L'Andalousie affiche le risque de pauvreté le plus élevé d'Espagne, à 34,7 %, selon le rapport 2026 de l'EAPN-ES
Le taux de pauvreté et d'exclusion AROPE s'établit à 25,7 % en Espagne, avec des écarts régionaux allant jusqu'à 20 points, selon le rapport de l'EAPN-ES publié le 15 octobre 2026.
Le tableau national
Le XVIe rapport « El Estado de la Pobreza » de l'EAPN-ES, publié le 15 octobre 2026, situe le taux AROPE (risque de pauvreté et/ou d'exclusion) de l'Espagne à 25,7 % de la population pour 2025, soit 12,6 millions de personnes. L'indicateur est stable par rapport à l'année précédente, et le rapport souligne qu'en quinze ans il n'est jamais descendu sous les 25 %. Les écarts régionaux atteignent jusqu'à 20 points de pourcentage, le sud étant le plus mal placé : l'Andalousie (34,7 %), la Castille-La Manche (34 %) et la région de Murcie (32,5 %) enregistrent les taux AROPE les plus élevés, tandis que le Pays basque (14,7 %), les îles Baléares (15,2 %) et la Navarre (16,5 %) affichent les plus faibles.
- Andalousie
- 34.7 %
- Castille-La Manche
- 34 %
- Région de Murcie
- 32.5 %
- Îles Canaries
- 31.2 %
- Communauté valencienne
- 30.7 %
- Espagne (national)
- 25.7 %
- Castille-et-León
- 24.1 %
- Navarre
- 16.5 %
- Îles Baléares
- 15.2 %
- Pays basque
- 14.7 %
Les écarts régionaux
L'EAPN Andalousie a présenté son rapport à Séville à la veille de la Journée internationale pour l'élimination de la pauvreté, le 17 octobre. Le taux AROPE de la région, à 34,7 %, correspond à environ trois millions de personnes et se situe neuf points au-dessus de la moyenne nationale, même s'il a reculé de 0,9 point par rapport à 2024, soit environ 67 000 personnes de moins. Le taux de pauvreté, à 27,7 %, concerne environ 2,4 millions de personnes et a baissé de 1,5 point, tandis que la pauvreté sévère, à 11,4 %, est la deuxième plus élevée du pays. José Miguel Morales, président de l'EAPN en Andalousie, résume ainsi l'effet des aides publiques :
Sans les aides publiques qui constituent le bouclier social, le taux de pauvreté en Andalousie serait de 52 %, plus de la moitié de la population.
Dans la région de Murcie, le taux AROPE est de 32,5 %, soit près de 515 000 personnes et 6,8 points au-dessus de la moyenne nationale. Plus de la moitié des habitants, 55,1 %, déclarent des difficultés à joindre les deux bouts, et le revenu moyen par personne, de 12 554 euros par an, est le plus faible d'Espagne. Dans la Communauté valencienne, le taux AROPE est monté à 30,7 %, soit près de 1,7 million de personnes et environ 100 000 de plus que l'année précédente, où il s'établissait à 29,9 %.
- Andalousie
- 27.7 %
- Région de Murcie
- 26.7 %
- Communauté valencienne
- 26 %
- Castille-et-León
- 19.8 %
- Espagne (national)
- 19.5 %
- Îles Baléares
- 11.6 %
- Pays basque
- 9.3 %
Les îles et le nord-ouest
Aux îles Canaries, le taux AROPE est de 31,2 %, soit environ 704 000 personnes, et le rapport indique que la tendance à la baisse des quatre dernières années s'est interrompue. La pauvreté infantile touche environ 91 000 enfants, soit 7,3 points au-dessus de la moyenne nationale. Le revenu moyen par personne est de 1 185 euros par mois, 117 de moins que la moyenne nationale, et les 10 % les plus riches perçoivent 8,6 fois le revenu des 10 % les plus pauvres. En Castille-et-León, l'EAPN CyL enregistre un taux de pauvreté de 19,8 %, au-dessus du taux national de 19,5 % pour la première fois, tandis que 30,9 % des enfants sont exposés au risque de pauvreté ou d'exclusion. Óscar Castro, président de l'EAPN en Castille-et-León, déclare :
L'objectif ne doit pas être de gérer la pauvreté mais d'aller vers son éradication.
Logement et inégalités
Au niveau national, 43,6 % des personnes qui louent au prix du marché sont exposées au risque de pauvreté ou d'exclusion. À Madrid, le taux AROPE est de 19,4 %, l'un des plus faibles du pays, mais les 20 % les plus riches y détiennent plus de cinq fois le revenu des 20 % les plus pauvres. Aux îles Baléares, 37,8 % des habitants ont des difficultés à joindre les deux bouts, et le taux AROPE de 15,2 % concerne environ 190 000 personnes, en baisse d'un point. La population exposée consacre 41,2 % de son revenu au logement, soit 2,5 fois les 16,4 % que dépensent l'ensemble des habitants des Baléares.
