Sécurité · Pyongyang, Séoul et Pékin

La Suisse rouvre son bureau à Pyongyang, Ignazio Cassis s'entretient avec la Corée du Nord

Le ministre des Affaires étrangères Ignazio Cassis a achevé vendredi 30 octobre une visite de deux jours à Pyongyang, avant de gagner la Corée du Sud pour la dernière étape de sa tournée régionale.

Texte IA fondé sur les articles de rts.ch, ΣΚΑΪ, SRF News et d’autres médias. Publié . Comment il est fait

Pour les membresLes 30 premières secondes en écoute libre. Voix de synthèse (IA).

En bref

Pyongyang, Séoul, Pékin · Corée du Nord, Corée du Sud, Chine
Comment on en est arrivé là
  1. 19 oct.Le bureau diplomatique suisse à Pyongyang redevient opérationnel
  2. 29 oct.M. Cassis arrive à Pyongyang et la réouverture officielle du bureau est marquée
  3. 30 oct.M. Cassis achève sa visite à Pyongyang et gagne la Corée du Sud

Bureau rouvert, entretiens à Pyongyang

Le ministre suisse des Affaires étrangères Ignazio Cassis a achevé vendredi 30 octobre une visite de deux jours à Pyongyang, un déplacement destiné à relancer le dialogue politique avec le gouvernement de Kim Jong Un. Berne a marqué pendant la visite la réouverture officielle de son bureau diplomatique dans la capitale nord-coréenne. Le bureau fonctionne de nouveau depuis le 19 octobre, mais il n'a pas d'ambassadeur et dépend de l'ambassade de Suisse à Pékin, qui conserve la responsabilité des relations diplomatiques et consulaires avec Pyongyang. Il avait fermé en mars 2020 pendant la pandémie de Covid-19. M. Cassis, également vice-président de la Suisse, a qualifié la réouverture de mesure concrète pour approfondir le contact direct avec la Corée du Nord.

Entretiens avec Choe Son Hui et un secrétaire du parti

À Pyongyang, M. Cassis s'est entretenu avec la ministre des Affaires étrangères Choe Son Hui et avec Jo Yong Won, secrétaire du Comité central du Parti du travail de Corée, au pouvoir. Dans un message publié sur X, il a indiqué que les discussions avaient porté sur la normalisation des relations politiques et la reprise du dialogue politique, ainsi que sur la sécurité dans la péninsule coréenne et les défis de sécurité plus larges en Eurasie. L'agence de presse officielle nord-coréenne KCNA a confirmé son arrivée le 29 octobre, sans donner de détails sur l'objet du déplacement. Avant la visite, on ignorait s'il rencontrerait Kim Jong Un, et aucune rencontre de ce type n'a été signalée. Le dernier conseiller fédéral suisse à s'être rendu en Corée du Nord était Micheline Calmy-Rey, alors ministre des Affaires étrangères, en 2003.

Étape à Séoul et propos du chancelier allemand

M. Cassis a gagné la Corée du Sud le vendredi 30 octobre pour la dernière étape de son voyage. Ses entretiens à Séoul, prévus vendredi 30 octobre et samedi 31 octobre, doivent porter sur la sécurité dans la péninsule, les perspectives d'apaisement des tensions régionales et les relations bilatérales. L'engagement de la Suisse dans la péninsule remonte à plus de 70 ans, de son rôle au sein de la Commission de supervision des nations neutres à ses activités de médiation ultérieures. Le chancelier allemand Friedrich Merz se trouvait également en Corée du Sud et, près de la zone démilitarisée à la frontière intercoréenne, il a évoqué la réunification allemande, survenue il y a 36 ans. Il a indiqué que l'expérience allemande avait été évoquée à plusieurs reprises lors de ses entretiens à Séoul.

« Puissions-nous espérer que la Corée, elle aussi, ait un jour la chance de retrouver son unité nationale. »

Friedrich Merz, chancelier allemand

M. Merz a ajouté que les souffrances causées par la division étaient visibles à la frontière et que le désir de réunification y était fortement perceptible, du moins dans cette partie de la péninsule.

La tradition des bons offices suisses

Les « bons offices » de la Suisse sont profondément ancrés dans l'histoire de l'État fédéral moderne et, longtemps, leur cœur a été la discrétion maximale, selon le politologue Michael Hermann. Il a estimé que ces offices découlaient presque du système lui-même et n'étaient liés à aucune personne en particulier. Depuis le tournant du millénaire, les ministres suisses des Affaires étrangères ont davantage exposé leurs efforts diplomatiques, ce qui a parfois suscité de vives critiques. M. Hermann situe le véritable tournant dans le débat des années 1990 sur les fonds en déshérence, lorsque la réputation de discrétion de la Suisse a pris une nouvelle lecture fondée sur le silence, l'attente et le tri sélectif. Le conseiller national PLR Hans-Peter Portmann a déclaré à 20 Minuten que la médiation suisse avait du sens, mais a mis en garde contre la tentation de participer à un spectacle de cirque, en référence à l'amitié entre Donald Trump et Kim Jong Un.

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