
La Russie retire ses gymnastes de la Coupe du monde de Cluj après que le maire Emil Boc a interdit le drapeau et l'hymne, puis menace de « conséquences »
Le maire de Cluj-Napoca a bloqué les symboles d'État russes à la Coupe du monde FIG, ce qui a poussé Moscou à retirer son équipe et à menacer de représailles.
L'interdiction et le boycott
Le maire de Cluj, Emil Boc, a décidé de ne pas autoriser l'affichage du drapeau russe ni la diffusion de l'hymne russe lors de la Coupe du monde de gymnastique rythmique FIG organisée dans la BT Arena de la ville. Selon G4Media, il a justifié sa décision en expliquant que, lorsqu'il avait initialement approuvé la compétition, les sanctions contre la Russie étaient toujours en vigueur. Bien que la Fédération internationale de gymnastique (FIG) et l'Union européenne de gymnastique aient ensuite levé ces restrictions, Boc a insisté sur le fait qu'une ville européenne condamnant l'agression russe ne pouvait pas permettre l'utilisation des symboles d'un État agresseur sur son territoire.
La Fédération russe de gymnastique rythmique a immédiatement annoncé le retrait de son équipe, invoquant de « graves violations des règles de la compétition » de la part des organisateurs. Ce retrait a eu lieu le vendredi 26 juin 2026.
Réaction russe : « Nous ne laisserons pas cela sans conséquences »
La seule réponse possible et logique de la Russie était de refuser de participer à la compétition.
La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a vivement condamné cette décision, accusant les autorités roumaines d'« arbitraire manifeste et de politisation du sport international ». Elle a affirmé que ni les organisateurs locaux ni les autres autorités n'avaient osé s'opposer au maire de Cluj, « qui a apparemment décidé de renforcer son propre prestige de cette manière ».
Zakharova est allée plus loin, déclarant que la Roumanie promouvait une « russophobie monstrueuse » et suggérant qu'elle devrait être exclue de l'organisation d'événements sportifs internationaux. La déclaration, relayée par l'ambassade de Russie à Bucarest, s'est terminée par un avertissement explicite : « la partie russe ne laissera pas cette situation sans conséquences ».
Les voix pro-russes roumaines s'alignent sur Moscou
La décision a suscité de vives critiques en Roumanie de la part de deux hommes politiques connus pour leurs positions pro-russes. L'ancien candidat à la présidentielle Călin Georgescu, s'exprimant sur Realitatea Plus, a qualifié cette décision de « servilité absolue élevée au rang de politique » et de « gifle à la dignité du peuple roumain ». Il a invoqué la décision de la FIG de mai 2026 qui a rétabli les droits des athlètes russes, demandant : « Qui êtes-vous pour jeter à la poubelle la décision de la Fédération internationale de gymnastique ? »
Ce qui s'est passé à Cluj ces derniers jours est la définition même de la servilité absolue, élevée au rang de politique.
Diana Șoșoacă, actuellement en visite à Moscou, a publié une vidéo sur les réseaux sociaux dans laquelle elle a insulté Boc, le traitant de traître et d'« avortement », et affirmant qu'il « nous avait ridiculisés ». Elle a soutenu que, puisque la FIG avait levé les sanctions, le maire n'avait pas le droit de priver les gymnastes de leur identité.
Le contexte sportif international
Une chronologie des décisions clés ayant conduit à la controverse de Cluj s'étend de la recommandation générale du CIO en décembre 2025 à la mise en œuvre par les deux fédérations de gymnastique en mai 2026. Cette séquence, et le conflit qu'elle a créé avec les autorités locales, est présentée ci-dessous.
- La commission exécutive du CIO émet une recommandation autorisant les athlètes russes et biélorusses à concourir sous leurs drapeaux et hymnes nationaux.
- La commission exécutive de la FIG lève toutes les restrictions imposées aux athlètes russes, rétablissant leur droit d'utiliser les symboles nationaux.
- L'Union européenne de gymnastique suit l'exemple de la FIG et confirme la levée des restrictions.
- Coupe du monde à Cluj-Napoca : le maire Boc bloque le drapeau et l'hymne russes ; la Russie retire son équipe.


