
La trêve entre Israël et le Hezbollah vacille alors que les frappes se poursuivent, menaçant l'accord de paix États-Unis-Iran
Un cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah annoncé vendredi a immédiatement été mis à rude épreuve alors que des frappes israéliennes ont tué plusieurs personnes dans le sud du Liban samedi, poussant l'Iran à reporter les pourparlers nucléaires avec les États-Unis et mettant en péril le fragile accord de paix intérimaire.
Un cessez-le-feu qui a tenu à peine
Vendredi après-midi, après une journée de violents affrontements, un cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah est entré en vigueur vers 16 heures, heure locale. L'accord a été négocié par les États-Unis et le Qatar, avec l'aide de l'Iran, et a été confirmé par des sources du Hezbollah, un haut responsable israélien et un responsable américain. Le président Donald Trump a ensuite déclaré à NBC News qu'il avait ordonné à Israël d'accepter la trêve.
Il faut parfois savoir se calmer et utiliser sa tête.
L'ambassadeur israélien Yechiel Leiter a déclaré qu'Israël avait « cessé toutes les opérations offensives » et restait engagé en faveur d'un cessez-le-feu immédiat si le Hezbollah respectait l'accord. Mais le calme s'est avéré temporaire.
Les frappes de samedi et le bilan humain
Moins de 24 heures plus tard, des avions de combat, des drones et de l'artillerie israéliens ont frappé plus d'une douzaine de zones dans le sud du Liban, dont plusieurs autour de la ville de Nabatieh. L'agence de presse nationale libanaise a fait état d'au moins 11 morts, tandis que d'autres médias ont cité entre cinq et sept morts, dont deux enfants. L'armée israélienne a déclaré qu'elle répondait à plus de 50 projectiles tirés par le Hezbollah contre ses forces pendant la nuit.
Vendredi, avant le cessez-le-feu, les échanges avaient déjà tué au moins 47 personnes au Liban et quatre soldats israéliens. Environ 5 % du territoire libanais dans le sud reste sous occupation israélienne, et environ un million de personnes sont toujours déplacées, selon la BBC.
- De violents affrontements font au moins 47 morts au Liban et 4 soldats israéliens.
- Un cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah entre en vigueur, négocié par les États-Unis et le Qatar.
- Des frappes israéliennes touchent le sud du Liban, tuant entre 5 et 11 personnes. Le Hezbollah tire plus de 50 projectiles sur les forces israéliennes pendant la nuit.
- Les pourparlers prévus entre les États-Unis et l'Iran en Suisse sont reportés ; aucune nouvelle date n'est fixée.
Les pourparlers suisses qui n'ont jamais commencé
Les négociations entre les États-Unis et l'Iran, prévues pour commencer vendredi à la station de Buergenstock en Suisse, ont été annulées. Une déclaration du ministère suisse des Affaires étrangères a confirmé le report et indiqué que les travaux préparatoires se poursuivaient. Aucune raison officielle n'a été donnée, mais trois diplomates ont déclaré au New York Times que l'Iran s'était retiré en raison des frappes israéliennes au Liban.
L'envoyé spécial américain Steve Witkoff était toujours signalé en route vers la Suisse, mais le vice-président JD Vance avait abandonné son projet d'y assister. Un porte-parole de la Maison-Blanche a déclaré qu'une délégation américaine était prête à partir à la première occasion. Aucune nouvelle date n'a été annoncée.
Un test pour l'accord intérimaire
Plus tôt cette semaine, le président Trump a signé un mémorandum d'entente avec le président iranien Masoud Pezeshkian. L'accord a rouvert le détroit d'Ormuz, que l'Iran avait fermé pendant la guerre, et s'est engagé à la « cessation immédiate et permanente des opérations militaires » au Liban. L'Iran insiste sur le fait que tout accord plus large doit inclure la fin de l'action militaire israélienne au Liban, et considère le respect de cet accord comme un test de l'influence américaine sur Israël.
Les États-Unis ont un engagement et une responsabilité pour garantir que l'accord soit respecté sur tous les fronts.
Trump a défendu l'accord sur Truth Social, qualifiant l'Iran de « FINI ! » et soulignant qu'aucun argent ne circulerait pendant la période intérimaire de 60 jours. Mais des responsables du renseignement américain, s'exprimant anonymement dans le Washington Post, ont exprimé leur crainte que le Premier ministre Benjamin Netanyahu ne tente de saper l'accord pour maintenir son propre conflit au Liban.
Des pressions de tous les côtés
Netanyahu fait face à des pressions intérieures pour poursuivre les opérations militaires contre le Hezbollah, et les forces israéliennes ont promis de « continuer à éliminer les menaces immédiates ». Le député du Hezbollah Hassan Fadlallah a lié toute nouvelle diplomatie à un cessez-le-feu global. Des analystes ont averti que lier le front libanais aux négociations nucléaires est risqué. L'ancien responsable américain Mark Kimmitt a qualifié cette situation de « très, très imprudente », affirmant que Washington ne contrôle pas les actions d'Israël et que ce lien pourrait « se retourner contre l'Iran ».


