
Les manifestations des flamants roses en Albanie entrent dans leur deuxième mois : des milliers de personnes réclament la démission du Premier ministre pour un complexe lié à Trump
Près d’un mois après l’installation de barbelés sur une plage protégée, les manifestants de Tirana poursuivent leurs rassemblements quotidiens contre un complexe de luxe lié à Ivanka Trump et Jared Kushner, exigeant désormais la démission du Premier ministre Edi Rama.
À l’origine des manifestations
Un complexe de luxe prévu dans la réserve naturelle de Zvernec, à environ 150 km au sud-ouest de Tirana, a été évoqué pour la première fois en 2024, en lien avec Jared Kushner et Ivanka Trump. Le projet est devenu un point de crispation fin mai 2026, lorsque des clôtures de barbelés sont apparues sur les plages de la zone protégée. Depuis, les Albanais défilent chaque soir dans le centre de Tirana, transformant le développement côtier en crise politique nationale.
Nos revendications sont très claires. La première est la démission du Premier ministre et de son gouvernement.
La colère vient du manque de transparence, du manque de responsabilité et de l’arrogance.
Marches quotidiennes et symbole du flamant rose
Aucun chiffre officiel de participation n’existe, mais les journalistes de l’AFP, qui ont suivi chaque rassemblement, rapportent qu’au moins plusieurs milliers de personnes se réunissent chaque soir dans le centre-ville. Les manifestants brandissent des silhouettes géantes de flamants roses et des pancartes « Démission », en référence aux plus de 200 espèces d’oiseaux qui vivent dans la réserve, dont des flamants roses et le pélican frisé, une espèce menacée. Le mouvement a été surnommé la Révolution des flamants roses.
- Le Parlement adopte une loi autorisant les hôtels de luxe dans les zones protégées.
- Des barbelés apparaissent sur les plages de la réserve naturelle de Zvernec.
- Les manifestations quotidiennes commencent dans le centre de Tirana.
- Des enquêtes sont ouvertes contre au moins 100 manifestants.
- Des milliers de personnes défilent à nouveau, marquant près d’un mois de rassemblements ininterrompus.
Mécontentements plus larges
Ce qui a commencé comme une cause environnementale s’est transformé en une vaste contestation contre la corruption, la hausse du coût de la vie, les problèmes de santé, les faibles retraites et le manque de perspectives pour les jeunes. Les organisateurs affirment que des Albanais vivant à l’étranger sont revenus au pays pour se joindre aux manifestations, qui en sont à leur quatrième semaine.
La région abrite plus de 200 espèces d’oiseaux, dont le pélican frisé, une espèce menacée, et des flamants roses.
Réponse du gouvernement et pression judiciaire
Le Premier ministre Edi Rama s’est moqué publiquement des manifestants. Dans un entretien au Financial Times, il a invité certains d’entre eux à « aller se faire foutre ». Depuis début juin, au moins 100 manifestants ont été placés sous enquête pour des chefs d’accusation tels qu’entrave à la circulation, trouble à l’ordre public et participation à des rassemblements illégaux. La loi habilitante, adoptée en février 2024 et autorisant la construction d’hôtels de luxe dans les zones protégées, reste en vigueur.
Une impasse non résolue
Les rassemblements nocturnes se poursuivent sans signe d’apaisement. Les organisateurs exigent la démission du gouvernement, tandis que les autorités engagent des poursuites pénales contre les participants. Le projet de complexe hôtelier n’a pas encore débuté et aucune concession formelle n’a été révoquée.

