
Le bilan de la guerre civile au Myanmar dépasse les 100 000 morts, selon les données d'ACLED
Le projet de données sur les conflits armés et les événements (ACLED) rapporte 100 114 morts depuis le coup d'État militaire de 2021, ce qui en fait le conflit le plus meurtrier d'Asie.
Le bilan
Le projet de données sur les conflits armés et les événements (ACLED), une ONG américaine qui suit la violence politique à travers les rapports médiatiques, a annoncé mercredi que 100 114 personnes ont été tuées au Myanmar depuis que l'armée a pris le pouvoir en 2021. Ce chiffre inclut toutes les parties au conflit et marque la première fois qu'un décompte complet franchit le seuil des 100 000. Les données d'ACLED, publiées le 1er juillet 2026, reflètent l'ampleur d'une guerre qui a impliqué des dizaines de groupes armés et déplacé des millions de personnes.
Comment le conflit a commencé
La décennie de transition démocratique du Myanmar s'est brusquement terminée le 1er février 2021, lorsque l'armée a renversé le gouvernement élu d'Aung San Suu Kyi et arrêté la lauréate du prix Nobel de la paix. Des manifestations de rue massives ont éclaté dans tout le pays, mais les forces de sécurité ont répondu par la force létale. La répression a poussé de nombreux militants pro-démocratie hors des villes et dans les campagnes, où ils ont pris les armes aux côtés d'organisations armées ethniques qui combattaient le gouvernement central depuis des décennies.
Une résistance fragmentée
L'opposition se compose désormais d'une coalition lâche de défecteurs urbains, de groupes d'étudiants et d'armées ethniques de longue date comme l'Union nationale karen et l'Armée arakanaise. Les combats se sont étendus des régions frontalières aux plaines centrales, et la junte a répondu par des frappes aériennes et des tirs d'artillerie. Les analystes cités par les organisations de presse décrivent le conflit comme le plus meurtrier actuellement en cours en Asie, dépassant même la guerre en Afghanistan en termes de décès annuels.
Aucun bilan officiel
Il n'existe aucun bilan officiel ni de la part de la junte militaire ni du gouvernement d'unité nationale de l'opposition. Les estimations varient considérablement et la vérification indépendante est difficile en raison de l'accès restreint aux zones de conflit. Le décompte d'ACLED est basé sur des incidents rapportés par les médias locaux et internationaux, ce qui signifie que le nombre réel est probablement plus élevé. L'organisation a précédemment averti que ses chiffres sont conservateurs.
Une guerre de cinq ans
Le conflit dure maintenant cinq ans, sans signe de règlement négocié. La junte contrôle les principales villes mais fait face à des attaques quotidiennes dans les zones rurales. Les sanctions internationales n'ont pas réussi à déloger les généraux, tandis que la résistance reste fragmentée. Le chiffre de 100 114, bien que déjà très élevé, est largement considéré comme une sous-estimation du coût humain réel.


