
Le gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, rejette les accusations de trahison et les menaces judiciaires de Jean-Luc Mélenchon
Le gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, a déclaré qu'il ne se laisserait pas intimider après que le leader de gauche Jean-Luc Mélenchon l'a menacé de poursuites pour trahison à propos de ses propos sur la dette publique française.
Avertissements de la banque centrale et accusations de trahison
Le différend a éclaté après que le gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, a averti dans un entretien au Financial Times le 5 octobre 2026 que la France risquait d'être étranglée par les taux d'intérêt sans mesures budgétaires pour stabiliser les finances publiques. Emmanuel Moulin a déclaré que l'adoption d'un budget visant à réduire les dépenses et le déficit rassurerait les marchés financiers, tout en précisant que la France n'était pas dans la même situation que la Grèce lors de la crise de la zone euro. En réponse, le leader de La France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a publié le 6 octobre 2026 sur X un message accusant Emmanuel Moulin d'un acte de trahison pour avoir pris la parole contre la France à l'étranger et encouragé les spéculateurs. Jean-Luc Mélenchon a déclaré qu'Emmanuel Moulin ferait l'objet de poursuites pénales si le parti de gauche accédait à la présidence en 2027, affirmant qu'aucune prescription ne protégerait le banquier central.
Jean-Luc Mélenchon a réitéré ses critiques sur les réseaux sociaux :
Le banquier central français, ancien collaborateur direct de Macron, prend publiquement parti contre son pays à l'étranger en appelant implicitement les spéculateurs à punir la France à cause de mes propositions. C'est un acte de trahison. Il n'y aura pas de prescription en 2027. Il sera poursuivi pour cela.
Indépendance de la banque centrale et comparaison avec Trump
Intervenant sur France Inter le matin du 7 octobre 2026, Emmanuel Moulin a rejeté les menaces et réaffirmé sa détermination à s'exprimer ouvertement. Il a établi un parallèle entre les avertissements de poursuites de Jean-Luc Mélenchon et la pression publique de Donald Trump contre l'ancien président de la Réserve fédérale Jerome Powell aux États-Unis. Emmanuel Moulin a souligné que l'indépendance du gouverneur de la Banque de France est ancrée dans la législation nationale française et les traités de l'Union européenne. Interrogé sur son intention d'achever son mandat de six ans si Jean-Luc Mélenchon était élu à la présidence en 2027, Emmanuel Moulin a affirmé qu'il resterait en fonction.
Emmanuel Moulin a abordé directement la pression politique lors de l'émission :
Jusqu'à présent, je ne connaissais qu'un seul pays où l'on cherchait à intimider le banquier central, et c'est l'Amérique de Trump. Je ne me laisserai pas intimider.
Objectifs de déficit budgétaire et rejet d'un allègement de la BCE
Emmanuel Moulin a évoqué les conditions économiques auxquelles la France fait face, citant un écart de taux d'emprunt de 1,31 point de pourcentage entre les obligations souveraines françaises et allemandes le matin du 7 octobre 2026. Il a déclaré que le pays avait connu un dérapage budgétaire en 2026 en raison d'une croissance économique plus faible et a exhorté les législateurs à adopter un budget 2027 maintenant le déficit public sous 5 % du produit intérieur brut. Le coût annuel du service de la dette augmente de 10 milliards d'euros, ce qui, selon Emmanuel Moulin, consomme directement les recettes fiscales et évince d'autres priorités de dépenses publiques. Emmanuel Moulin a également répondu aux demandes distinctes formulées le 6 octobre 2026 par la leader du Rassemblement national, Marine Le Pen, qui appelait à une intervention directe de la Banque centrale européenne pour calmer les coûts d'emprunt souverains. Emmanuel Moulin a rejeté cette proposition, rappelant que le mandat de la Banque centrale européenne est strictement limité au maintien de la stabilité des prix autour d'un objectif d'inflation de 2 % plutôt qu'à la gestion des budgets nationaux souverains.
- Emmanuel Moulin avertit dans le Financial Times que la France risque une pression budgétaire liée aux taux d'intérêt.
- Jean-Luc Mélenchon menace Emmanuel Moulin de poursuites pour trahison s'il est élu en 2027.
- Emmanuel Moulin défend l'indépendance de la banque centrale sur France Inter et rejette les menaces politiques.
- Jean-Luc Mélenchon publie une nouvelle critique sur X contestant le mandat institutionnel d'Emmanuel Moulin.
Attaques politiques soutenues avant la campagne de 2027
Après les propos radiophoniques d'Emmanuel Moulin, Jean-Luc Mélenchon a repris ses attaques publiques sur X le 7 octobre 2026, contestant la légitimité institutionnelle du gouverneur et sa proximité avec l'exécutif. Jean-Luc Mélenchon a critiqué le président Emmanuel Macron pour avoir nommé un conseiller de son équipe technique à la tête de la banque centrale, après la nomination d'Emmanuel Moulin en juin 2026 pour succéder à François Villeroy de Galhau. Le leader de gauche a également demandé si un responsable non élu devait faire des commentaires publics sur la gestion économique nationale. Des responsables de la banque centrale avaient précédemment qualifié la proposition de Jean-Luc Mélenchon d'annuler la dette souveraine française détenue par la Banque centrale européenne d'illégale, dangereuse et inutile. Emmanuel Moulin a réitéré que les partis politiques doivent s'accorder sur des mesures budgétaires avant la fin de l'année pour stabiliser les coûts d'emprunt publics.


