
Les États-Unis et l'Iran échangent des frappes alors qu'un pétrolier est touché par un drone, menaçant la trêve et le plan de réouverture d'Ormuz
Deux jours de frappes escaladantes entre les forces américaines et iraniennes, notamment une attaque de drone contre le pétrolier battant pavillon panaméen Kiku, compromettent le protocole d'accord du 17 juin qui devait rouvrir le détroit d'Ormuz et rétablir le trafic à travers le point de passage pétrolier le plus critique du monde.
Une trêve fragile sous pression
Depuis la signature le 17 juin d'un protocole d'accord entre les États-Unis et l'Iran pour mettre fin aux hostilités et rouvrir le détroit d'Ormuz, l'armée américaine a entrepris le déminage d'environ 80 mines des voies de navigation et établi un corridor alternatif au large des côtes d'Oman. Le président Donald Trump a invité les navires du monde à
et promis un retour à la normale. Avant les attaques de ces derniers jours, les traversées quotidiennes étaient montées à 70 navires mercredi, le chiffre le plus élevé depuis le début de la guerre fin février, selon Marine Traffic. Ce chiffre reste toutefois bien inférieur au rythme d'avant-guerre de 120 à 140 navires par jour, et des centaines de navires marchands restent bloqués dans le Golfe en attendant une évaluation des risques par les compagnies, les assureurs et les capitaines.démarrer vos moteurs
Les attaques s'intensifient
Jeudi, les Gardiens de la révolution ont frappé un navire marchand battant pavillon singapourien avec un drone alors qu'il sortait du détroit près de la côte omanaise, le qualifiant d'itinéraire non autorisé. Le Commandement central américain a déclaré que cette action
et compromettait la navigation. Les forces américaines ont riposté vendredi par des bombardements d'installations militaires iraniennes sur la côte sud. Samedi matin, les forces iraniennes ont attaqué le pétrolier battant pavillon panaméen Kiku, qui transportait plus de deux millions de barils de pétrole brut et tentait d'emprunter le corridor d'Oman. Les États-Unis ont alors frappé des infrastructures de surveillance, des systèmes de communication, des positions de défense aérienne, des sites de stockage de drones et des batteries de lancement de mines à l'intérieur de l'Iran. Par ailleurs, l'agence britannique UKMTO (United Kingdom Maritime Trade Operations) a signalé qu'un pétrolier battant pavillon panaméen avait été touché par un projectile non identifié ; le capitaine a déclaréviolait clairement le cessez-le-feu
et aucun dommage environnemental n'a été signalé.le navire a été touché par un projectile non identifié … la passerelle a subi des dommages mais tous les membres d'équipage sont sains et saufs
- La guerre entre les États-Unis et l'Iran commence près du détroit d'Ormuz.
- Les États-Unis et l'Iran signent un protocole d'accord pour un cessez-le-feu et la réouverture du détroit.
- Un drone iranien attaque un navire marchand battant pavillon singapourien au large d'Oman ; première action militaire depuis la trêve.
- Les États-Unis mènent des frappes de représailles contre des installations militaires iraniennes sur la côte sud.
- Un drone iranien frappe le pétrolier battant pavillon panaméen Kiku ; les États-Unis frappent les défenses aériennes et l'infrastructure de drones iraniennes. Un deuxième pétrolier est endommagé par un projectile non identifié.
Poussée de déminage internationale
Le déminage du détroit n'est pas une opération purement américaine. Le Royaume-Uni et la France ont promis des équipements autonomes de détection de mines, des systèmes anti-drones, des avions de combat et des navires d'escorte pour la mission de déminage. La marine américaine a également élargi le corridor sud le long de la côte omanaise pour accepter le trafic entrant et sortant, une mesure susceptible d'accroître les tensions avec Téhéran, qui considère le contrôle de cette voie navigable comme un atout clé dans les négociations en cours.
Trafic pétrolier et conséquences économiques
Le détroit d'Ormuz assure environ 20 % du pétrole brut mondial. Avant-guerre, le trafic était de 120 à 140 navires par jour ; mercredi, il n'atteignait que 70, et les nouvelles frappes menacent de compromettre cette reprise. Un document de travail de l'UE préparé pour les ministres de l'Énergie note que, même dans le scénario le plus optimiste, le rétablissement complet d'une navigation sans entrave prendra des semaines. Avec des centaines de navires marchands toujours coincés dans le Golfe et des coûts d'assurance élevés, cette flambée insuffle une nouvelle incertitude sur les marchés énergétiques à un moment où l'économie mondiale comptait sur une réouverture rapide.
- Moyenne d'avant-guerre
- 130 navires
- 2026-06-24
- 70 navires

