Saudi Aramco réduit jusqu'à 5 dollars le baril ses prix du brut pour l'Asie en novembre
Saudi Aramco a réduit jusqu'à 5 dollars le baril ses prix de vente officiels pour les livraisons de brut en Asie en novembre, afin de compenser des taux de fret pétrolier élevés, tout en relevant ses formules pour les acheteurs européens.
Baisses de prix sur l'ensemble des qualités asiatiques
Le producteur public Saudi Aramco a abaissé ses prix de vente officiels pour les livraisons de brut de novembre aux acheteurs asiatiques, à rebours des attentes des traders qui tablaient sur une hausse. La compagnie pétrolière publique a fixé son Arab Light, sa qualité phare, à 5 dollars le baril sous la moyenne Oman/Dubaï, soit une baisse mensuelle de 3 dollars. Il s'agit de la plus forte décote sur cette qualité depuis juin 2020. Les enquêtes de marché de Reuters projetaient une hausse de 3 dollars pour suivre la progression des prix de référence du Moyen-Orient, tandis que certains analystes anticipaient des hausses allant jusqu'à 5 dollars. Aramco a appliqué des réductions plus marquées à ses bruts plus lourds, abaissant de 5 dollars le baril les prix de vente officiels de l'Arab Medium et de l'Arab Heavy destinés à l'Asie.
- Asie (Arab Light)
- -3 $/bbl
- Asie (Arab Medium et Heavy)
- -5 $/bbl
- Europe du Nord-Ouest (toutes qualités)
- 3 $/bbl
- États-Unis
- 0 $/bbl
Flambée du fret et cargaisons redirigées
Les réductions de prix visent à protéger les parts de marché en Asie, alors que les producteurs du golfe Persique se disputent les raffineurs et que les acheteurs font face à des coûts de transport élevés. Les taux d'affrètement journaliers d'un Very Large Crude Carrier capable de transporter 2 millions de barils du golfe Persique vers la Chine ont grimpé à 1,2 million de dollars, contre environ 80 000 dollars un an plus tôt. Pour alléger les contraintes logistiques et gérer les risques liés au conflit régional, Aramco a développé à partir de septembre les transferts de brut de navire à navire en dehors du détroit d'Ormuz. Les livraisons de brut du Moyen-Orient via le détroit ont atteint 98 % des volumes d'avant le conflit selon les estimations de JPMorgan, même si les risques de sécurité maritime demeurent. Aramco a demandé aux raffineurs asiatiques de préciser leurs volumes d'enlèvement préférés entre les terminaux du Golfe, le port de Yanbu sur la mer Rouge et le terminal méditerranéen de Sidi Kerir.
- Un an plus tôt
- 80000 $/jour
- Octobre 2026
- 1200000 $/jour
Hausses en Europe et réserves mondiales
Tout en réduisant ses prix en Asie, Saudi Aramco a relevé ses formules de novembre pour les acheteurs européens après la reprise des opérations d'exportation à Yanbu. Les prix de vente officiels de toutes les qualités de brut expédiées vers l'Europe du Nord-Ouest ont augmenté de 3 dollars le baril, les prix méditerranéens étant également revus à la hausse. Les prix pour les clients des États-Unis sont restés inchangés. Sur le plan international, le G7 et l'Agence internationale de l'énergie ont coordonné la gestion des réserves, l'AIE confirmant qu'environ 325 millions de barils de brut avaient été libérés depuis mars 2026, sur les 400 millions promis. Le président français Emmanuel Macron a présidé le 2 octobre une session virtuelle du G7 où les dirigeants ont convenu de libérer 100 millions de barils de diesel et d'autres produits raffinés.
Sécurité régionale et réaction du marché
Les références pétrolières ont reculé après l'annonce des prix, le West Texas Intermediate cédant 0,91 % à 90,28 dollars le baril sur le NYMEX et le Brent perdant 0,38 % à 101,86 dollars sur l'ICE. Ces baisses sont intervenues parallèlement à de nouveaux incidents sécuritaires dans la péninsule Arabique. Les forces houthies ont lancé le 4 octobre des missiles balistiques et des drones contre des installations d'Aramco à Riyad et dans la région pétrolière orientale de Khurais, présentant ces frappes comme des représailles aux opérations militaires du gouvernement au Yémen. June Goh, analyste senior du marché des carburants chez Sparta Commodities SA, a souligné l'exposition opérationnelle persistante des différents nœuds énergétiques de la région.
Les pipelines, les raffineries et les infrastructures de chargement pétrolier restent vulnérables aux attaques des houthis. Cela pourrait compliquer le maintien d'une production pétrolière élevée par l'Arabie saoudite pour approvisionner le marché via la route de la mer Rouge.
Le 4 octobre, l'alliance OPEP+ a décidé de maintenir ses objectifs de production de brut existants pour novembre, des délégués n'anticipant aucune nouvelle révision des quotas avant 2027.


