En bref
Le déplacement de Kast à La Paz est la première visite officielle d'un président chilien en Bolivie depuis plus de 70 ans, après celle de Carlos Ibáñez del Campo en août 1955 selon Europa Press.
Paz et Kast ont signé des accords comprenant un mémorandum de coopération minière, les premières étapes vers une interconnexion électrique et un projet d'inversion du sens d'écoulement de l'oléoduc Sica-Sica-Arica.
Les relations sont rompues depuis mars 1978 et demeurent au niveau consulaire, le ministre de la Présidence Fernando Aramayo jugeant qu'il est trop tôt pour discuter de leur rétablissement.
AP estime à environ 70 % la part du commerce extérieur bolivien transitant par les ports du nord du Chili, tandis qu'El País cite des données du Puerto Seco de Oruro montrant que plus de 76 % des importations et exportations passent par Iquique et Arica.
- 16 octobre, tôt le matinKast atterrit à l'aéroport d'El Alto, près de La Paz
- 16 octobre, après l'arrivéePaz accueille Kast sur la place Murillo avec les honneurs militaires
- 16 octobre, entretiens privésLes dirigeants se rencontrent en privé, puis s'entretiennent avec les ministres et les gouverneurs frontaliers
- 16 octobre, pendant la visiteSignature d'accords sur l'énergie, les mines, la sécurité et les infrastructures
Une première visite en 71 ans
Le président chilien José Antonio Kast a atterri tôt vendredi 16 octobre 2026 à l'aéroport d'El Alto, près de La Paz, ouvrant la première visite officielle d'un chef d'État chilien en Bolivie depuis plus de 70 ans. Le ministre bolivien des Affaires étrangères Héctor Huanca et le gouverneur de La Paz Luis Revilla l'y ont accueilli, et il voyageait avec le ministre chilien des Affaires étrangères Francisco Pérez Mackenna, la ministre de l'Énergie Ximena Rincón et les gouverneurs des régions chiliennes frontalières de la Bolivie. Sur la place Murillo, devant le palais présidentiel, le président bolivien Rodrigo Paz l'a salué avec les honneurs militaires. Les deux dirigeants se sont entretenus en privé avant de tenir des discussions avec les ministres et les gouverneurs frontaliers des deux pays. Kast avait assisté à l'investiture de Paz en novembre 2025, ce qui fait de cette rencontre leur deuxième entrevue. Dans un message publié sur X, Kast a écrit :
« Aujourd'hui, après 71 ans, un président du Chili revient en visite officielle à La Paz. Commençons à construire ensemble l'avenir de nos nations. »
Accords sur l'énergie, la sécurité et le commerce
Paz et Kast ont signé des accords portant sur l'énergie, la sécurité et les infrastructures. Ils comprennent un mémorandum sur la coopération minière et les premières étapes vers l'interconnexion des réseaux électriques des deux pays. Les gouvernements ont également soutenu un projet de corridor transocéanique de fibre optique destiné à relier les océans Pacifique et Atlantique à travers les deux territoires. Sur les carburants, ils ont convenu de faire avancer un projet d'inversion du sens d'écoulement de l'oléoduc entre Sica-Sica et Arica. Le ministre bolivien de la Présidence Fernando Aramayo a déclaré que l'objectif est de permettre au pays d'importer de grands volumes de carburant depuis le Chili, alors que les pénuries et la hausse des prix pèsent sur l'administration de Paz. En matière de sécurité, les pays se sont engagés à une coordination plus étroite entre les forces de police, à un échange de renseignements et à une gestion conjointe des flux migratoires. Selon AP, les deux gouvernements ont également rejoint la coalition Bouclier des Amériques de l'administration Trump contre le trafic de drogue.
Commerce, ports et la question du Pacifique
La Bolivie est enclavée depuis la guerre du Pacifique et dépend encore largement des ports chiliens. AP estime à environ 70 % la part de son commerce extérieur transitant par le nord du Chili, tandis qu'El País, citant des données douanières du Puerto Seco de Oruro, indique que plus de 76 % de ses importations et exportations passent par Iquique et Arica. Parmi les sujets abordés figurait la réactivation du chemin de fer Arica-La Paz comme corridor commercial international. Paz a également proposé au Chili un accès à la voie navigable Paraguay-Paraná, qui relie le Brésil, le Paraguay, l'Argentine et l'Uruguay à l'Atlantique. Selon AP, la revendication bolivienne d'un corridor terrestre vers le Pacifique était absente de l'ordre du jour. Paz a déclaré dans son allocution que la constitution bolivienne contient toujours la revendication maritime, même si le pays ne peut pas lier son développement à cette histoire. Kast a reconnu de réelles divergences historiques et a estimé qu'elles ne pouvaient pas servir d'excuse à la paralysie.
Des relations toujours gelées
La Bolivie et le Chili n'ont plus de relations au niveau des ambassadeurs depuis mars 1978, et leurs liens se limitent depuis lors aux consulats. Le rétablissement de relations diplomatiques complètes ne figurait pas à l'ordre du jour, ont indiqué des responsables. Aramayo a déclaré qu'il était trop tôt pour en discuter et que changer d'approche prendrait du temps :
« C'est trop tôt. Il y a un chemin à parcourir pour changer l'approche des relations, et cela prendra du temps. »
Kast a dit à Paz que les deux pays avaient cessé de se tourner le dos, et que les entretiens visaient à commencer à écrire un nouveau chapitre plutôt qu'à marquer un geste. La visite laisse le vide diplomatique en place tandis que les deux gouvernements poursuivent leur coopération sur le commerce, la sécurité frontalière et les questions consulaires.