
Le bénéfice de Shell au T2 plus que double à 9,84 milliards de dollars, la guerre en Iran dopant le trading et les prix du pétrole
La hausse des prix du pétrole et du gaz ainsi que la solide performance de trading, alimentées par la guerre américano-israélienne contre l'Iran, ont porté le bénéfice ajusté de Shell à 9,84 milliards de dollars, dépassant les prévisions des analystes et plus que doublant sur un an.
Bénéfice en forte hausse
Shell a annoncé jeudi un bénéfice ajusté de 9,84 milliards de dollars pour le deuxième trimestre 2026, plus du double des 4,26 milliards enregistrés un an plus tôt. Ce chiffre, équivalent à 8,6 milliards d'euros, était environ 10 % supérieur au consensus de 8,92 milliards de dollars compilé par l'entreprise et marque une augmentation de 42 % par rapport au premier trimestre. Il s'agit du bénéfice trimestriel le plus élevé que le géant britannique de l'énergie ait enregistré depuis 2022. La mesure du bénéfice ajusté exclut les éléments exceptionnels et est suivie de près par les investisseurs comme indicateur de la performance sous-jacente. Un an plus tôt, Shell avait gagné 4,26 milliards de dollars, alors que les prix du pétrole et du gaz étaient plus bas et les marchés plus calmes.
- T2 2025
- 4.26 mds $
- Consensus des analystes
- 8.92 mds $
- T2 2026
- 9.84 mds $
Perturbation des marchés liée à la guerre
La guerre américano-israélienne contre l'Iran a gravement perturbé les flux énergétiques via le détroit d'Ormuz, un conduit essentiel pour les approvisionnements mondiaux en pétrole et en GNL. Le conflit a fait grimper fortement les prix du brut et du GNL et a injecté une volatilité inhabituelle sur les marchés des matières premières. La grande activité de trading de Shell a pu exploiter ces perturbations : les fluctuations de prix créent des écarts plus importants entre acheteurs et vendeurs, davantage d'opportunités d'arbitrage et une demande accrue de couverture de la part de clients tels que les services publics et les compagnies aériennes. Parallèlement, la hausse des prix de référence a augmenté la valeur de la propre production amont de pétrole et de gaz de l'entreprise. Les concurrents BP et TotalEnergies ont également annoncé des aubaines de résultats liées au même conflit, l'ensemble du secteur bénéficiant des perturbations de l'offre.
Production en baisse mais marges compensatrices
Si les bénéfices ont bondi, la production physique de Shell s'est contractée. La production de gaz a chuté de 31 % par rapport au trimestre précédent, principalement en raison des perturbations à l'usine Pearl GTL au Qatar, une installation affectée par les combats régionaux. L'entreprise a indiqué que la guerre était la principale raison de cette baisse de production. Le recul des volumes a été plus que compensé par le meilleur résultat de trading et l'amélioration des marges de raffinage et de pétrochimie, qui ont toutes deux bénéficié du même environnement de prix et de volatilité. L'amélioration des marges pétrochimiques a contribué à la composition des bénéfices, inversant une période de faiblesse dans ce segment.
Maintien des retours aux actionnaires
Shell a indiqué qu'il maintiendrait son programme trimestriel de rachat d'actions à 3 milliards de dollars pour les trois prochains mois. Il prévoit également de réaliser 1,2 milliard de dollars de rachats supplémentaires qui avaient été différés du trimestre précédent, lorsque l'entreprise avait priorisé l'acquisition d'ARC Resources. Le rachat avait été réduit à 3 milliards de dollars en mai, et les actions de Shell ont sous-performé celles de BP et de TotalEnergies jusqu'à présent cette année. Le rythme trimestriel de 3 milliards de dollars est inférieur aux niveaux plus élevés observés plus tôt dans l'année, reflétant une allocation de capital plus prudente.
Commentaires du PDG
Le directeur général Wael Sawan a attribué ces solides résultats à l'exécution opérationnelle de l'entreprise dans un contexte de grave perturbation des marchés.
Notre performance opérationnelle a permis d'obtenir des résultats très solides au cours d'un nouveau trimestre marqué par de graves perturbations sur les marchés mondiaux de l'énergie.


