la conduite régionale plus large de la Turquie, notamment ce qu'ils décrivent comme un soutien substantiel à l'Azerbaïdjan dans les opérations militaires, comme motifs supplémentaires d'exclusion d'Ankara.Une telle décision enverrait également un mauvais message aux alliés et partenaires de l'Amérique. Les partenaires clés des États-Unis en Méditerranée orientale, notamment la Grèce, Chypre et Israël, se sont constamment alignés sur les intérêts de sécurité américains et les ont soutenus.
La suite des événements
Le délai de 15 jours sur la notification des moteurs F-110 signifie que le Congrès doit agir rapidement s'il veut bloquer ce composant. Une résolution conjointe de désapprobation nécessite l'adoption par la Chambre et le Sénat, et pourrait encore faire face à un veto présidentiel, ce qui rend un soutien législatif large et rapide essentiel. La procédure parallèle basée sur la CAATSA ne peut être initiée que par le chef de la majorité ou de la minorité, ce qui, selon la lettre de Titus, rend la situation particulièrement urgente avant le sommet de l'OTAN des 7 et 8 juillet, où Trump pourrait finaliser son offre.


