
Attaque jihadiste au Mali à Dioura : au moins 100 soldats et cinq paramilitaires russes tués
Des sources au Mali ont confirmé qu'une attaque de JNIM, affilié à Al-Qaïda, contre la base militaire de Dioura a fait plus de 100 soldats maliens et cinq combattants russes de l'Africa Corps morts, et des dizaines de capturés.
Attaque de la base militaire de Dioura
Le 10 septembre 2026, des militants affiliés à Jama'at Nasr al-Islam wal-Muslimin (JNIM), une branche d'Al-Qaïda au Sahel, ont lancé un assaut contre le camp militaire malien de Dioura, situé dans la région centrale de Mopti. L'affrontement s'est transformé en une bataille rangée de plus de trois heures avant que les troupes maliennes ne se retirent du périmètre. Immédiatement après l'affrontement, l'avant-poste a été abandonné par les forces nationales et dépouillé de ses stocks d'armes et de véhicules de transport. Dioura sert de l'une des principales garnisons du centre du Mali et a subi des assauts répétés d'insurgés ces dernières années, dont un raid de JNIM en mai 2025 qui a fait environ 40 morts. Une semaine entière après l'engagement de septembre 2026, les forces gouvernementales n'étaient pas revenues pour réoccuper la base.
Chiffres révisés des pertes
Les premières évaluations recueillies sur le terrain dans les jours suivant l'assaut indiquaient qu'environ 50 soldats maliens et cinq combattants russes avaient été tués. Au 18 septembre 2026, plusieurs sources militaires, sécuritaires et administratives locales ont confirmé à l'AFP que le bilan vérifié dépassait les 100 soldats maliens, dont deux officiers. Cinq paramilitaires russes appartenant à l'Africa Corps ont également été confirmés morts aux côtés des soldats réguliers. Un rapport de mission rédigé par la prévôté militaire malienne (la prevote) faisait état d'environ 100 soldats disparus, une trentaine de blessés et une trentaine de capturés. Un élu local de la région a corroboré les chiffres plus élevés, notant que plus de 80 soldats avaient été faits prisonniers lors de la prise de l'installation.
- JNIM attaque le camp militaire de Dioura, faisant environ 40 morts
- Des militants de JNIM assaillent la base militaire de Dioura lors d'une bataille de trois heures
- JNIM revendique via Az-Zallaqa avoir neutralisé 150 soldats et fait 93 prisonniers
- Des sources sécuritaires et locales confirment à l'AFP que plus de 100 soldats maliens ont été tués
Propagande et détails tactiques
Le 17 septembre 2026, JNIM a publié un bilan via son réseau de propagande officiel, Az-Zallaqa, affirmant que ses forces avaient neutralisé 150 soldats et fait 93 prisonniers. L'organisation a ensuite diffusé des enregistrements vidéo montrant des dizaines de soldats maliens capturés récitant leurs noms et numéros de matricule devant la caméra. Les vidéos montraient également de grandes quantités de matériel de guerre capturé, des armes lourdes et des véhicules des Forces armées maliennes pris dans l'installation. Dans un enregistrement, un soldat malien captif s'exprimant en bambara a déclaré qu'après trois heures de combats, l'unité avait été contrainte de battre en retraite après avoir subi de lourdes pertes. Une source sécuritaire régionale a indiqué que plusieurs soldats stationnés à Dioura manquaient d'expérience au combat, notant qu'ils effectuaient leur premier déploiement sur le terrain et se battaient sans soutien aérien.
- Estimation initiale sur le terrain
- 50 soldats
- Sources sécuritaires à l'AFP
- 100 soldats
- Revendication de JNIM
- 150 soldats
Réponse de l'État et inquiétudes locales
Les Forces armées maliennes (FAMA) ont déclaré avoir lancé des opérations combinées aériennes et terrestres contre les auteurs, affirmant que les forces de l'État avaient neutralisé des dizaines de combattants jihadistes liés à Al-Qaïda. La direction militaire à Bamako n'a pas publié de bilan officiel des pertes pour la base de Dioura. Les habitants des communautés environnantes ont exprimé leur détresse face à l'absence de renforts aériens ou terrestres rapides pendant les combats et à l'abandon ultérieur de la garnison. Le raid représente l'une des attaques les plus meurtrières subies par l'armée malienne au cours du conflit de 15 ans dans ce pays d'Afrique de l'Ouest.


