
Lavrov rejette une pause des combats lors d'éventuelles discussions sur l'Ukraine au Conseil de sécurité de l'ONU
Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a déclaré mercredi au Conseil de sécurité de l'ONU que Moscou ne suspendrait pas ses opérations militaires lors d'éventuelles négociations de paix, rejetant les propositions européennes d'une trêve temporaire.
Position de Lavrov sur les négociations et les opérations de combat
Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a annoncé mercredi au Conseil de sécurité de l'ONU que la Russie ne suspendrait pas sa campagne militaire en Ukraine pendant d'éventuelles négociations de paix. S'adressant à la salle du Conseil à New York, Lavrov a déclaré que Moscou est prêt à négocier pour parvenir à ce qu'il a décrit comme une paix juste et durable. Il a souligné que le président russe Vladimir Poutine a réaffirmé à plusieurs reprises cette volonté de s'engager dans un dialogue diplomatique sous divers formats potentiels. Cependant, Lavrov a insisté sur le fait que les rencontres diplomatiques passées avaient appris à Moscou à ne pas interrompre son opération militaire spéciale pendant les discussions. Il a explicitement rejeté les appels à un cessez-le-feu immédiat avant les négociations, déclarant que de telles mesures ne seraient accordées en aucun cas pendant une diplomatie active.
Ayant appris de l'expérience difficile, nous ne suspendrons pas l'opération militaire spéciale pendant la durée des négociations, quel que soit le format dans lequel elles se déroulent.
Accusations russes contre l'aide militaire européenne
Lavrov a adressé de vives critiques aux gouvernements européens lors de son discours au Conseil. Il a soutenu que les nations européennes exigent une cessation des hostilités uniquement pour gagner du temps et reconstituer les stocks militaires épuisés des forces ukrainiennes. Selon Lavrov, les puissances européennes veulent utiliser toute pause opérationnelle pour inonder Kiev de nouvelles livraisons d'armes et de munitions. Il a en outre affirmé que les autorités ukrainiennes avaient depuis longtemps recours à des méthodes ouvertement terroristes par désespoir sur le champ de bataille. En rejetant un cessez-le-feu, le ministre russe des Affaires étrangères a maintenu que Moscou entend empêcher les alliés occidentaux de reconstruire la capacité de défense de l'Ukraine pendant que les négociations sont en cours.
Propositions de moratoire sur les frappes énergétiques et échanges diplomatiques
Les déclarations au Conseil de sécurité ont fait suite à une activité diplomatique de haut niveau aux Nations unies plus tôt dans la semaine. Mardi, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré que Kiev est prêt à instaurer un moratoire sur les frappes contre les infrastructures énergétiques, à condition que Moscou accepte un arrêt réciproque du ciblage de ces installations. Le même jour, le président américain Donald Trump s'est adressé à l'Assemblée générale de l'ONU, déclarant aux États membres qu'un règlement négocié entre l'Ukraine et la Russie serait atteint plus rapidement que certains ne le pensent. En outre, Lavrov s'est adressé au Conseil de sécurité immédiatement après avoir conclu une réunion privée avec le secrétaire d'État américain Marco Rubio à New York. Malgré l'engagement bilatéral et la proposition publique de Kiev concernant les sites énergétiques, Moscou a fermement rejeté toute pause localisée ou générale des combats.
Réactions occidentales et tensions au Conseil de sécurité
Le débat au Conseil de sécurité a mis face à face des responsables ukrainiens et russes, alors que les alliés européens lançaient des avertissements sur la guerre, qui a commencé il y a plus de quatre ans. Avant la session à New York, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a prévenu que les actions militaires russes posent des dangers directs bien au-delà des frontières de l'Ukraine.
La Russie s'en prend à l'Europe dans son ensemble.
Les délégués occidentaux ont contesté les affirmations de Lavrov concernant l'aide européenne, arguant que l'agression du Kremlin continue de menacer la sécurité continentale au sens large. Les diplomates français ont souligné que le soutien militaire à Kiev reste nécessaire pour répondre aux opérations russes. La session du Conseil s'est achevée sans accord sur une trêve temporaire ni sur le moratoire proposé sur les frappes énergétiques, laissant les deux nations engagées dans les combats tandis que les canaux diplomatiques restent dans l'impasse.
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