Diplomatie · Téhéran, Washington et Abou Dhabi
L'Iran et les États-Unis proches d'un accord nucléaire alors que les Émirats auraient versé des milliards à Téhéran pour mettre fin aux attaques
Le 12 juin, l'Iran a confirmé qu'un accord avec Washington pourrait être signé dans les jours à venir, quelques heures après que Reuters a rapporté que les Émirats arabes unis avaient secrètement transféré plus de 3 milliards de dollars à Téhéran. Ces deux révélations recentrent l'attention sur deux points de blocage : le sort de l'uranium enrichi iranien et le déblocage de milliards d'avoirs gelés.
Texte IA fondé sur les articles de La Libre.be, Blick.ch et RFI. Publié . Comment il est fait
Pour les membresLes 30 premières secondes en écoute libre. Voix de synthèse (IA).
En bref
L'Iran a confirmé le 12 juin qu'un accord avec les États-Unis pourrait être signé dans les jours à venir, tandis que la Suisse a proposé Genève comme lieu de signature.
Une opération militaire américaine visant à saisir les matières nucléaires a été jugée trop risquée à la mi-mai ; l'Iran a depuis renforcé les caches de son uranium enrichi.
Les Émirats arabes unis ont secrètement transféré plus de 3 milliards de dollars à l'Iran, avec un engagement total de 10 à 20 milliards de dollars, pour mettre fin aux frappes iraniennes après une attaque le 4 mai sur le port de Fujaïrah.
Entre 100 et 120 milliards de dollars de fonds iraniens sont bloqués à l'étranger ; le déblocage de plus de 10 milliards de dollars pourrait compenser le blocus naval américain.
Aucune information vérifiée n'existe sur l'état de l'uranium enrichi iranien, et les installations souterraines près d'Ispahan restent une préoccupation.
- 12 juinL'Iran déclare qu'un accord pourrait être signé dans les « jours à venir » ; les États-Unis et Téhéran sont proches d'un accord ; la Suisse propose Genève comme lieu de signature.
- 12 juinReuters rapporte un paiement secret des Émirats de 10 à 20 milliards de dollars à l'Iran, dont plus de 3 milliards déjà transférés.
- 13 juinDes rapports détaillent l'impasse nucléaire et les négociations sur les avoirs gelés.
Stock de matières nucléaires mis hors de portée
Une opération militaire américaine visant à saisir les matières nucléaires iraniennes, envisagée à la mi-mai, a été jugée trop risquée et n'a jamais été lancée. Depuis, Téhéran a considérablement renforcé les caches de son uranium enrichi, selon un rapport en français. L'Iran a confirmé vendredi soir 12 juin qu'un accord avec Washington pourrait être signé « dans les jours à venir », mais la question de l'uranium reste un point sensible. Washington veut que les stocks soient détruits sur place et retirés du pays ; Téhéran préfère les diluer sur son territoire.
« Je craindrais que l'Iran prétende qu'une partie de l'uranien hautement enrichi est irrécupérable. Nous n'aurions pas l'assurance totale que l'Iran ne puisse pas y accéder à nouveau à un moment donné dans le futur. »
Un chèque secret des Émirats
Quatre sources ont déclaré à Reuters que les Émirats arabes unis avaient accepté de libérer entre 10 et 20 milliards de dollars pour l'Iran, dont plus de 3 milliards déjà versés. Les fonds, dont l'origine reste floue, auraient été une réponse aux attaques iraniennes sur le sol émirati, notamment une frappe sur le port de Fujaïrah le 4 mai. Cet arrangement secret permettrait à Téhéran de présenter l'argent comme une compensation pour les dommages de guerre tout en s'engageant à cesser les frappes contre les Émirats. Abou Dhabi, de son côté, achète sa sécurité et cherche à sauver la réputation de Dubaï après que des missiles iraniens ont vidé les hôtels et chassé les expatriés.
Les États-Unis insistent sur le fait qu'aucun fonds ne sera libéré pour l'Iran en échange d'un accord. Néanmoins, le paiement semble avoir brisé un blocage de plusieurs semaines durant lequel Téhéran a nié à plusieurs reprises qu'un accord était possible.
La question des 120 milliards de dollars d'avoirs gelés
Les avoirs bloqués de l'Iran à l'étranger sont estimés entre 100 et 120 milliards de dollars, a déclaré Jonathan Piron, chercheur à Etopia, à RFI. Une partie de cet argent se trouve dans des investissements intouchables, mais plusieurs milliards de dollars de recettes pétrolières sont déposés sur des comptes au Qatar et ailleurs. Piron note que les sommes importent énormément : un déblocage inférieur à 10 milliards de dollars ne compenserait pas le contre-blocus naval américain, tandis que tout montant supérieur à 10 ou 12 milliards de dollars pourrait permettre à l'Iran d'« inverser l'impact » et de retrouver une puissance financière sérieuse.
« Si c'est un petit montant, c'est un élément intéressant pour l'Iran mais cela ne compense pas le blocus naval des dernières semaines. »
Inconnues nucléaires près d'Ispahan
Piron a également averti que personne n'a une image claire du stock d'uranium enrichi iranien. La possibilité que Téhéran cache des matières dans des installations souterraines près d'Ispahan reste « au cœur des discussions ». Un rapport séparé en français a noté que l'élimination et la destruction de tout l'uranium nécessiteraient des ressources et du temps considérables, ce qui accroît l'incertitude autour de tout accord final.
Poser une question sur ce texte
Sources et contexte
- Donald Trump
- président américain qui a déclaré que la sécurisation des matières nucléaires iraniennes était une priorité et qu'un accord était imminent
- Jonathan Piron
- spécialiste du Moyen-Orient et chercheur à Etopia, cité à propos des avoirs gelés iraniens
- CNN expert
- expert anonyme cité sur les risques de destruction de l'uranium enrichi iranien sur place
- Lieux
- Washington, Genève
Pollar est gratuit et sans publicité dans le texte. Ses membres le font vivre.
Soutenir Pollar