
Un tribunal de Damas condamne l'ancien grand mufti de Syrie Ahmed Badreddine Hassoun à la prison à vie
Un tribunal de Damas a condamné l'ancien grand mufti de Syrie, Ahmed Badreddine Hassoun, à la prison à vie pour incitation à la violence confessionnelle et participation à des meurtres sous le régime d'Assad.
Le tribunal de Damas prononce une peine à vie
Lundi 24 août 2026, un tribunal de Damas a condamné l'ancien grand mufti Ahmed Badreddine Hassoun à la prison à vie pour ses actions sous le règne du président déchu Bachar el-Assad. Le dignitaire religieux a comparu en personne devant le tribunal pour entendre le verdict, qui fait de lui le dixième responsable de l'ancien gouvernement à recevoir une peine pénale de la part des nouvelles autorités syriennes. Les juges ont déclaré Hassoun coupable d'incitation à la guerre civile, de provocation à la discorde confessionnelle et raciale, et d'abus de sa position officielle. Le tribunal l'a également reconnu coupable d'incitation intentionnelle au meurtre et de participation directe à des assassinats pendant le conflit. Outre la peine à vie, le tribunal a prononcé des peines d'emprisonnement distinctes de trois à vingt ans pour des infractions connexes et a ordonné la confiscation totale de tous ses biens.
Carrière et arrestation à l'aéroport
Le verdict constitue la première décision pénale rendue contre une haute autorité religieuse dans le cadre des procédures judiciaires post-Assad. Hassoun a occupé le poste de grand mufti, la plus haute fonction religieuse islamique en Syrie, pendant plus de 16 ans après sa nomination par Assad en 2004. Tout au long de la guerre civile de 2011 à 2024, il a agi comme un loyaliste déclaré de l'appareil d'État, prononçant régulièrement des prêches publics et se tenant aux côtés d'Assad lors des événements religieux officiels. Son mandat a pris fin en 2021, lorsqu'Assad a promulgué un décret présidentiel abolissant entièrement la fonction de grand mufti et transférant ses pouvoirs ecclésiastiques à un ministère gouvernemental chargé des affaires religieuses. Ce limogeage a fait suite à une large controverse en novembre 2021, lorsque Hassoun a livré une interprétation idiosyncratique d'un verset coranique lors des funérailles du chanteur Sabah Fakhri, déclenchant de vives réactions des cercles religieux et populaires. Après l'effondrement du gouvernement en décembre 2024, Hassoun a tenté de fuir le pays mais a été interpellé par des agents de sécurité à l'aéroport en mars 2025.
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Poursuites élargies contre d'anciens responsables
La condamnation de Hassoun fait suite à des décisions de justice contre des figures clés du gouvernement déchu. Le 11 août 2026, la justice syrienne a condamné à mort par contumace Bachar el-Assad, son frère Maher el-Assad et cinq anciens chefs des services de sécurité, après les avoir reconnus coupables de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité commis tout au long de la guerre civile de 2011 à 2024. L'ancien président s'était enfui en Russie immédiatement après avoir perdu le pouvoir en décembre 2024. Dans des procédures distinctes menées en présence des accusés, des juges syriens ont prononcé des peines de mort contre l'ancien responsable de la sécurité Atif Najib et le cousin du dirigeant déchu, Wassim el-Assad. Les procureurs ont prouvé que Wassim el-Assad avait organisé et dirigé deux milices armées responsables d'attaques meurtrières dans la campagne de Damas et avait activement incité au conflit civil.
Réaction des droits humains et préoccupations judiciaires
La progression des peines capitales et des procès a suscité l'attention des organisations internationales. Des représentants des Nations Unies et des groupes de défense des droits humains ont exprimé leurs objections à l'imposition de la peine de mort, exhortant la direction transitoire de la Syrie à construire un cadre judiciaire impartial centré sur la réparation des victimes. Balkees Jarrah, directrice pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord à Human Rights Watch, a appelé à des réformes structurelles du processus judiciaire.
Pour faire progresser la justice face à la multitude de crimes graves commis en Syrie, il ne suffit pas de prononcer des condamnations ; il faut mettre en place un système capable de rendre une justice compétente, impartiale et indépendante.


