
L'APCE adopte la résolution 2674 évaluant la démocratie grecque, entre progrès économiques et inquiétudes sur l'État de droit
L'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe a adopté la résolution 2674 à Strasbourg le 29 septembre 2026, saluant la reprise économique d'après-crise tout en exigeant des enquêtes indépendantes sur les écoutes Predator et sur la catastrophe ferroviaire de Tempi.
Évaluation à Strasbourg
Dans la nuit du mardi 29 septembre 2026, l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe a adopté la résolution 2674 lors de sa session à Strasbourg. Le vote a marqué la conclusion de la première évaluation périodique de la Grèce au titre de ses obligations statutaires d'État membre depuis 2018. La résolution a été rédigée sur la base d'un rapport de la commission de suivi, conduite par les co-rapporteures Laura Castel, d'Espagne, et Miapetra Kumpula-Natri, de Finlande. Dans le texte adopté, l'assemblée évalue le système démocratique grec comme solidement ancré et résilient, tout en indiquant que la consolidation de l'État de droit exige des efforts soutenus et un dialogue politique constructif à travers tout l'éventail politique.
- L'APCE procède à sa précédente évaluation périodique de suivi de la Grèce.
- L'APCE adopte la résolution 2674 à Strasbourg sur la base du rapport de la commission de suivi.
- Les secteurs de l'opposition grecque publient un communiqué conjoint exigeant des comptes du gouvernement.
Reprise économique et réformes juridiques
La résolution reconnaît que la Grèce a accompli des progrès économiques et sociaux substantiels après la profonde récession de 2009 à 2015, obtenus au prix de sacrifices importants consentis par les citoyens grecs. Les chiffres officiels intégrés à l'examen de l'assemblée enregistrent une baisse du chômage global, de 20,7 % en 2017 à moins de 8 %, accompagnée d'une chute du chômage des femmes, de 25 % à 9,8 %, son plus bas niveau depuis le début des statistiques. La Grèce a par ailleurs réduit de 30 points de pourcentage son ratio de dette publique rapportée au PIB durant l'après-crise. L'assemblée a également salué des avancées législatives et des progrès en matière de droits humains, notamment la ratification de la convention d'Istanbul sur la lutte contre la violence à l'égard des femmes, l'adoption des protocoles 15 et 16 de la Convention européenne des droits de l'homme et la reconnaissance légale du mariage entre personnes de même sexe.
- Niveau précédent
- 25 %
- Niveau actuel
- 9.8 %
Examen de la surveillance, des transports et des migrations
Parallèlement aux indicateurs économiques positifs, l'assemblée détaille des difficultés institutionnelles persistantes dans la gouvernance et la justice grecques. La résolution exprime des préoccupations formelles concernant des allégations de corruption impliquant de hauts responsables publics, ainsi que des ingérences gouvernementales signalées dans des enquêtes judiciaires sensibles. Sur l'usage du logiciel de surveillance Predator contre des responsables politiques et des journalistes, l'assemblée exhorte les autorités grecques à mener des enquêtes rapides, indépendantes et efficaces sur tous les incidents confirmés ou allégués. Le texte demande l'application de sanctions pénales ou administratives contre les responsables et que les autorités de régulation comme les personnes visées aient pleinement accès aux registres de surveillance. La résolution cite aussi des préoccupations de corruption à l'agence de paiement OPEKEPE, des violences signalées de forces de sécurité contre des migrants, des règles juridiques restrictives pour les organisations de la société civile travaillant sur les migrations et l'asile, et des retards dans l'exécution de contrats d'infrastructures ferroviaires financés par l'Union européenne, liés à la catastrophe ferroviaire de Tempi.
Réaction de l'opposition nationale
Après l'adoption de la résolution à Strasbourg, les secteurs Justice et Politique étrangère d'ELAS ont publié un communiqué conjoint sur les conclusions. Les secteurs du parti qualifient la résolution 2674 de réquisitoire contre l'état des institutions démocratiques et de l'État de droit sous l'administration du Premier ministre Kyriakos Mitsotakis. Ils pressent le gouvernement de répondre directement aux conclusions européennes sur les écoutes, le financement des infrastructures et la transparence administrative. L'opposition affirme que la résolution rappelle que de multiples scandales gouvernementaux ne peuvent être dissimulés, et conclut par un avertissement sur la responsabilité institutionnelle à venir :
Bientôt, M. Mitsotakis devra rendre des comptes lui-même : à la justice, au peuple grec et aux institutions européennes. Et là, il ne pourra pas invoquer le droit de garder le silence.

