L'Allemagne décide la plupart des demandes d'asile en procédure accélérée après la réforme de l'UE
Entre le 12 juin et la fin juillet, les autorités allemandes ont engagé 2 093 procédures d'asile accélérées contre 1 561 procédures régulières, après l'entrée en vigueur de la réforme du système européen commun d'asile.
Données gouvernementales sur les dossiers accélérés
La majorité des demandes d'asile en Allemagne sont désormais traitées par des voies accélérées après la mise en œuvre de la réforme du système européen commun d'asile. Selon les chiffres fournis par le gouvernement fédéral allemand en réponse à une question parlementaire du groupe Die Linke, les autorités ont engagé 2 093 procédures d'asile accélérées entre l'entrée en vigueur de la réforme le 12 juin et la fin juillet. Sur la même période, 1 561 procédures d'asile régulières ont été lancées. 2 013 procédures supplémentaires ont été ouvertes uniquement pour déterminer si un autre État membre de l'Union européenne était responsable de l'examen de la demande.
- Procédures accélérées
- 2093 procédures
- Vérifications de compétence UE
- 2013 procédures
- Procédures régulières
- 1561 procédures
Règles procédurales et délais de trois mois
Selon le nouveau règlement européen sur les procédures d'asile, les procédures accélérées doivent être conclues dans un délai de trois mois. Ce délai raccourci s'applique aux demandeurs originaires de pays classés comme sûrs ou de pays dont le taux de reconnaissance de la protection dans l'UE est de 20 % ou moins. Les prolongations de délai sont interdites dans le cadre de la réforme. Un dossier ne peut passer d'une procédure accélérée à une procédure régulière que si l'Office fédéral pour la migration et les réfugiés (BAMF) détermine que des questions factuelles ou juridiques spécifiques sont trop complexes pour être résolues dans le délai de trois mois. Les personnes placées en procédure accélérée sur la base d'une classification de pays d'origine sûr sont soumises à une interdiction d'emploi pendant toute la durée de l'examen.
Voies de recours et conditions d'expulsion
Le cadre révisé permet aux autorités de procéder à des expulsions après un rejet dans une procédure accélérée, même si un recours judiciaire est en cours devant un tribunal. Les demandeurs cherchant à empêcher un éloignement imminent doivent déposer avec succès une requête d'urgence en référé. Avant la réforme, cette voie d'expulsion accélérée était appliquée principalement aux personnes originaires de pays désignés comme sûrs par l'Allemagne, ainsi qu'aux demandeurs dont les demandes étaient jugées manifestement infondées en raison de déclarations contradictoires sur l'identité, l'origine ou les motifs de fuite. Le nouveau système uniformise ces règles accélérées dans des catégories plus larges établies par l'Union européenne.
Réactions politiques et installations frontalières
Ces données ont suscité des critiques de la part des politiciens de l'opposition et des organisations de défense des réfugiés quant à l'équité procédurale. Clara Bünger, porte-parole pour la politique des réfugiés de Die Linke, a mis en garde contre le fait que les délais compressés compromettraient la qualité des décisions.
En raison de la brièveté du délai, il est prévisible que davantage de mauvaises décisions seront prises.
Bünger a également critiqué la classification de la Turquie comme pays d'origine sûr selon les directives de l'UE, malgré des informations faisant état de persécutions politiques en cours et de procès politiquement orientés. L'organisation de défense des réfugiés Pro Asyl a déclaré que les autorités allemandes appliquaient les règles européennes avec une sévérité excessive.
Le gouvernement fédéral met en œuvre les nouvelles directives européennes de manière stricte et extensive.
Le gouvernement fédéral a noté que les pays avec des taux de protection particulièrement élevés au cours du premier semestre comprenaient le Myanmar, l'Érythrée, l'Afghanistan et les territoires palestiniens. De nouvelles procédures aux frontières s'appliquent également dans les aéroports et ports maritimes allemands pour les personnes qui ont dissimulé leur identité, présentent des risques pour la sécurité ou viennent de pays dont le taux de reconnaissance de l'UE est inférieur ou égal à 20 %. Ces personnes sont hébergées dans des installations frontalières désignées qu'elles ne peuvent quitter que dans le but de partir, tandis que les mineurs non accompagnés restent exemptés sauf s'ils sont classés comme risques pour la sécurité.


