
L'Allemagne étend les expulsions vers l'Afghanistan au-delà des criminels alors que Faridoon Tofan, 46 ans, fait face à un renvoi la semaine prochaine
L'Allemagne étend les expulsions vers l'Afghanistan au-delà des criminels et des menaces pour la sécurité, un Afghan de 46 ans qui a fui les Talibans étant désormais menacé d'expulsion la semaine prochaine après un voyage en bus à Rome.
L'Allemagne a levé la restriction qui limitait les expulsions vers l'Afghanistan aux criminels et aux menaces pour la sécurité, ouvrant la porte à un groupe plus large de ressortissants afghans susceptibles d'être renvoyés. Ce changement de politique est devenu public après que le ministère de l'Intérieur de la Hesse a diffusé une note de la police fédérale datée du 8 juillet, demandant aux autorités de signaler les Afghans majeurs, de sexe masculin, célibataires et tenus de quitter le pays. Le cas de Faridoon Tofan, 46 ans, qui a fui les Talibans et travaillait en Allemagne, est devenu un point de tension : il a été arrêté à la mi-avril lors d'un voyage en bus à Rome et fait désormais face à une expulsion la semaine prochaine.
Le cas de Faridoon Tofan
Tofan est arrivé en Allemagne il y a près de quatre ans, fuyant les Talibans. Il a appris la langue et occupait un emploi, mais sa demande d'asile a été rejetée. À la mi-avril, il a pris un bus pour Rome pour un court voyage, bien qu'il n'ait pas l'autorisation de quitter l'Allemagne. Il a été arrêté à un contrôle frontalier et conduit directement dans une prison de déportation à Munich. Le mercredi 22 juillet, sa demande d'asile de suivi a finalement été rejetée. Son renvoi est prévu dans les prochains jours.
Il sera probablement expulsé par vol charter avec divers criminels vers l'Afghanistan. Ainsi, même lors de l'expulsion, aucune distinction n'est faite entre ceux qui ont commis un crime et ceux qui n'en ont pas commis.
Amnesty International indique que la famille de Tofan à Kaboul, sa femme et ses six enfants, a récemment été visitée par les Talibans et vit dans la peur constante. Ses fils ont arrêté d'aller à l'école. Alizadeh Marandi, qui est en contact étroit avec Tofan, qualifie le cas de précédent : une personne qui n'est pas un criminel est renvoyée entre les mains du régime qu'il avait fui.
Changement de politique et réactions politiques
La note de la police fédérale, datée du 8 juillet, a supprimé la limitation précédente aux « criminels et menaces ». Le ministère de l'Intérieur de la Hesse en a informé ses autorités régionales le 10 juillet. Les critères sont désormais : homme, majeur, célibataire et tenu de quitter le pays. Le ministre de l'Intérieur de la Hesse, Roman Poseck (CDU), a déclaré que l'accent resterait sur les criminels, mais que le Land utiliserait également les possibilités élargies.
Ce n'est que par une politique migratoire cohérente que nous pouvons empêcher une surcharge de l'État et de la société.
Le ministre de l'Intérieur de la Saxe, Armin Schuster (CDU), s'est félicité de cette décision, déclarant que le Land étendrait les expulsions à tous les criminels et à ceux qui n'ont montré aucune intégration, qui perçoivent des prestations sociales ou qui ne coopèrent pas à la clarification de leur identité. Le ministre des Affaires sociales du Brandebourg, René Wilke (SPD), a déclaré que la priorité restait aux criminels, mais que désormais, les personnes sans perspectives ou sans utilité pour la société seraient également expulsées.
Le politicien vert Marcel Emmerich a qualifié cet élargissement d'irresponsable. Le porte-parole intérieur de l'Union, Alexander Throm, a insisté sur le fait que toute personne sans droit de séjour doit partir.
Nous faisons respecter l'ordre et la loi ici, et avec constance.
Chiffres et canaux diplomatiques
Selon l'Office fédéral des migrations et des réfugiés, environ 452 000 ressortissants afghans vivent en Allemagne. Parmi eux, 15 300 sont tenus de quitter le pays : 11 400 bénéficient d'une suspension temporaire (Duldung) et 4 000 n'en ont pas. Au cours de la législature actuelle, 173 hommes afghans ont été expulsés, tous des criminels. Deux responsables consulaires talibans sont en Allemagne depuis 2025 pour vérifier les identités et délivrer des documents de voyage ; jusqu'à quatre autres sont attendus mais ne sont pas encore arrivés. Le gouvernement allemand ne reconnaît pas les Talibans comme le gouvernement légitime de l'Afghanistan.
- La police fédérale lève la restriction limitant les expulsions aux criminels et menaces
- Le ministère de l'Intérieur de la Hesse demande aux autorités de signaler les Afghans éligibles
- Faridoon Tofan arrêté à la frontière, conduit à la prison de déportation de Munich
- La demande d'asile de suivi de Tofan rejetée
- L'expulsion de Tofan prévue pour la semaine prochaine
- Avec Duldung
- 11400
- Sans Duldung
- 4000
Préoccupations relatives aux droits humains
Amnesty International affirme que les expulsions vers l'Afghanistan violent fondamentalement les obligations en matière de droits humains. L'organisation indique que le gouvernement allemand normalise la coopération avec les Talibans, qui ont commis de graves atteintes aux droits humains. Alizadeh Marandi prévient que Tofan risque l'arrestation, la torture, voire la mort à son retour.
La politique migratoire en Allemagne se brutalise ; les violations des droits humains sont normalisées, tout comme la coopération avec des acteurs tels que les Talibans.
Ce cas est suivi de près comme un test de la portée de la nouvelle politique. Alors que plusieurs Länder signalent qu'ils utiliseront les pouvoirs élargis, d'autres Afghans non criminels pourraient bientôt subir le même sort.


