
Le génome de Jonathan, tortue de 194 ans, révèle 287 variants uniques et des gènes mitochondriaux jeunes
Une étude internationale publiée dans Science Advances a cartographié le génome de Jonathan, tortue géante de 194 ans vivant à Sainte-Hélène, mettant au jour une régulation préservée des gènes mitochondriaux qui pourrait éclairer de futurs traitements du vieillissement humain.
Analyse génétique d'une tortue géante bicentenaire
Des scientifiques d'une équipe de recherche internationale ont cartographié le génome et l'épigénome de Jonathan, tortue géante des Seychelles de 194 ans reconnue comme le plus vieil animal terrestre vivant au monde. Les résultats, publiés le 7 octobre 2026 dans la revue Science Advances, décrivent des mécanismes moléculaires qui empêchent la dégradation cellulaire sur près de deux siècles de vie. Les chercheurs ont prélevé des échantillons d'ADN par grattage de la bouche et écouvillonnage de salive afin d'éviter des procédures invasives sur cet animal protégé. L'équipe, dirigée par Benjamin Vaisvil avec des chercheurs d'institutions des États-Unis, du Royaume-Uni, du Danemark et d'Allemagne, a comparé le matériel génétique de Jonathan à celui de quatre autres tortues géantes d'Aldabra d'âges variés. Le séquençage a identifié 287 variants génétiques distincts présents exclusivement chez Jonathan, couvrant des voies biologiques liées à la réparation de l'ADN, à la réduction de l'inflammation, à la régulation de l'insuline, à la protection des télomères et à la suppression des cancers.
Stabilité mitochondriale et profils épigénétiques
Au-delà des variants de séquence individuels, l'étude a examiné la méthylation de l'ADN, constituée de marques chimiques qui régulent l'activité des gènes au fil du temps. Si les profils de méthylation de la majeure partie du génome de Jonathan ressemblaient à ceux de tortues âgées typiques, les marques portées par les gènes régissant la fonction mitochondriale correspondaient aux profils d'animaux jeunes. Les mitochondries produisent l'énergie cellulaire, et leur dégradation progressive est un moteur biologique majeur du vieillissement et des maladies dégénératives chez les animaux. Le coauteur de l'étude Justin Gerlach, de l'université de Cambridge, a décrit comment les régulateurs énergétiques de la tortue ont conservé leur intégrité opérationnelle.
Nous avons constaté que les régulateurs génétiques impliqués dans la production d'énergie et la réparation de l'ADN sont restés incroyablement stables chez Jonathan pendant près de deux siècles.
L'auteur principal de l'étude, Stephen Clark, neuro-oncologue à la Fondation Kallel et ancien membre du corps enseignant de l'université Vanderbilt, note que le maintien d'une production d'énergie cellulaire intacte offre des enseignements fondamentaux sur la survie des organismes.
Nous essayons encore de comprendre comment le vieillissement se produit et Jonathan nous offre une véritable fenêtre sur ce qui se passe sur une longue période. Ses mitochondries doivent être particulièrement stables, et c'est un aperçu de la longévité en général. Il est important que les mitochondries restent aussi intactes que possible.
La vie à Plantation House, à Sainte-Hélène
Jonathan est un spécimen d'Aldabrachelys gigantea hololissa, une sous-espèce de la tortue géante d'Aldabra originaire des Seychelles. Les archives historiques indiquent qu'il a éclos vers 1832 et qu'il a été transporté à travers l'océan Atlantique sud jusqu'à Sainte-Hélène en 1882, en cadeau pour le futur gouverneur Sir William Grey-Wilson. La tortue avait environ 50 ans à son arrivée et réside depuis 144 ans dans le domaine de Plantation House. Malgré une cécité totale et des maux liés à l'âge, Jonathan reste en bonne santé sous surveillance vétérinaire. Le 1er avril 2026, de fausses annonces de sa mort ont circulé sur les réseaux sociaux avant d'être démenties et qualifiées de stratagème frauduleux de collecte de fonds.
- Éclosion estimée aux Seychelles
- Arrive à Sainte-Hélène à 50 ans, en cadeau pour William Grey-Wilson
- De fausses annonces de mort circulent en ligne avant d'être démenties
- Étude du génome et du méthylome publiée dans Science Advances
Futurs essais cliniques et recherche sur la longévité
Les chercheurs de la Fondation Kallel, basée à Nashville, prévoient d'utiliser ces découvertes génétiques pour concevoir des études d'intervention consacrées à la longévité humaine. La prochaine phase de recherche vise à déterminer si la stabilisation ou le remplacement des mitochondries cellulaires peut prolonger la durée de vie en bonne santé en laboratoire. Stephen Clark a déclaré que l'organisation à but non lucratif souhaite évaluer des composés pharmaceutiques génériques qui avaient donné des résultats positifs lors de tests antérieurs sur des animaux. Les essais cliniques portant sur ces stratégies de préservation mitochondriale pourraient débuter dès l'année prochaine si des financements de recherche suffisants sont obtenus.
Nous voulons mener des essais cliniques qu'aucune entreprise pharmaceutique ne veut mener.


