La cour de Rhénanie-Palatinat examine le recours de l'AfD contre le contrôle de sécurité des collaborateurs parlementaires
La Cour constitutionnelle de Rhénanie-Palatinat examine une plainte de l'AfD contre une loi de 2025 imposant des vérifications de sécurité sur le personnel législatif.
Recours constitutionnel à Coblence
La Cour constitutionnelle de Rhénanie-Palatinat à Coblence a ouvert les débats oraux vendredi à 10h00 pour examiner un recours déposé par le groupe parlementaire Alternative pour l'Allemagne (AfD). L'affaire prend la forme d'une procédure de contrôle des normes, appelée Normenkontrollverfahren, qui permet aux groupes parlementaires de contester directement les lois régionales devant la juridiction constitutionnelle. Les modifications de la loi sur les députés et les groupes parlementaires adoptées par le Landtag en juillet 2025 sont en cause. L'AfD soutient que ces modifications ciblent illégalement son personnel et entravent ses activités parlementaires. Le président de la Cour, Lars Brocker, devrait annoncer la date du jugement à l'issue de l'audience, mais la décision pourrait également être communiquée par écrit aux parties.
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Portée et mécanisme de la loi de vérification
Selon la législation contestée, en vigueur depuis environ un an, tous les employés des députés et des groupes parlementaires doivent subir un contrôle de fiabilité obligatoire. Le processus de vérification s'appuie sur les informations du Registre central fédéral, des services de renseignement intérieurs et de l'Office de police criminelle du Land. Les décisions administratives individuelles sont prises directement par le président du Landtag, mais ces décisions restent soumises à un contrôle juridictionnel ordinaire. Si un employé échoue au contrôle de sécurité ou refuse de s'y soumettre, l'État cesse de verser les fonds publics pour son salaire. Selon les archives parlementaires régionales, plus de 600 employés de députés et de groupes politiques ont déjà été soumis à ces vérifications dans le cadre de ce dispositif.
Arguments politiques et constitutionnels concurrents
Les députés régionaux ont mis en place ce cadre de vérification pour protéger le parlement contre les risques pour l'ordre fondamental libre et démocratique, maintenir la capacité opérationnelle de l'assemblée et garantir la sécurité et la fiabilité institutionnelles. L'ancien président du Landtag, Hendrik Hering (SPD), a justifié la mesure en affirmant que les finances publiques ne doivent pas soutenir les adversaires de l'ordre constitutionnel.
Il ne peut et ne doit pas en être ainsi que les ennemis de notre État et de notre ordre fondamental libre et démocratique soient payés avec l'argent des impôts publics.
Le groupe AfD rejette cette justification, qualifiant le dispositif de mesure législative ciblée visant à désavantager son travail politique. Damian Lohr, secrétaire parlementaire du groupe AfD, a critiqué ce règlement comme un abus à l'encontre des opinions politiques dissidentes.
Avec cet acte arbitraire, les opinions indésirables doivent être réprimées comme par la police de la pensée.
Motifs juridiques soulevés par l'opposition
Dans sa requête formelle, le groupe AfD énumère un vaste catalogue de violations constitutionnelles contre la législation régionale. Le parti soutient que les vérifications obligatoires violent le principe de sécurité juridique, le mandat libre des élus et le droit constitutionnel des députés à des ressources et un équipement de bureau adéquats. La plainte invoque en outre des atteintes à l'autonomie des groupes parlementaires, aux privilèges des partis, au droit des partis politiques à l'égalité des chances et à la liberté d'activité politique. L'AfD soutient également que le dispositif porte atteinte à la liberté professionnelle des employés, à leur droit à l'autodétermination informationnelle et à l'interdiction constitutionnelle de la rétroactivité. La Cour constitutionnelle de Rhénanie-Palatinat agit comme l'arbitre final pour déterminer si la loi est conforme à la constitution régionale.


